Musique byzantine symphonique.

Je me rappelle l’apparition du métal symphonique, genre musical qui est né grâce à des métalleux qui, loin de ce contenter de l’amateurisme, avaient suivi des études de musique.

D’autre part, le chant liturgique byzantin est réputé de se chanter toujours a cappella. Or je viens de tomber sur un truc assez inouï: dans cette vidéo, on voit une chorale byzantine, Tronos, chanter le psaume 140 (141) des vêpres, accompagnée de l’Orchestre métropolitain de Bucarest. Quoiqu’il s’agît d’un concert, cela devrait avoir sa place dans les églises.

Bien sûr, je me rappelle les vêpres à la cathédrale Saint-Paul de Londres, qui ressemblaient plus à un concert qu’à un office, où l’on avait quasi peur de chanter avec la chorale. Peut-être qu’on arriverait à trouver le juste milieux, où les vêpres dominicales pourraient attirer plus de monde, grâce à la beauté.

«La beauté sauvera le monde.» (Dostoïevski)

Nunc suis tandem.

Je viens de traduire un hymne pour la fête de saint Jean Baptiste, Nunc suis tandem. Elle se chante comme Nocte surgentes.

Jean le Baptiste
Sort de sa cachette;
Sa force existe
Par Élie, prophète;
Sa voix insiste,
Les péchés il fouette,
Offrant des pistes:

«Dieu prend la peine,
Étant juge immense:
Il trie les graines,
Et punit l’offense;
Le blé s’égrène,
Mais la balle dense
Crame en géhenne.

Lorsqu’il arrive,
Le Seigneur chemine,
Hausse les rives,
Baisse les collines;
Foule oisive,
Prépare et affine
Sa voie hâtive.»

Que Jean apporte
La lumière icitte;
De sa voix forte
Saint Jean nous incite
À toutes sortes
D’œuvres qui excitent
Miséricorde.

À Dieu le Père,
À son Fils unique,
Au débonnaire
Saint-Esprit cantiques!
Et laus sincères
Au Dieu triunique
Toutes les ères! Amen.

The Church’s One Foundation.

Voici un chant anglais bien connu, que j’ai traduit-adapté en français: The Church’s One Foundation.

Tu es Chef de l’Église,
Ô Christ, Seigneur très haut;
Tu la crées, la baptises
Par la parole et l’eau;
Du ciel tu viens en quête,
Afin de l’épouser;
Par ton sang, la rachètes,
Pour l’immortaliser.

Partout, l’Église sème
La vraie unique foi
D’un Seigneur, un baptême,
Un peuple unique en toi,
Un seul Nom de confiance,
Unique Eucharistie;
Dans l’unique espérance,
La grâce est impartie.

Malgré le pessimisme
Qui la voit affaiblie,
Démantelée des schismes,
Rongée des hérésies,
Les saints veillent sur elle,
Criant: «Dieu, jusqu’à quand?»
Et la nuit des querelles
Devient matin des chants.

L’Église n’est pas morte;
Dieu, tu la tiens debout,
Et dans tes bras la portes
Toujours et jusqu’au bout;
Si d’aucuns la haïssent,
Et s’ils ne l’aiment pas,
Sur ceux qui la trahissent
Vainqueure elle sera.

Au milieu de la guerre
Et ses tribulations,
Elle attend sur la terre
La paix de l’eschaton;
L’Église, dans l’attente
Milite, aspire à toi,
Pour être triomphante,
Dans l’éternelle joie.

À toi, Dieu triunique,
Sur terre elle est unie,
En communion mystique
Avec les saints bénis;
Avec les saints aimables,
Au ciel, dans ta cité,
Reçois-nous à ta table,
Pour toute éternité.

Arglwydd arwain trwy’r anialwch.

Je vous présente ma traduction-adaptation du chant gallois Arglwydd arwain trwy’r anialwch. Vu le nom de la mélodie (Cwm Rhondda = vallée de Rhonnda), on entend l’original gallois dans le film How Green Was My Valley. Voir ici sur YouTube.

William Williams Pantycely a écrit l’original gallois en 1762. Neuf ans plus tard, le bibliste Peter Williams a publié une traduction-adaptation en anglais, Guide me O Thou, dans laquelle, malheureusement, plusieurs couplets sont comprimés pour n’en faire qu’un, et de ce fait, la version anglaise est à la fois plus pauvre et plus courte. Cette version anglaise est bien plus connue; exemple sur YouTube. Devenu sorte d’hymne national gallois, sur les stades, on voit un mélange d’anglais et gallois, chacun chantant la version qu’il connaît.

Voici donc ma traduction-adaptation, basée sur le contenu de l’original gallois:

Conduis-nous, Seigneur et guide,Calvaria
Pèlerins remplis de maux,
Dans nos vies, déserts arides,
Qui s’approchent du tombeau.
Roc solide,
Tire-nous vers toi, en haut.

Si tu nous ouvrais ta côte,
Cœur percé, torrent d’amour,
Ton sang jaillirait en flotte,
Comme à Golgotha un jour;
Ô notre hôte,
Christ, abreuve-nous toujours.

