Septuaginta annos.

Demain, ce sera le dimanche de la Septuagésime, ou le début du pré-carême.

Dans le rite byzantin, les dimanches du pré-carême, on chante (comme ci) le psaume Super flumina Babylonis, parsemé d’alléluias, au troisième nocturne. Pendant des années, je me suis posé deux questions: 1. Pourquoi ce psaume à ce moment de l’année liturgique? 2. Est-ce que l’Occident aurait quelque chose de similaire?

Je pense avoir trouvé les réponse. Tout d’abord, parce que le temps de la septuagésime symbolise la captivité babylonienne. D’ailleurs, les Syriens l’appellent «abstinence de Babylone». Deuxièmement, il y a en Occident cette antienne: «Hymnum cantate nobis, alleluia, de canticis Sion, alleluia. Quomodo cantabimus canticum domini in terra aliena, alleluia? Septuaginta annos super flumina Babylonis sedimus et flevimus dum recordaremur Sion, alleluia; ibi suspendimus organa nostra, alleluia.»

Comme vous voyez, cette antienne, prévue en Occident pour le temps de la Septuagésime, reprend des paroles du psaume Super flumina Babylonis, auxquelles elle ajoute les mots: «septuaginta annos». Pour pouvoir chanter les alléluias, selon le modèle byzantin, cette antienne est parfois prescrite pour ce soir au Magnificat, qui est la dernière occasion de chanter «alléluia» avant la Pâque.

Hymnum cantate

Nicolas_StaelensJoyeux anniversaire, mon amour! La vie a du sens avec toi!

Tu sais, mon amour, je relis parfois la règle monastique de saint Benoît, et je la médite très souvent, pour réaliser, à chaque verset, que ma vocation de vie est maritale, et ainsi de pouvoir contempler chaque jour l’excellent mariage que tu me donnes de vivre à chaque instant.

Je me réjouis de nous voir vieillir ensemble, évoluer ensemble.

Rokin’ 1000.

Mon expérience chorale m’a appris, jusqu’à présent, ceci: lorsque dans un groupe de musiciens il y a 51 qui chantent bien, mais 1 “cruche” qui chante mal, ce dernier casse tout; si une personne manque à la répétition, il y a de grands risques qu’elle chante mal par la suite, et qu’elle ruine la chorale tout entière.

Il y a quelques années, je me suis retrouvé sur le stade d’Ajax Amsterdam, où il y avait beaucoup de jeunes avec des guitares et des djembés, et ça a donné une cacophonie immense.

Je suis très agréablement surpris par le groupe Rokin’ 1000, qui a réuni mille musiciens autour de quelques succès du rock. Même si le répertoire général est trop conservateur à mon goût, néanmoins, je suis impressionné par la qualité du travail, notamment pour la chanson Smels Like Teen Spirit, reprise de Nirvana, que vous pouvez visionner sur YouTube.

Temps après l’Épiphanie?

Il y a quelques années, j’ai entendu un débat concernant les dimanches après l’Épiphanie. Quelqu’un, habitué au Common Worship anglais moderne, soutenait que les dimanches qui suivent l’Épiphanie devaient s’appeler de l’Épiphanie, non pas après l’Épiphanie. L’autre disait juste le contraire, et je lui donnais raison.

Il se fait que j’ai eu tort, en quelque sorte. Car je remarque ceci:

1. Le deuxième dimanche après l’Épiphanie on lit l’évangile des noces de Cana, mystère éminemment intégral à l’Épiphanie.
2. Le troisième dimanche après l’Épiphanie on lit l’évangile de la tempête apaisée, qui rappelle en réalité le baptême du Christ, autre mystère de l’Épiphanie.
3. Le quatrième dimanche après l’Épiphanie on lit l’évangile du centurion, qui fait écho à la vocation des Gentils, autre mystère de l’Épiphanie.
4. En France, jusqu’à 1877, les ornements liturgiques pour ce temps étaient blanc, non pas verts.

