Belgo-catholique?

Mon premier contact, pourtant indirect, avec l’anglicanisme, je l’ai eu lorsque j’étais séminariste chez les orthodoxes byzantins. Le directeur du séminaire avait fait ses études à Oxford; le prêtre pédagogue nous racontait comment, au “bon vieux temps”, des prêtres anglicans avait rendu visite aux orthodoxes byzantin, et avaient célébré ensemble l’Eucharistie. Mais dans mon séminaire, tout le monde déplorait l’anglicanisme à cause des femmes prêtres.

Mon premier contact direct avec l’anglicanisme s’est fait ainsi. J’avais une amie bulgare qui allait à la Messe chez les anglicans de Bruxelles. Encouragé par l’exemple de Gene Robinson, j’ai décidé d’aller une fois à la Messe là-bas. J’ai été très impressionné par la façon dont on y a administré la communion: sous les deux espèces et à genoux au banc de communion.

Deux événements ont déclenché ma rupture avec le catholicisme-romain:

I. Le samedi 14 août 2004, lorsque la Messe catholique-romaine à laquelle j’ai participé a été totalement mariolatre. «Plus jamais ça!», me suis-je dit. Le 22 août 2004, à 14 heures, j’ai participé la deuxième fois à une Messe anglicane. Je ne croyais plus au modèle d’unité chrétienne offert par Rome.

II. Le doyen catholique-romain a lancé une pétition contre l’adoption des enfants par des couples de deux hommes ou deux femmes. Il m’a demandé de signer sa pétition, et de la présenter à des paroissiens. En âme et conscience, je n’ai pas signé, ni transmis la pétition, mais, au contraire, j’ai su que je n’avais pas de place chez les cathos-romains.

Je voulais une Église qui soit suffisamment “vétéro-protestante” pour affirmer le salut par la grâce seule et pour ne pas pratiquer des dévotions dangereuses. Mais je voulais aussi que cette Église soit enracinée dans les sacrements et qu’elle pratique l’inclusivité.

Nicolas et moi-même avons fréquenté les paroisses anglicanes d’Ixelles et Charleroi pendant plusieurs années. C’est en tombant sur le missel anglican – The Anglican Missal – que j’ai fait une grande découverte. Je m’explique. Depuis que je suis chrétien, je considérais que les Églises orientales avaient des choses à changer, notamment concernant la catéchisation et la participation des fidèles à la Messe (la forme), mais je n’ai jamais douté de l’authenticité (le fond) des rites orientaux. Par contre, j’avais l’impression que les rites occidentaux étaient inférieures au niveau du fond. Le jour où je suis tombé sur le missel anglican, j’ai compris que l’Occident était sur le même plan que l’Orient, dans la même Tradition, mais que les Occidentaux avait saccagé la liturgie.

Je suis désolé, mais les anaphores traditionnelles (orientales ou le canon romain), je ne peux pas les mettre sur le même plan que ldes prières eucharistiques créées selon le goût du jour au 20ème siècle. Une liturgie théocentrique, je ne peux pas la mettre sur le même plan qu’une performance où le prêtre se donne en spectacle. Les offertoires traditionnels, je ne peux pas les mettre sur le même plan que des bobards du Talmud. Je ne parle pas des exceptions; il peut y arriver qu’un groupe doive célébrer sans missel ou dans un cadre qui ne permettrait pas une célébration comme il faut.

C’est comme ça que je suis devenu un anglo-catholique. Un anglican traditionaliste.

Maintenant nous nous trouvons dans l’Union d’Utrecht. De ce fait, nous ne nous sommes pas séparés de la famille anglicane. Car, de par les accords de pleine communion, la famille anglicane va même au-delà de la Communion Anglicane; elle s’étend aux vieux-catholiques de l’Union d’Utrecht, mais aussi aux luthériens nordiques. Mais, étant vieux-catholique et belge, le terme «anglo-catholique» n’a plus beaucoup de sens; peut-être que celui de «belgo-catholique» serait plus approprié.

Être un responsable pastoral vieux-catholique n’est pas chose facile. Car il y a une énorme pression; on attend de vous d’être un « catholique-romain-Vatican-II » qui se permet tout, tout en essayant de rester au plus près de la papauté, si possible. «L’Église est une pute, mais elle est ma mère», dit saint Augustin.

