ta_viandeC’est enfin arrivé: un article qui concerne à la fois l’eau et les animaux!

Test-Achats a publié dans son numéro d’octobre 2016 un joli infogramme sur la consommation d’eau nécessaire à la production de la viande, comparée à celle pour des végétaux. Il n’y a pas photo!

Je ne suis évidemment pas sur la même longueur d’onde que Test-Achats: comment ça, « un peu moins »? Mais non! Plus du tout!

Du reste, même si cet argument joliment chiffré est tout-à-fait valable, je trouve désolant que l’on ressente le besoin de justifier la fin de l’exploitation animale par d’autres arguments que simplement celui du respect des autres espèces.

Un article dans le dernier numéro de Test-Achats annonce l’arrivée d’un label sur les emballages des lingettes humides pour qu’on clarifie bien la chose: non, ça ne peut pas aller dans les toilettes!

Une excellente chose, car elles ne sont pas biodégradables. De ce fait, les problèmes qu’elles génèrent dans le réseau d’assainissement sont à payer par la collectivité… dans la facture d’eau. Pensez-y donc!

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J’ai été très critique dans mon précédent article sur les adoucisseurs d’eau. Cela dit, tout n’est pas mauvais dans une eau adoucie. Généralement, les installateurs ne vont pas laisser une eau complètement débarrassée de ses ion calcium (et magnésium) circuler dans vos canalisations : au plus souvent, l’eau adoucie est mitigée avec de l’eau ordinaire de distribution, afin d’éviter de DISSOUDRE VOS TUYAUX. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à de rigoureux calculs de leur part : c’est plutôt l’expérience du métier qui déterminera les proportions de débits. Et quand on y pense, une eau adoucie « ni trop, ni trop peu », ça peu avoir plein d’usages intéressants : partout où l’on fait chauffer de l’eau qui n’est pas destinée à être bue, en fait. Ainsi, un circuit secondaire peu être imaginé pour alimenter votre chaudière/chauffe eau, votre lessiveuse, … afin de les débarrasser du térrrrrrible péril du calcaire.
Mais attention (encore) : un adoucisseur d’eau, ça s’entretient ! D’une part, suivant le principe des résines échangeuses d’ion (ce que l’on trouve dans les adoucisseurs domestiques), si vous ne rechargez pas votre adoucisseur en sel, vous allez faire pire que mieux. D’autre part, si vous ne lavez pas régulièrement votre adoucisseur, votre installation pourrait se transformer en bouillon de culture.

L’image vient du profil de Ani-Bee sur Flickr.

Oh la la ! Comme c’est incommode d’avoir du calcaire dans sa bouilloire ! Mais heureusement, il suffit d’installer un adoucisseur d’eau… n’est-ce pas ?

On a beau n’avoir pas grand-chose en solution dans l’eau potable, tripatouiller sa composition peut tout changer. Chimiquement, les adoucisseurs domestiques vont remplacer les ions calcium (et magnésium) par des ions sodium (c’est pour ça qu’il faut recharger l’adoucisseur en sel, soit du chlorure… de sodium). L’avantage recherché est qu’ainsi on ne pourra plus avoir de calcaire qui précipite (c’est-à-dire du carbonate… de calcium, c’est bien : vous suivez). Mais en contrepartie, cette simple opération de passe-passe ionique va déclencher un bouleversement dans toute une chaîne d’équilibres chimiques, résultant en une eau adoucie, certes, mais aussi… agressive.

Cela peut paraître paradoxal, en tout cas si on s’en tient au sens usuels des adjectifs douce et agressive, mais pour l’eau cela n’est pas contradictoire. L’eau adoucie a une dureté affaiblie (moindre capacité à précipiter du calcaire, on va dire ça comme ça), et l’eau agressive a une plus grande propension a DISSOUDRE VOS TUYAUX (je saute quelques étapes, parce que ça devient long). L’avantage d’avoir une eau dure (oui, je dis bien avantage), c’est qu’elle créera une couche de calcaire passivante à l’intérieur de vos canalisations. À l’inverse, une eau agressive, une fois qu’elle aura consommé toute la couche passivante dans vos tuyaux, s’attaquera au métal dont ils sont composés. S’il vous reste des canalisations en plomb, vous pourrez prendre de grandes gorgées de ce délicieux métal qui est responsable du saturnisme, et si c’est du cuivre, vous aurez une eau teintée d’un ravissant coloris bleu turquoise. Mais dans tous les cas, une eau adoucie n’est plus une eau potable.

