Nicolas_&_GeorgesAujourd’hui, mon Nicolas et moi fêtons 8 ans de mariage.

Mon Nicolas, je t’aime comme au premier jour, et encore davantage!

Lord enthroned in heavenly splendour.

Lorsque nous avons été la dernière fois en Angleterre, et que nous avons participé à la Messe et aux vêpres à l’église Sainte-Marie de la rue Bourne à Belgravie, j’ai traduit vers le français le chant anglais Lord enthroned in heavenly splendour. Mais, en rentrant, j’ai perdu la feuille. Hier soir, Nicolas et moi avons été à Louvain, et du coup, en rentrant, j’ai retraduit le même chant. Voici ma traduction vers le français.

Couronné, plein d’apparence,
Premier-né d’entre les morts,
Ô Jésus, notre défense,
Tu redresses notre sort;
Alléluia, alléluia,
Pain vivant, tu nous rends forts.

Prince de la vie, sans cesse,
Par ta chair, tu donnes vie;
C’est ta paix que tu nous laisses;
Ton saint sang nous purifie,
Alléluia, alléluia,
Dieu fait chair, Verbe et hostie.

Sacrifice, agneau de Pâque
Une seule fois offert,
Avec nous tu restes chaque
Messe, avec ton sang, ta chair;
Alléluia, alléluia,
Notre cœur, tu le rends clair.

Grand pontife, au ciel tu entres
Par le voile, au temple vrai,
Médiateur qui représentes
Devant Dieu l’humain parfait,
Alléluia, alléluia,
Sacrifié pour nos méfaits.

Manne et pierre, tu nous donnes
Sang et eau de ton côté;
Ciel et terre, ô Dieu, te prônent,
Agneau mort, ressuscité;
Alléluia, alléluia,
Règne pour l’éternité!

Promittis et servas datam.

Voici un hymne du matin, Promittis et servas datam, que j’ai encore traduit vers le français.

En ta promesse enracinés,
Croyant, ô Dieu, sans cesse en toi,
Nous te prions, dématinés,
Sur base de la même foi.

Le cœur vacille, et l’affermis,
Nous nourrissant des sacrements;
Tout ce que tu nous as promis,
Nous l’attendons dès maintenant.

Notre âme aspire vers le haut,
Aux siéges préparés au ciel,
Pour s’abreuver des claires eaux,
À ton bonheur, don éternel.

Fais-nous t’attendre, Trinité,
Toi qui es notre seul rempart,
Torrent de grâce et d’unité,
Notre salut, unique espoir. Amen.

O splendor æterni Patris.

Un autre hymne que j’ai traduit du latin, c’est O splendor æterni Patris. Il pourrait servir aux complies jours de jeûne qui tombent en dehors des saisons liturgiques, par exemple les quatre-temps de septembre (après l’octave de la Croix) ou le jeûne fédéral ou cantonal.

Reflet du Père et son vrai Fils,
Jour sans déclin, Jésus le Christ,
Lumière de lumière, et paix
Des cœurs chassant le soir épais:

Alors que le soleil bâsit,
Et que la nuit a tout saisi,
Après le jour et ses ennuis,
Repose-nous pendant la nuit.

Par toi, si l’éclairage est lent,
Qu’il veille, notre jugement;
Ta dextre soit l’appui constant
De tes élus, qui t’aiment tant.

Si notre corps est accablé
De la fatigue et affalé,
Fais que l’intelligence, ailée,
Vers toi, Dieu, puisse encor’ voler.

Unique espoir, Sauveur puissant,
Exauce les souhaits décents
Des gens racquis par ton saint sang
Versé sur la croix, innocent.

Dans tous les siècles, tous en chœur
Rendons au Père gloire, honneur,
Et à toi, Fils rendu vainqueur,
Et à l’Esprit: Dieu de douceur. Amen.

Notre Père, nouvelle traduction?

J’entends beaucoup d’enthousiasme à propos de la soi-disant nouvelle traduction du Notre-Père, qui a «et ne nous laisse pas tomber en tentation» à la place de «et ne nous soumets pas à la tentation.» Certains vont jusqu’à souligner la nouvelle phrase dans le texte, pour éradiquer l’ancienne. L’argument qui vient chaque fois sur le tapis, c’est que Dieu ne pousse personne à la tentation. Voici ma réponse à ce phénomène.

Tout d’abord, il faut savoir que dans le Nouveau Testament, il y a deux versions du Notre-Père. L’Église a eu l’habitude, quasiment partout sur la terre, d’utiliser la version de l’évangile selon s. Matthieu, corrigée parfois par ci par là, à partir de s. Luc.