Il y a deux points non-négociables chez moi:

1. L’Inclusivité. On pourrait essayer de me persuader, mais je ne reconnaîtrai jamais de différence ontologique entre les humains, quels que soient leurs sexe, genre, couleur etc. C’est une question doctrinale, christologique, qui touche à l’incarnation.

2. La Tradition. Je ne supporte pas la dictature de ceux qui imposent des textes fabriqués suite à leurs humeurs théologiques. Je préfère m’unir aux centaines de générations de chrétiens qui nous ont précédés. Richard Enraght, Arthur Tooth, T. Pelham Dale, Sidney Faithorn Green, James Bell Cox, Alexander Heriot Mackonochie et beaucoup d’autres confesseurs de la foi se sont battus il y a un siècle ou plus. Pour citer Edward Bouverie Pusey: «Les ritualistes ne se mêlent pas de la dévotion des autres […] Ils demandent seulement qu’on leur permette d’adorer Dieu en utilisant un rituel que, personne ne remettait en question il y a encore quelques années.»

Photos: 1. Église Saint-Magnus à Londres; 2. Église Saint-Clément-en-Philadelphie; 3. Église de la Paix à Frederikshåb.

Ikram convertie menacée.

Je relais cette info, provenant de Benjamin Leduc.

Prions pour Ikram.

Derrière l’islam, se cachent des personnes, qui ne sont pas toutes mauvaises, loin de là, mais qui, parfois, sont victimes de cette culture. Voici une histoire qui ne fera aucun grand titre dans les journaux.

Il y a deux ans et demi, parallèlement à mon travail de recherche, je profitais des accès aux articles de mon Université pour les partager avec d’autres étudiants, issus d’Universités moins fortunées mais ayant les mêmes besoins. Beaucoup d’entre eux étaient originaires du Maghreb et je suis devenu l’ami de certains. Parmi ces étudiants, une jeune fille alors en première année de master, Ikram, vivant à Alger.

Sa mère était alors partie pour travailler à l’étranger, et elle vivait seule avec son père. Les mois passant, sa mère renonça à rentrer au pays, et ses parents décidèrent de refaire leur vie, chacun de son côté. Son père chez qui elle vit, commença à sortir chaque soir pour fréquenter une autre femme, la laissant sans rien à manger pendant des mois, sans argent, vraiment sans rien. Depuis sa mère, s’étant remise en couple avec un homme, ne souhaite pas la prendre avec elle, car son compagnon ne veut pas d’Ikram chez eux. Son père s’est remarié, et sa nouvelle femme ne souhaite pas davantage sa présence avec eux.

Lors de nos discussions, qui durent depuis cette époque, je lui ai annoncé l’Évangile, nous avons commencé à prier le Rosaire à deux via skype. Elle s’est fabriquée un chapelet en détricotant un chapelet musulman, et prie en cachette son chapelet tous les jours quand on ne peut pas se parler en ligne. Malheureusement, un jour, son père la surprend. Depuis, elle est parfois enfermée à la cave ou jetée à la rue. Sa mère de passage lui loue une chambre, et s’arrange avec son père pour que chacun son tour, lui payent le loyer. Le père ne l’ayant pas fait, son propriétaire la jeta à la rue. L’histoire est longue, et je vous épargne les détails. La semaine dernière, alors qu’elle a récupéré sa chambre, son père vient la voir, et lui dit qu’un doctorant de son équipe voudrait se marier, et lui à parlé d’elle. Elle refuse ce mariage arrangé et se fait gifler. Comprenant qu’elle doit se sauver, elle prend le train, sans avoir d’argent, se fait prendre par le contrôleur, est amenée au poste de police et reconduite chez son père qui, depuis la séquestre, et organise son mariage qui devrait être célébré le 4 janvier.

Un héro et un cynique.

Il y a une semaine, j’ai eu une expérience, que je voudrais vous partager.

Une personne venait de décéder. Croyante et pratiquante, elle est décédée prématurément à l’âge de seulement 50 ans. Dans le diocèse catholique-romain auquel elle appartenait, l’évêché a décidé que tous les enterrements de feraient sans prêtre. La famille voulait quand même un prêtre, de notre part.

J’ai trouvé un prêtre âgé pour aller aux funérailles. Dimanche passé, avec la famille de la décédée, à travers quelques coups de fil et une longue discussion sur Skype, nous avons préparé les funérailles.