Je conclus que, même si l’octave de l’Épiphanie est clôturée, le “temps de l’Épiphanie” perdure jusqu’à la septuagésime.

Genre neutres en français.

Les langues ont construit les genres des substantifs, et des adjectifs qui s’y accordent, en fonction des genres perçus dans les humains par la culture dont la langue est issue. Le substantif maori, par exemple, a neuf genres, autant que de genres perçus dans les humains.

Les langues européennes ont, en général, trois genres: masculin, féminin, et neutre. Cela veut dire que nos ancêtres avaient une certaine perception des intersexes, même s’ils les mettaient dans le même sac. Et, lorsque j’essaie d’expliquer le genre neutre à des francophones au niveau de la grammaire, en générale les gens ne comprennent pas.

En français, on a quelques substantifs de genre neutre. Ils sont peu nombreux, mais ça vaut la peine de les mentionner. Ceux-ci, en effet, forment le singulier au masculin, mais le pluriel au féminin:

un délice éternel → les délices éternelles
le bel orgue → les belles orgues
un vieux hymne → les vieilles hymnes.

En réalité, concernant «hymnes», avec l’habitude, tout peut se dire, même «une hymne» et «vieux hymnes».

Un dernier exemple:

les gens sont vieux → les vieilles gens.

O nata lux de lumine.

Clarté née de clarté, Jésus,
Toi, de ce monde Rédempteur,
Que nos louanges, vœux des cœurs
Et oraisons soient bien reçus.

Pour racheter tous les perdus,
Tu apparus en corps de chair:
Fais donc de nous tes membres chers,
Dans ton saint corps mystique inclus.

Gloire à toi, Christ manifesté
Sur terre, de puissance ceint,
Avec le Père et l’Esprit Saint :
L’unique Dieu d’éternité. Amen.

Passagers, critique de film.

Hier j’ai vu le film Passagers. Dans cet article, j’écris une petite critique. Je suis très difficile à satisfaire aux niveaux littéraire et cinématographique, mais, et malgré les critiques négatives que j’ai lues à propos de Passagers, je vous partage mes impressions très positives de ce film.

Lorsque je vois des engins d’espace dans les films, je me demande souvent d’où est venue l’idée de la maquette à celle ou celui qui l’a créée. Et, au plus souvent, c’est de la boulechite. Par contre, dans Passagers, le vaisseau de croisière et hibernation me semble bien fait. En avançant, le vaisseau Avalon tourne autour de lui-même, afin de créer de la gravitation. Les espaces habitables se trouvent dans les trois ailes autour du rotor.

Je ne savais pas que l’hibernation humaine était effectivement à l’état de projet; je croyais que ça tenait davantage de la fiction non-scientifique. Je vois que la compagnie SpaceWorks, qui travaille pour la NASA, bosse là-dessus.

Mais ce pourquoi j’apprécie ce film, c’est pour son anthropologie, qui reste très chrétienne.

Voici le fil conducteur du film, de mon point de vue. La Terre étant surpeuplée, la compagnie Homestead propose des voyages interstellaires, avec, à bord, des gens qui ont payé très cher, afin de coloniser une planète habitable. En effet, les gens lèguent à la compagnie Homstead tout ce qu’ils possèdent, dans l’espoir d’un nouveau départ dans la vie. Sauf que la planète habitable est très loin, et le voyage depuis la Terre dure 120 ans. Du coup, on met en hibernation l’équipage, ainsi que les passagers, et le vaisseau est en autonavigation par ordinateur. Parmi ces passagers se trouvent Jim, un ingénieur, ainsi qu’Aurora, une écrivaine qui pète dans la soie. Jim espère juste qu’il construirait une nouvelle maison sur la planète colonie, alors qu’Aurora espère passer quelque temps dans la colonie, puis revenir sur Terre; «ainsi j’aurai vécu 250 ans», dit-elle. La compagnie Homestead, en réalité, se fout pas mal des voyageurs et de la sécurité du convoie; de toute façon, puisque ça prend 120 ans pour faire le voyage, alors même si tout le monde périt en chemin, les responsables de Homestead seront déjà tous morts, après avoir empoché les biens des passagers. Une sorte de mentalité “après nous, le déluge”. Des erreurs de fonctionnement du vaisseau ne sont pas prévues, et les ordinateurs avec le logiciel de pilote automatique sont perçus comme infaillibles.