En fait, la suite d’équilibre chimiques dont je parlais provoque la libération de gaz carbonique qui, dans l’eau, est en équilibre avec l’acide carbonique. Si vous prenez une bonne douche bien chaude avec votre eau bien adoucie, le gaz carbonique sera relargué à plein pot. Pensez quand même à installer une ventilation dans votre minuscule salle de bain pour éviter les maux de tête.

Et les cruches Brita, alors ? Et bien en fait, ça n’a rien à voir. Les cartouches que l’on met dans les cruches contiennent du charbon actif (non, pas du charbon de bois pour barbecue) sur lequel vont pouvoir s’adsorber du chlore et, éventuellement, des quantités indétectables (et inoffensives) de molécules organiques tels que des pesticides. Alternativement, vous pouvez simplement laisser reposer votre cruche ordinaire d’eau du robinet pendant une petite heure pour être parfaitement sûrs que les traces de chlore auront disparu.

70939487_2211f2f1ca_bL’eau potable est un trésor précaire, en quantité et en disponibilité. Le photographe Ashley Gilbertson a réalisé un reportage pour UNICEF afin de documenter la consommation d’eau des familles à travers le monde:
https://www.unicef.be/fr/leau-une-affaire-de-famille/?utm_source=Houselist&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter2016#

Si certaines familles doivent se contenter de 100 l par jour et par personne (voire moins), dans nos pays développés, cela peut atteindre dix fois plus.

Il est toujours surprenant de parler de préserver les ressources en eau potable en Belgique… Avec tout ce qu’il pleut. Et pourtant, l’exemple de la nappe des calcaires carbonifères du Tournaisis nous fait prendre conscience que notre drache nationale n’est pas une garantie de recharge suffisante des aquifères. Et si ce n’était que cela… Mais encore faut-il que nous parvenions à éviter de trop polluer nos ressources!

Si la Belgique n’est clairement pas en état de précarité hydrique, il est important de conscientiser à quel point la protection et l’usage raisonné de cette ressource est important.

L’image vient du profil de Shai Barzilay sur Flickr.

bassin_bio_clarif_ligne1Les Journées Wallonnes de l’Eau, c’est (notamment) l’occasion de visiter plein de stations d’épuration! Alors cette année, j’ai jeté mon dévolu sur… Herve!

Herve s’est en effet dotée il y a quelques années d’une station flambant neuve (AIDE), remplaçant l’ancienne qui datait des années 80. Avec ses 36.500 équivalent-habitants, elle a une capacité double de l’ancienne. Sur deux lignes parallèles, le traitement biologique s’opère dans un bassin annulaire entourant un clarificateur. D’après le guide lors de la visite, d’ici le moi de mai, les boues produites par la station pourront être valorisées en agriculture.

Sur le sujet de la valorisation des boues, lisez aussi mon article d’octobre 2015: http://geocolas.be/Nicolas/2015/10/25/les-boues-de-station-depuration-dechet-ou-ressource/

La photo illustre le traitement biologique et, au centre, un clarificateur, pour l’une des deux lignes de la station d’épuration de Herve.

Le numéro de mars 2016 de Test-Achat se penche en trois pages sur l’eau potable, et donne son verdict: elle est très bonne à boire!

Le contenu de l’article semble pourtant mi-figue mi-raisin, avec un discourt du style: « l’eau du robinet est d’excellente qualité, mais elle peut contenir plein de saloperies et les femmes enceintes ne devraient pas en boire ». Une chose est sûre pourtant: ils ont analysé 44 prélèvements d’eau potable, mais pas une seule eau en bouteille! C’est donc à se demander sur quelle base on estime la qualité de l’eau du robinet (par rapport à quelle autre eau, donc) …

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C’est enfin cet événement tant attendu de l’année : la facture de régularisation pour la consommation d’eau ! C’est en effet à cette occasion que la société qui vous approvisionne en eau potable (dans mon cas la SWDE) vous explique le fractionnement des coûts.

  • Comme vous pouvez le voir, la fraction la plus large correspond au CVD (coût-vérité distribution), qui peut varier en fonction de votre localité. Selon la SWDE, ce coût ne devrait pas augmenter avant 2017.
  • Vient ensuite le CVA (coût-vérité assainissement), qui couvre le prix de l’épuration des eaux usées. Dans la pratique, les installations nécessaires à l’épuration ont été financées par de grand emprunts, qui sont remboursés par le CVA.
  • La TVA est de 6 % de la somme des autres parts, soit 5,66 % de ma facture.
  • Le fifrelin qui reste est la participation au Fond Social de l’Eau, qui intervient dans le paiement de la facture d’eau des personnes qui n’ont pas les moyens de la payer (et qui en font la demande).