Mais la veille de l’enterrement, mon prêtre avait des soucis de santé. Mes autres amis prêtres n’étaient pas disponibles pour aller présider ces funérailles en semaine, alors qu’ils ont, pour la plupart, des jobs séculiers.

Donc je me suis retrouvé sans prêtre pour le lendemain matin. Qu’allais-je faire?

J’ai téléphoné à un prêtre anglican que je connais, même s’il n’est guère sympathique. Je me suis dit que, face à une telle circonstance et malgré sa paresse de caractère, il irait célébrer les funérailles. Le gars en question était tout à fait libre le lendemain (il a un traitement de l’état, pour le peu de travail qu’il fait). Mais lui et sa femme n’ont tout simplement pas voulu se mouiller. Ils considéraient que ce n’était pas leur affaire! Je n’ai jamais vu autant de cynisme chez un prêtre, depuis que je suis en Belgique.

Pour finir, j’ai téléphoné à un autre prêtre anglican, qui vit petitement et qui n’a pas eu la vie facile. Dès que j’ai dit mon prénom, il m’a reconnu tout de suite. Il m’a dit qu’il avait une réunion le lendemain, mais qu’il chargerait son épitrope (churchwarden) de s’occuper de la réunion. Je lui ai demandé si ça ne le déranger pas. Il m’a répondu: This is mission. («C’est ça, la mission.») Et, malgré qu’il baragouine à peine le français, il a célébré les funérailles, et la famille a apprécié.

Je venais d’avoir affaire à un prêtre héros.

Heureusement qu’il y a des héros de nos jours, dans plusieurs domaines d’activité!

Quant au cynique, je n’ai pas assez de mots pour exprimer mon amertume à son égard. Ce gars est payé par le ministère de la justice, pour s’occuper de sa paroisse. Il est vrai que la défunte en question n’était pas membre de sa paroisse. Mais si, pour l’argent qu’il reçoit, il ne sait même pas s’occuper en-dehors de ses obligation, il devrait également refuser le traitement de l’état, car d’autres, pour le même salaire, bossent dix fois plus.

Et, devant Dieu, je ne sais pas comment il peut avoir la conscience tranquille. Lors des vœux d’ordination, on s’engage de prendre soin de troupeau de Dieu, pas seulement des quelques ouailles qu’on se fait attribuer nominalement. On est prêtre pour l’Église où qu’elle soit.

Au-delà des collines.

J’ai profité d’un peu de temps, pour regarder enfin ce film de Cristian Mungiu: Au-delà des collines.

Il y a deux ans, lorsque le film est sorti, je n’ai pas voulu le voir. D’habitude, je n’aime pas les films qui s’inspirent d’une histoire réelle, tout en la tordant. Je suis pour la biographie et pour la fiction, mais pas pour le mélange ou la confusion des deux.

Cependant, ici, il est évident que le cinéaste s’est servi de plusieurs cas concrets, pour dénoncer les abus que les institutions religieuses des Églises orthodoxes de l’est sont en train de perpétrer.

Trop souvent, lorsque dans un film il y a des scènes avec des offices liturgiques, c’est du n’importe quoi. Ici, au contraire, je suis totalement ébloui par l’exactitude avec laquelle les choses réelles ont été reproduites dans ce film.

Le fil du film est le suivant. Il y a un orphelinat de filles à Vaslui, en Moldavie roumaine. Pendant les années de lycée, deux filles, Alina et Voichita, vivent une relation intime. Alina passe aussi quelque temps dans une famille d’accueil, qui l’exploite. Du coup, Alina part travailler en Allemagne, en promettant de venir rechercher sa petite-amie plus tard. Elle met même de l’argent de côté. Lorsqu’elle trouve deux jobs, où elles puissent vivre et travailler ensemble, Alina retourne en Roumanie pour chercher Voichita.

Le but du voyage d’Alina est de prendre Voichita avec elle. Jusqu’à ce point, l’histoire est réelle; de telles choses sont tout à fait courantes.

Entre temps, non loin de là, à la campagne, un nouveau monastère pour femmes est érigé. Ce monastère recrute les futures nonnes parmi les orphelines de la ville, qui ont fini leurs études, mais savoir commencer une nouvelle vie. Ainsi, le monastère est le refuge des infortuné(e)s, qui n’ont pas nécessairement de vraie vocation.