avalonMais voilà que tout ne se passe pas comme prévu; le vaisseau percute des astéroïdes, et cela endommage non seulement le vaisseau lui-même, mais aussi l’une des capsules d’hibernation, à savoir celle de Jim. En sortant de l’hibernation, Jim reçoit de l’ordinateur de la capsule l’info comme quoi le voyage touche à son terme, alors qu’il s’aperçoit que lui seul s’est réveillé, et qu’il n’avait été en hibernation que 30 ans, et que le vaisseau a encore 90 ans de parcours. En d’autres termes, il est condamné à passer le reste de son existence tout seul sur un vaisseau, et de mourir là avant d’arriver à destination.

Entre temps, il étudie les profils de quelques autres passagers se trouvant dans leurs capsules d’hibernation. Il lutte tout le temps avec la tentation de réveiller Aurora. Ceci reflète la nature humaine, telle que consignée dans Genèse 2: «Le Seigneur dit: “Il n’est pas bon que l’humain soit seul; créons-lui une aide semblable à lui”. Or Dieu avait aussi formé de la terre toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel […] Mais il ne se trouvait pas pour Adam d’aide semblable à lui. Alors Dieu […] forma une femme, et il la conduisit à Adam.» Mais il y a bel et bien tentation, car Jim sait que, s’il réveille Aurora, il le fera par égoïsme, et qu’Aurora sera condamnée à partager son sort à lui, et du coup de ne pas arriver à destination, mais de mourir en route, comme lui.

Or la tentation de Jim est aussi la tentation de tout un chacun d’entre nous. Au bord du suicide, il succombe à la tentation de réveiller Aurora, lui faisant croire que sa capsule à elle avait été défectueuse, comme la sienne, et ne lui dit pas la vérité. Jim met sa vie en danger à plusieurs reprises, pour réparer les différents problèmes du vaisseau, alors qu’Aurora est une je-m’en-foutiste, qui ne pense qu’à sa propre vie à elle. Jim révèle une nature humaine post-lapsarienne, mais en quête de grâce, en quête de rédemption. Aurora révèle un état d’âme démoniaque, un égocentrisme qui dépasse de très loin l’égoïsme initial de Jim. Entre autres, elle reproche à Jim de lui avoir volé la vie, mais elle est sur le point de vouloir réveiller elle-même sans scrupules d’autres personnes.

Entre temps, Gus, un membre de l’équipage se réveille aussi, à cause des erreurs techniques de sa capsule. Mais Gus est mourant. Il est très altruiste, et confie à Jim et Aurora le sauvetage du vaisseau. Gus meurt, mais sa mort réconcilie les deux autres personnages. Jim suppose qu’il doit sacrifier sa vie pour réparer le vaisseau par l’extérieur, mais n’hésite pas à le faire. Il est effectivement en mort clinique, mais Aurora le réanime, et ainsi il revit.

Le film finit avec le réveil de l’équipage, 88 ans plus tard, avant l’arrivée à destination. Sur le grand hall du vaisseau, on voit une maisonnette construite par Jim, de l’herbe, des poules, et le livre écrit par Aurora pour les informer des péripéties qui ont eu lieu pendant le voyage.

On voit dans le film des histoires d’auto-rédemption partielle (Jim, Aurora). Mais l’idée de sauver la vie de la totalité des passagers en donnant la sienne est omniprésente. Rétrospectivement, on sait que, si la capsule de Jim n’avait pas été défectueuse, il ne se serait pas réveillé, et le vaisseau aurait péri. Si Jim n’avait pas réveillé Aurora, sans elle il n’aurait pas su sauver le vaisseau. Si Gus n’avait pas fait sa brève apparition, à nouveau Jim et Aurora n’auraient pas pu sauver le vaisseau. Donc felix culpa à plusieurs reprises!