En français, les différentes versions catholiques avaient les caractéristiques suivantes:

1. Parfois tutoiement, parfois vouvoiement;
2. Parfois «règne vienne», parfois «…arrive»;
3. «Notre pain quotidien» (comme s. Luc) ou «… essentiel» (s. Matthieu);
4. Dans les versions plus anciennes, l’ordre des mots est comme en grec et latin: «Notre pain…, donne-le-nous aujourd’hui»;
5. «Remets-nous nos dettes, comme nous le remettons à nos débiteurs.»
6. «Et ne nous laisse pas tomber en tentation» ou «Et ne nous induis point en tentation.»
7. «Mais délivre-nous du mal» ou, plus souvent, «… du Malin.»

Jean Calvin n’était pas content avec les versions catholiques, donc il a créé sa propre version du Notre-Père de la façon suivante:

3. «Notre pain de ce jour.» Ça ne vaut pas dire grand’chose, et cette leçon ne se trouve nulle part dans la Bible, ni dans la tradition liturgique.
5. Calvin estima, à juste titre, que nous ne pouvons pas racheter nos péchés en faisant de bonnes œuvres, et que, donc, nous devons pardonner à nos ennemis, mais que cela n’entraîne pas la rémission de nos péchés. D’où le mot «offense», comme quelque chose de moins grave que le péché. Genre: pour se faire pardonner les péchés, il faut se repentir, et juste un Notre-Père ne suffit pas. Mais je pense que Calvin a cherché midi à quatorze heures. Le mot «dette» est très général, et peut être compris à la fois dans le sens de s. Anselme, mais aussi comme notre devoir envers tout le monde, Dieu y compris, que nous n’arrivons pas à accomplir. En tout cas, faire dire au Notre-Père ce qu’il ne dit pas, ce n’est pas ça la solution.
6. Calvin croyait à la double prédestination, selon laquelle Dieu entraîne le pécheur vers le péché; d’où sa version: «Et ne nous soumets pas à la tentation.» La version de s. Luc dit: «Et ne nous mets pas à l’épreuve», qui me semble plus authentique; cependant, le psalmiste prie Dieu de le mettre à l’épreuve.

Puis, la version calviniste fut adoptée par les catholiques-romains en 1965, par souci d’œcuménisme. Les autres Églises plus minoritaires ont juste été entraînées dans le courant, et les gens nés dans les années huitante, quelle que soit leur confession, on appris la version calviniste, qui est devenue universelle dans la francophonie.

Maintenant si les catholiques-romains sont scandalisés par le phrase «Et ne nous soumets pas à la tentation», ils devraient avoir assez d’intégrité intellectuelle que pour revenir totalement – et pas juste en partie – à une version catholique, qui pourrait du coup être révisée avec des théologiens de tous bords; notamment:

3. «Notre pain quotidien» ou «essentiel»;
4. L’ordre des mots: «Notre pain quotidien/essentiel, donne-le-nous aujourd’hui.»
5. «Remets-nous nos dettes, comme nous le remettons à nos débiteurs.»
7. Éventuellement: «Mais délivre-nous du Malin.»

Sinon, il faut laisser les choses comme elles sont.

Bréviaire paroissial et familial.

Depuis plusieurs années, je travaille – tout doucement – sur un livre liturgique, que je ne fais que compiler. Voici un coup d’œil du futur Bréviaire paroissial et familial:

psautier-breviaire12

psautier-breviaire214

Breviaire

Breviaire

Breviaire

Breviaire97

litanies01

litanies68

litanies17

Vigile de la Transfiguration.

Introït. Dilectio Dei honorabilis sapientia

Kyrie. Première collecte. Da nobis, quæsumus, omnipotens Deus: ut, qui nova incarnati, comme à Noël.

Prophétie: Exode 24:12-18

Graduel: Benedictus qui venit.

Alléluia. Dominus regnavit decorem.

Offertoire. Intonuit de cælo

Secrète. Accepta tibi sit, Domine, comme à Noël.

Postcommunion. Cælesti lumine, quæsumus, comme à l’Épiphanie.

 

 

 

Paroisse catholique-apostolique à Châtelet.

Il y a quelques semaines, nous avons participé à la Messe à la paroisse catholique-apostolique de Châtelet, rue de Loverval. Il s’agit d’une dénomination qui est apparue au 19e siècle en Écosse, mais qui n’a plus de clergé depuis un demi-siècle. À présent, à ma connaissance, toutes les paroisses de cette dénomination font appel à des prêtres anglicans pour l’Eucharistie. Ils ont un livre liturgique très intéressant, ainsi qu’un livre explicatif sur la liturgie. Cependant, à présent, ils utilisent la liturgie anglicane en français, avec des éléments propres à eux.

Inutile de dire que leur autel est tourné vers l’Orient! Ils ont trois lampes: deux sur l’autel, pour la Messe, et une au-dessus pour la présence du Saint-Sacrement. Ils ont deux lutrins – un pour l’épître, un pour l’évangile – et une chaire à prêcher. Ils ont trois troncs: un pour l’offrande aux pauvres, un pour la dîme, un pour les autres offrandes. J’ai remarqué un grand esprit de prière.