Nous errons la nuit entièreBreadOfHeaven
Sans voir l’aube du matin,
Et, en perte de repères,
Le désert paraît sans fin;
Ô lumière,
Viens toi-même sans déclin.

Le jour, sois notre nuage,
La nuit, pilier de feu plein;
Pendant ce pèlerinage,
Aplanis notre chemin;
Pain des sages,
Manne, apaise notre faim.

Or la mort nous accapare,Stade
Lorsqu’on passe le Jourdain;
Tu y a montré ta gloire,
Sanctifiant l’eau de ce bain;
Oh victoire!
Fais-nous donc crier soudain.

À toi, Christ, confiance entière:
Tu as écrasé la mort!
De l’enfer tu nous libères!
Satan sous tes pieds, Dieu fort!
Mont Calvaire!
On s’en souviendra encor’.

Surrexit Christus hodie.

En ce dernier jour de Pâque de cette année-ci, je traduis l’hymne Surrexit Christus hodie. À vrai dire, il s’agit d’une post-séquence. Écoutez la mélodie ici.

Ce jour, Christ est ressuscité,
Sauvant ainsi l’humanité. Alléluia, alléluia.

Lui, que l’on avait crucifié,
Sauva les gens par sa pitié.

Les femmes vinrent au tombeau,
Pour oindre le corps du Très-Beau.

Ô myrophores alarmées,
Christ s’est levé, donc proclamez.

Disciples, rendez-vous, allez
Le retrouver en Galilée.

Louons la Sainte Trinité,
À Pâque et dans l’éternité.

Bénissons le Seigneur des cieux.
Disons: Nous rendons grâce à Dieu.

Alléluia, alléluia.
Alléluia, alléluia. Alléluia, alléluia.

Iucundare plebs fidelis.

Voici la séquence des fêtes des évangélistes, Iucundare plebs fidelis, que j’ai traduite en français:

Donne joie à tes fidèles,
Père de vie éternelle,
Car ton peuple se rappelle
La prophétie d’Ézéchiël.

Jean s’y joint en témoignage
Dans l’Apocalypse au large,
Écrivant de longues pages,
Après sa vision du ciel:

Près du trône de victoire
Et des justes, se chamarrent
Quatre êtres vivants en gloire,
Aux visages d’animaux.

Comme un aigle: premier être;
Homme et lion on voit paraître,
Et enfin bœuf sans chevêtre,
Tous aux ailes sur leurs dos.

Les quatre figures forment
Les quatre évangiles, normes
De l’enseignement conforme
À l’Église de toujours.

Ce sont Matthieu, Marc en tête;
Luc et Jean, liste complète,
Figurés par quatre bêtes,
Qui s’envolent tout autour.

Matthieu a humain visage,
Car il a écrit des pages
Sur Dieu assumant, très sage,
La nature des humains.

Luc, à la tête bovine,
Montre comment se termine
Cette ancienne Loi divine
Des sacrifices bovins.

Marc est lion de bon augure,
Qui crie au désert, rassure:
«Vous, rendez vos vies plus pures,
Et du mal vous écartez.»

Jean est l’aigle avec deux ailes
Pour l’amour, vie immortelle,
Qui survole de plus belle
Tout le monde avec clarté.

Les prophètes voient réelles
Ces images matérielles
En vision spirituelle,
Avec interprétations.

Roues qui tournent, grandes ailes:
Comment s’interprètent-t-elles?
Roues: montée spirituelle;
Ailes: la contemplation.

Les quatre versions décrivent
Quatre belles perspectives
De ta vie terrestre, active:
Ce sont quatre points de vue.

L’être humain, c’est ta naissance;
Bœuf: ton sacrifice immense;
L’aigle dit qu’au ciel t’élances;
Comme un lion, broies la mort nue.

En Éden, quatre rivières,
Fécondant de bonnes terres,
Agissant à ta lumière,
Nous procurent grande joie.

Eux les fleuves, toi la source;
Christ au ciel, les eaux en course
Vers le bas, elles ressourcent,
Pour que nous ayons la foi.

Arrosés des quatre fleuves,
Ton amour, Dieu, nous abreuve,
Fais-nous créatures neuves,
Par ta grâce et ton pardon.

Abreuvés à leur doctrine,
Sustentés par la racine,
Goûtant les choses divines,
Dans les siècles te louerons. Amen. Alléluia.

Deus Pater credentium.

En la fête de saint Anselme de Cantorbéry, je vous propose l’hymne Deus Pater credentium, salus in te sperantium, composé par celui-ci, et traduit par moi. Je crois que cet hymne convient parfaitement pour les fêtes des apologètes et docteurs de l’Église.
ans

Dieu, Père de tous ceux qui croient,
Salut de qui espère en toi,
Exauce-nous, tes serviteurs,
Qui te prions du fond du cœur.

2. Ô Fils de Dieu, qui nous es cher,
Qui d’une vierge as pris ta chair,
Auprès de Dieu le Père assis,
Reçois l’offrande de l’esprit.