Les personnages critiquent beaucoup les agissement de la compagnie Homestead, et démontrent que la machine est impuissante toute seule, et qu’une présence humaine est nécessaire!

 

arrival_calvinistSuite à la recommandation du père Bosco Peters, nous avons décidé d’aller voir le film Premier contact. Dans cet article, je fais une petite critique de ce film.

Du point de vue cinématographique, je trouve génial que leurs extraterrestres soient des heptapodes. J’en ai marre de la littérature où les extraterrestres ressemblent physiquement très fort aux terriens, avec tête, cou, deux yeux, deux jambes, etc., et où seulement leurs têtes (ou leurs oreilles, ou leurs poils) sont un peu plus grands que les nôtres. Même un gamin a plus d’imagination que ça. Ici, par contre, avec les heptapodes, c’est enfin réussi! De même, dans un univers cinématographique tellement sexiste, où les héros sont toujours des mecs, alors que les personnages féminins jouent des rôles misérabilistes, je trouve qu’ici on a une femme héroïne dans le film.

Cependant, des points de vue littéraire et théologique, je trouve que ce film est un grand désastre, comme suit.

Premier contact suppose que les humains, écrivant de façon linéaire, ont juste une vision linéaire du temps; les heptapodes, écrivant circulairement, auraient une vision non-linéaire du temps, qui permet aux personnages d’avoir des prolepses à la place des souvenirs. De ce fait, en réalité, les personnages sont des prisonniers du hasard; non seulement ils savent ce qui va arriver, mais du coup ils ne peuvent pas modifier leurs actions futures. Les prolepses les aident à savoir ce qu’ils doivent faire et dire à l’avenir. Par exemple, les heptapodes viennent sur terre, parce qu’ils savent à l’avance qu’ils auraient besoin de l’aide des terriens 3000 ans plus tard; la héroïne sait qu’elle aura un mari qui la quittera, qu’elle aura une fille atteinte d’une maladie rare qui la fera mourir tôt, mais elle ne sait pas empêcher que cela se produise.

Tout d’abord, les anciens avaient une vision cyclique du temps. Sous inspiration divine, le peuple hébreu révolutionna ce concept, en disant: «Au commencement, Dieu créa…» Quel commencement? Ben oui, car les antiques avaient du mal à comprendre cette notion. Les Hébreux inventèrent l’histoire. Ainsi, le christianisme fait nettement la différence entre Dieu, qui est au-delà de l’espace-temps, et la création, qui s’inscrit dans l’espace-temps. La création commence par la création de l’espace-temps, comme cadre de celle-ci. Donc Premier contact nous mène quatre mille ans en arrière!

Sur le plan éthique-philosophique-théologique, le film est donc un calvinisme pur et dur. Calvin affirmait – et la moitié des États-Uniens, tout comme certains musulmans – que Dieu choisit d’avance les actes de tout un chacun, et que de ce fait, le libre-arbitre n’existe pas, mais Dieu prédestine les uns aux le bonheur éternel, et les autres à la damnation éternelle.

Le film s’appuie sur l’hypothèse de Sapir-Whorf, mais cette hypothèse est contredite pas les faits. On arrive pour la seconde fois au calvinisme, car les calvinistes utilisent le mécanisme Sapir-Whorf pour parler de l’Eucharistie: pour eux, le pain et le vin ne sont pas objectivement corps et sang du Christ, mais éventuellement subjectivement, dans la mesure où le sujet les considère nominalement comme étant corps et sang du Christ. Dans Premier contact, il y a trois erreurs flagrantes à ce niveau.

giphy1. La héroïne – présumée linguïste – et son futur mari disent que notre vision linéaire du temps serait due à notre façon linéaire d’écrire, alors que l’écriture heptapodienne est circulaire. «Imagine-toi comment il serait d’écrire en même temps avec deux mains: avec la gauche vers la droite, et avec la droite vers la gauche.» Cette idée est fausse, non seulement parce que l’histoire a été inventée avant l’écriture, mais aussi parce que, dans les faits, les langages des signes ne sont pas linéaires, mais “ronds”, comme l’écriture heptapodienne. Les sourds écrivent «en même temps avec deux mains», et pourtant, ils n’ont pas une vision heptapodienne du temps; encore moins arrivent-ils à deviner l’avenir.