J’en suis positivement étonné. Comment ont-ils pu résister un demi-siècle dans clergé qui leur soit propre?

J’ai hâte d’y retourner le 8 octobre prochain, si la date de la Messe reste inchangée.

Chastelet1

Chastelet2

Chastelet3

Chastelet4

Laureata plebs fidelis.

Ces derniers jours j’ai fait une traduction-adaptation poétique de la séquence du dimanche en l’octave de la Fête-Dieu, Laureata plebs fidelis. La voici:

Christ, ton peuple bien fidèle
Loue ta chair sacramentelle,
Roi de gloire, Dieu d’amour.

Tu es au ciel magnifique,
Mais ton sacrifice unique
Nous se donne tous les jours.

Ta passion payant nos fautes,
Par ta grâce, est l’antidote
Que dans la Messe on reçoit.

Car la Messe rend présente
Tous les jours l’unique offrande
Faite par toi sur la croix,

Préfigurée par des signes:
Melchisédech dans la ligne,
Offrant pain et vin de vigne
À la sainte Trinité;

Par l’arbre de vie divine;
Pain d’Aser, délices fines;
Fin est ton pain de farine,
Nourrissant tes invités;

Annoncé par la figure
D’agneau d’Ancien Testament,
Comme dit notre Écriture,
Immolé pascalement.

Cette loi point ne perdure,
Car la grâce est à présent
Par ton sang méthode sûre
Pour laver nos faits pesants.

Que ta chair dans ce mystère
Soit la nourriture chère
Qu’on reçoit par sainte foi;

Figurée par cette manne
Qu’Israël mangea profane
Au temps de l’ancienne loi.

Ce pain-là qu’on dit céleste
Était temporel, terrestre,
Mais toi, Christ, pour nous tu restes
Pain vivant et éternel.

C’est le pain de vie totale,
Nourriture très royale,
Coupe de boisson spéciale,
Le salut pour les mortels.

C’est le pain des indigents,
Bien sans prix, incontingent,
Accordant à tous les gens
Grande paix pour leur esprit.

Ô banquet doux, éternel,
Fête des incorporels,
Viatique des mortels,
Conduis-nous vers la patrie!

Vie, lumière, voie et liesse,
Tu es la restauration;
Donne-nous, dans cette Messe,
Vie et vivification.

Pour qu’avec les chœurs célestes
Du bonheur nous jouissions,
Rends-toi-nous, Dieu, manifeste,
Dans la fort bénie vision.

Pain vivant, vivant breuvage,
Vrai et vivifiant cépage,
Viens, ravive-nous, Jésus.

Donne-nous ton pâturage;
Au trépas, sois notre gage,
Sois notre gratuit salut.

Tu acquis pour nous la grâce
Par ta mort, et nous la passes,
À travers l’Eucharistie.

Donne-nous de voir ta face,
Dans ton temple aux cieux nous place,
De clarté tous investis.

Roi des anges, Dieu en chaînes,
Qui vainquis l’enfer sans gêne,
Chef des humbles, qui bénis,

Joie des saints, clarté, fontaine,
Maître de la sainte Cène,
Gloire à toi à l’infini. Amen. Alléluia.

Christus vere noster cibus.

Pour la Fête-Dieu, voici deux hymnes que j’ai traduites-adaptées vers le français:

Christus vere noster cibus
Ô Christ, tu es notre aliment;
Ô Christ, tu es notre boisson;
Ô Dieu, tes chair et sang vraiment
Sont mets dont nous nous nourrissons.

Ton corps auquel on communie
Et ton saint sang qu’ensemble on boit
Sont ceux que tu pris de Marie,
Le sang versé par toi en croix.

Dans cette Cène, ce souper,
Ta chair, ô Verbe, est donc mangée,
L’Église y est constituée;
L’accès au ciel est sans danger.

Quelle douceur est ce pain saint!
Quel pain de toute grâce plein!
La Vierge l’a cuit dans son sein!
Ce pain, c’est toi, Roi sans déclin!

Du pain des anges nourris-nous
Et du calice délicieux;
Que ce viatique saint, très doux,
Nous mène au royaume des cieux.

Seigneur, ô Cène des dévôts!
Ô gloire de tes rachetés!
Ô Dieu des humbles, leur repos,
Sois notre joie d’éternité! Amen.

O quam magnum quam præclarum
Voici un signe grand, divin:
Fils seul-engendré du Père,
Mets de l’âme en ce mystère,
Sous les espèces, pain et vin!

Ce qui défie l’entendement,
Notre foi, par ta lumière,
Le croit, l’écoute sincère,
Nous élevant au firmament.

Christ, nourriture de l’esprit,
Abreuve-nous à ta Cène;
Ta présence quotidienne,
Nous réjouissant, nous fortifie.

Accorde-nous cet aliment,
Pour tes serviteurs viatique:
Père, Esprit et Fils unique,
Glorifié éternellement. Amen.