3009300486_3ddb556466_zOn a tant et si bien chanté que la Walonnie était « riche en eau » que beaucoup de gens ont fini par croire que nous disposions de réserves inépuisables en eau potable. C’est pourtant loin d’être le cas, comme l’illustre le cas de la nappe des calcaires carbonifères du Tournaisis : son niveau a tant chuté depuis la dernière guerre (atteignant un baisse de 1 à 2 m par an au plus fort de la crise), que des mesures ont du être mises en place pour l’épargner. Car, en effet, si l’on pompe plus vite qu’elle ne se recharge, un nappe aquifère se vide ! Pour répondre au besoin grandissant en eau potable, des stations de potabilisation des eaux de surface (lacs et rivières) apparaissent partout dans le monde depuis des décennies, et notamment chez nous. Un cas des plus impressionnants est celui de la station de Lustin, opérée par Vivaqua, qui alimente Bruxelles et la Flandre depuis les années 70. Et pourtant, bien des gens ont tendance à voir l’eau potabilisée en station comme une eau de moindre qualité, voire même de qualité douteuse… Alors qu’elle est sujette à des normes bien plus strictes que l’eau en bouteille !

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Et que dire alors de ce projet Californien de potabiliser l’eau des égouts, rapportée dans le Los Angeles Times ?

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Que l’on ne se leurre pas : c’est déjà en application dans certaines villes du Texas. Ces régions font face à des sécheresse telles qu’il ne reste plus d’autre solution pour assurer une provision suffisante en eau potable. À cette approche, se heurte ce que les américains appellent le « yuck factor », ou « facteur beurk » en français. On aura beau expliquer que les eaux usées sont d’abord traitées en station dépuration, avant de passer par une station de potabilisation, beaucoup de gens gardent une réaction de rejet qui tient plus du réflexe hygiéniste que de la réflexion sensée. Pourtant, l’article du Los Angeles Times fait remarquer que, déjà à l’heure actuelle, on potabilise de l’eau des rivières qui reçoivent, en amont, des effluents d’eaux traitées en station d’épuration. Et oui : on n’appelle pas ça « le cycle de l’eau » pour rien… Tiens, justement : la station d’épuration de Godinne (9800 équivalents-habitant) rejette ses effluents dans la Meuse, à 4 km à vol d’oiseau en amont de la station de potabilisation de Lustin.

En 1995, le film Waterworld s’ouvrait sur une scène où Kevin Costner faisait pipi dans un récipient, puis utilisait un filtre sommaire pour en faire de l’eau potable qu’il buvait directement. D’aucun ont alors demandé : mais s’il est sur l’océan, pourquoi ne potabilise-t-il pas plutôt l’eau de mer ? Et bien tout simplement parce qu’il est bien plus efficace, techniquement aisé, et meilleur marché de potabiliser de l’urine (ou des eaux de surface, ou des effluents de station d’épuration), que d’essayer de désaler de l’eau de mer. Oh, et pour éviter toute confusion : la potabilisation en usine a un niveau technologique vertigineusement plus élevé que la méthode Waterworld.

L’image du chat vient du profil de ju5ti sur Flickr.

Je pensais avoir tout dit sur Aquatube dans mon précédent article, mais c’est toujours pareil: quand on gratte, ça empire.

Aquatube est un produit de SCA, le magnat suédois du papier WC. Récemment, c’est la mairie de Paris qui a déclaré la guerre à Aquatube, essentiellement avec les arguments que j’avais mentionnés dans mon dernier article. La réponse pathétique du chargé de communication de SCA a été du style « mais c’est biodégradable! ». Ah, oui, c’est biodégradable… Enfin, ça se dissout en tout cas. Mais cela représente toujours une charge supplémentaire à traiter au bout du tuyau – une charge qui aurait pu être valorisée, si l’on avait pris la peine de jeter le tube avec les cartons, comme il se doit.

Dans son arsenal de propagande, SCA propose un jeu sur Google Play où le but est, je vous le donne en mille… de jeter les tubes en carton dans la cuvette des WC. Subtil.

Ci-dessous, une vidéo promotionnelle expliquant le principe, en roumain (parce que). On notera la limpidité de l’eau générée en images de synthèse: c’est à vous donner l’envie de boire vos eaux usées. Mais ça, ce sera pour un prochain article… 😉