2. Il y a des langues, notamment les langues asiatiques, qui n’ont pas les temps passé, présent, futur. En vietnamien, par exemple, on utilise l’indicatif “présent” pour parler à la fois dans le passé et dans le futur, mais, plutôt que de donner une vision non-temporelle du monde, ces langues se trouvent mal à l’aise, et ont besoin d’utiliser énormément les adverbes de temps, pour suppléer au déficit. De même, le fait qu’en wallon on ait neuf mots pour la pluie – parce que chez nous il pleut tout le temps, et que du coup, nous savons catégoriser les différents types de pluie – ne change en rien la réalité des choses. Si un Wallon se promène dans son pays avec son invité aricain venu du Chili, ils succomberont tous les deux la même pluie pendant leur promenade, et l’expérience de la pluie sera virtuellement identique chez tous les deux, même si le second peut parler seulement de jallu en langue aymara, ou de lluvia en castillan, alors que le premier sait dire précisément s’il draxhe ou s’il mouzene ou sept autre termes de précipitation entre les deux. L’expérience, quant à elle, est indépendante des langues.

3. La héroïne apprend aux heptapodes l’anglais, alors qu’elle parle une multitude de langues. Si j’avais été à sa place, j’aurais appris aux visiteurs une langue dont la prononciation et la grammaire sont beaucoup moins dégénérées qu’en anglais (ou qu’en français, wallon etc.). Quelqu’un qui a l’ouïe différente de la nôtre aurait eu plus facile à apprendre l’italien, le latin, le russe, ou encore l’arabe ou l’hébreu. En aucun cas l’anglais.

Autrement dit, le film, tout en se prétendant linguïste, faillit grossièrement au niveau linguïstique. Un film qui pète beaucoup plus haut que son cul, et qui transpire de tous ses côtés l’hérésie du christianisme calviniste-américain.

Adeste fideles en français.

Au fur des années, j’ai trouvé des traductions-adaptations du noël Adeste fideles vers le français, mais aucune ne me semblait satisfaisante. J’ai eu en 2013 un échange là-dessus avec le père Georges Pfalzgraf, et il n’avait pas l’air trop satisfait non plus.

Pour finir, je me suis enfin attelé à la tâche, et voici le résultat.

Vu qu’il y a cinq vers par couplet, j’ai fait rimer les vers deux par deux (I-II et IV-V), et les vers du milieu de chaque couplet riment entre eux.

adeste_fideles_francais
adeste_fideles_francais_2

God Rest Ye Merry Gentlemen 2016

Que Dieu vous garde, maîtres,
En ce jour solennel,
Car Jésus vient de naître,
Le Sauveur, à Noël,
Pour sauver tous les êtres
Du tourment éternel.

Ref.: Nouvelles de paix [et] rédemption,
Consolation,
Nouvelles de paix [et] rédemption.

Voilà que Dieu le Verbe
Est né en corps humain;
Gardant ce fait superbe
Au cœur, quant au gamin,
Marie le met sur l’herbe,
Dans l’auge des bovins.

Envoyé par le Père,
Un ange est descendu,
Vers pâtres et bergères,
Leur dire qu’est venu
Le Fils de Dieu sur terre,
Au Bethléem herbu:

Qu’on fête et boive et mange
En ce Noël bien frais
Qu’on chante des louanges
Au Saint-Esprit d’un trait,
Au Père, au Fils en langes:
Dieu éternel et vrai.