3. Esprit du Père, Esprit du Fils,
Ô doigt du Père et bras du Christ,
Inspecte notre jugement,
Avec ta grâce l’animant.

4. Unique Dieu, sainte unité,
Quant aux personnes trinité,
Assiste-nous quand nous prions;
Exauce vœux et pétitions.

5. Très sainte Trinité, accrois
Notre espérance et notre foi;
Divinité d’Unicité,
Augmente notre charité.

6. Tu es le Dieu humain en tout,
Christ, vrai humain semblable à nous:
Sors les humains du grand danger,
Quand tu viendras pour nous juger.

8. Du fait que tu es Dieu vraiment,
Allège notre chargement;
Du fait que tu es vrai humain,
Sois la défense et le témoin.

52. Pour ton Église sois le pain;
Protège-la, sois son soutien;
Quoiqu’elle soit très émiettée,
Conserve-la dans l’unité.

54. Et garde stable dans la foi
Ton peuple, ici, en cet endroit,
Et son évêque ancré en toi,
Muni de l’arme de la croix.

57. Christ, vie, lumière et vérité,
Reflet du Père et charité,
Sauveur, Suprême Être incarné,
Alpha, Oméga, prends pitié. Amen.

Finita iam sunt prœlia.

Voici un hymne pascal, que je traduis vers le français. La mélodie peut être écoutée ici.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Après la fin de ton combat,
Victorieux, tu ressuscitas;
Nous te chantons, remplis de joie:
Alléluia.

Après la mort, dont fus la proie,
Jésus, l’enfer, tu l’écrasas;
Nous te chantons, suivant tes voies:
Alléluia.

Porte d’enfer, vole en éclats!
L’accès au ciel, sans embarras!
Nous te chantons à haute voix:
Alléluia.

Par tes plaies, sauve-nous, Christ-Roi,
De la mort qui est au-delà;
Dans la vraie vie on chantera:
Alléluia.

Alléluia, alléluia, alléluia.

Inventor rutili.

Le Samedi-Saint, pendant quelques mini-pauses (entre deux trains), j’ai fait une traduction-adaptation de l’hymne Inventor rutili vers le français. Hier j’en ai fait une autre. Je les mets ici, sur le blog, toutes les deux. La première, je la préfère pour sa compatibilité avec la musique; la seconde me plaît mieux au niveau du texte. À vous de voir.

Le texte latin est un poème de Prudence. Cette hymne se chantait le Samedi-Saint dans l’Europe Centrale chez les chrétiens de rite latin, lors de l’allumage du feu au début de la vigile pascale. Je ne suis pas un grand fan de cet usage, pour des raisons pratiques (pendant que deux personnes s’affairent à souffler sur les charbons et gâcher plusieurs allumettes, d’autres papotent ou rigolent, et deux chantres essaient de couvrir de leurs voix le bruit de fond; personne ne fait attention à l’hymne, car tout le monde est focalisé sur le feu). Néanmoins, Inventor rutili pourrait convenir aux premières vêpres de la Pâque, là où il n’y a pas de vigile pascale.

Première version

Inventor rutili
Inventor rutili
Inventor rutili
Inventor rutili

Tu peins le ciel avec le feu des étoiles ;
La lune brille aussi de lumière pâle ;
Mais tu nous fais tirer du feu d’une pierre :
L’étincelle au départ de notre lumière.

Le feu vient du caillou : une parabole ;
C’est toi la pierre, ô Christ : voici le symbole ;
Notre espoir est en toi ; car ton étincelle
Allume en nous la foi, Roc de tes fidèles. Amen.

Seconde version

Inventor rutili
Inventor rutili
Inventor rutili
Inventor rutili

Tu peins le ciel avec des étoiles en feu ;
La lune brille aussi, nous éclairant, ô Dieu ;
Mais tu nous donnes, Christ, lumière du caillou,
Une étincelle étant début du feu pour nous.

Tirant feu du caillou, tu nous fais savoir :
C’est toi la pierre, o Christ, la vraie lumière, espoir ;
Une étincelle issue de toi nous embrasa,
Dans ton corps établis, sur le roc de la foi. Amen.

Grates peracto.

Voici une hymne, Grates peracto iam die, que j’ai traduite vers le français, pour les complies du temps de la septuagésime, qui commence aujourd’hui. La doxologie de l’hymne a déjà été traduite par Charles de Courbes.

Merci, Seigneur, pour la journée,
Car la lumière est terminée,
Et maintenant que vient la nuit,
Notre oraison vers toi s’en suit.

Les buts que nous avons ratés
Ce jour, fais-les-nous regretter;
Que le sommeil ne soit brisé
Des coups de l’ennemi rusé.

Alors qu’il tourne comme un lion
Pour dévorer, par tentation,
Prends sous tes ailes tes enfants;
Accours, ô Père, et nous défends.

Oh, quand viendra le jour sans fin,
Cette lumière sans déclin?
Quand irons au pays promis,
Qui ne connaît point d’ennemi?

À Dieu le Père soit honneur,
Et à son Fils, notre Seigneur;
Au Saint-Esprit semblablement,
Ores et perdurablement. Amen.