Au-delà des collines

Ceci est aussi une chose réelle: des centaines de tels monastères sont apparus en Roumanie à partir de 1990, et j’ai vu de mes propres yeux beaucoup de telles non-vocations.

Mais Voichita ne veut pas/plus partir; celle-ci veut rester nonne. Du coup, le seul moyen qu’a Alina pour rester avec sa petite amie, c’est d’entrer, elle aussi, au monastère. Voichita n’est pas consciente de l’amour qu’Alina a pour elle. Ou plutôt, Voichita n’a pas le courage de se lancer dans la vie réelle.

Au-delà des collines

Le fanatisme et l’esprit fermé dans ce monastère est bien mis en évidence.Tout d’abord, à l’entrée il y a un panneau: «Ceci est la maison de Dieu. Interdit à ceux d’autres religions. Crois et n’examine pas.»

Ceci correspond parfaitement aux slogans en vogue dans les monastères orthodoxes de Roumanie. Les gens ne sont pas regardés comme des agents libres de faire des recherches sur ce qu’on leur dit; on n’attend d’eux que d’obéir aveuglement. Et, bien évidemment, tout ce qui ne fait pas partie, juridictionnellement, de l’institution autoproclamée orthodoxe est considéré comme «autres religions». Je précise que cette attitude est récente; elle date des années 1990, et a été répandue par des moines incultes.

Le film montre un prêtre moine despote au milieu d’un monastère féminin. Primo, les règles monastiques interdisent à un moine mâle de s’immiscer dans les affaires d’un monastère féminin; le prêtres aumônier d’un couvent féminin doit habiter à part, et seulement présider aux sacrements et sacramentaux.

Bien que contraire aux règles, trop de prêtres font la même chose que dans le film. Et, dans les monastères masculins, l’abbé est, au plus souvent, un despote.

Dans le monastère, la vie est rude. Néanmoins, on remarque la vision sexiste. Les nonnes s’occupent seulement des tâches ménagères; le prêtre prend les décisions.

Le film explore trop bien les questions sacramentelles. Tout d’abord, Alina doit se préparer à la confesse. Pour ce faire, elle utilise un pénitentiel très tendance en Roumanie: «Îndreptar de spovedanie».

Penitential

Dans le film, les crises d’épilepsie d’Aline commencent seulement lorsqu’on lui demande de raconter à la confesse la «malahie» (masturbation). Les personnages secondaires la jugent, en disant qu’elle a sûrement commis quelque péché grave pour que quelque chose lui arrive. Comme pénitence pour ce “péché”, le prêtre lui donne à faire 1000 prosternations. La confession se passe d’une façon lugubre, comme en réalité.

Au-delà des collines.

Une autre fois qu’Alina pique une crise, c’est lorsque le prêtre lui dit que «c’est un grand péché, que d’entrer dans le sanctuaire». On voit bien l’iconostase, qui est là pour traiter les laïcs pour des profanes.

C’est une théologie totalement non-chrétienne, et elle existe en réalité.

La théologie eucharistique est bien évoqué dans le film. Car, dans le vie réelle, la plupart de ces prétendus orthodoxes voient la communion comme une récompense pour les mériteux, et la plupart d’entre eux vivent comme des excommuniés permanents.

eucharistic theology

La vision du péché, chez le prêtre, est celle de beaucoup de prêtres “orthodoxes” de la vie réelle: l’Occident est un monde corrompu, à cause du mariage des couples de même sexe et de la drogue! Par contre, lui jette les gens dans la rue, parce qu’ils «troublent notre silence». Cette façon de couler la moustique tout en avalant le chameau est ce qui se passe pour de vrai chez un grand nombre de prêtres et moines “orthodoxes”.

Un excellent film! Je le recommande, avant tout, aux Occidentaux qui lèchent les talons aux “orthodoxes”, et qui font de l’œcuménisme avec des pélagiens purs et durs.

orthodox church

À Rome, les évêques catholiques-romains, l’évêque de Rome en tête, veulent le beurre et l’argent du beurre. Ils ont voulu à la fois garder les gais et lesbiennes dans leur église et plaire aux conservateurs.

Voici déjà le texte du document préparateur (j’en souligne les passages importants)

50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?

51. La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur comment élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle: elle se présente donc comme un défi éducatif important. L’Église affirme, par ailleurs, que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme. Il n’est même pas acceptable que l’on veuille exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender.

52. Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Église prête une attention spéciales aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang.

Rien de louable là-dedans! Nous ne sommes que des «personnes homosexuelles» (non pas des gais et lesbiennes, sans parler des transgenres etc.) Notre identité n’est que sexuelle Nous sommes une «question», et nous avons des «problématiques morales» Autrement dit, nous sommes des immoraux (Voir source pour rappel.) Et, bien sûr, nos «unions» ne sont même pas «assimilables» au mariage

L’hérésie de l’ “anti-gender” revient sur le plateau. (Rome croit que l’humanité est partagée entre des mâles et femelles, ontologiquement différents. De ce fait, elle attribue à Jésus Christ non pas l’humanité, mais la masculinité, ce qui est une hérésie christologique.)

Le texte final dit ceci:

Il n’y a absolument aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu pour le mariage et la famille.

Qu’on ne se foute pas le doigt dans l’œil! Il n’y a jamais eu question à Rome de chercher le Royaume et sa justice!

S’ils avaient été soucieux du Royaume et sa justice, ils auraient:

1. inclus beaucoup de délégués laïcs avec droit de vote au synode;
2. éliminé le filioque tout de suite;
3. accepté que des prêtres et des évêques soient mariés.

Ç’aurait été un minimum minimorum. Manifestement, à Rome ils ne sont pas très catholiques.

Comment vit-on sa foi catholique lorsque l’on est gai, lesbienne, transgenre, divorcé-remarié? Il y a deux options:

A. Soit on reste dans une église dont le clergé est conservateur, et l’on se cache, et alors on prétend être ce que l’on n’est pas. Comme l’écrivait Nasha Gagnebin sur son blogue: «la majorité des Catholiques romains sont des Protestants qui s’ignorent […] Et ces Catholiques démontrent simplement qu’ils croient en une Église faite de dogmes, sans croire à ces mêmes dogmes qui font leur Église. Ridicule en somme…» (source);

B. Soit on cherche une église catholique ouverte et inclusive. Et des églises catholiques non-romaines, ouvertes et inclusives, il y en a, et même en Belgique. Par exemple: l’Église vieille-catholique d’Utrecht, l’Église épiscopale (anglicane) des États-Unis, l’Église suédoise, l’Église danoise etc. Dans de telles églises on peut bien vivre sa foi catholique, tout en fondant une famille recomposée et/ou homoparentale, tout en recevant les sacrements et les cérémonies pastorales de l’Église.

Hier après-midi, nous avons participé à la Messe pendant laquelle nous avons béni le mariage d’A & R.

Je suis très content de ce que tout s’est bien passé.

À ce sujet, je viens de lire un article intitulé In Favour of ‘Equal Marriage’, par le professeur Adrian Thatcher.

Chaque célébration de mariage dans un contexte chrétien auquel je participe me fait penser, voire prégoûter anticipativement, au banquet de l’eschaton. Chaque célébration chrétienne d’un mariage représente – rend présente – la plénitude de l’Église, car le mariage est une icône de l’Eucharistie, de l’Église.

Congrès vieux-catholique à Utrecht 2014.

En rentrant d’Utrecht, du 31ème congrès international, je voudrais vous faire part de mes impressions.

Le père Mark et moi sommes arrivés jeudi soir. L’ouverture du congres, avec les évêques présents, s’est faite dans la Cour sainte-Marie, près de la cathédrale Sainte-Gertrude. De là, la procession s’est rendue à la cathédrale Sainte-Gertrude, où les évêques ont béni l’eau et l’on a chanté les vêpres.

Vendredi nous avons regardé une pièce de théâtre, très bien préparée par les hôtes hollandais. Des ateliers ont eu lieu, le matin et l’après-midi, sans compter les matines et les vêpres. Une visite du musée-ancien couvent Sainte-Catherine nous a été offerte, ainsi que le souper là-bas sur place.

Hier, samedi, on a eu la grand’messe en la cathédrale Saint-Martin, le Dôme. Malheureusement, je n’ai pas pu photographier ni filmer la célébration. Parmi le clergé à l’autel il y a eu non seulement les évêques vieux-catholiques, mais également Mgr David Hamid de chez les anglicans, ainsi qu’un évêque de l’Église Mar Thomas (Église orientale d’Inde). À la messe ont participé également l’ancienne reine Beatrix et le bourgmestre d’Utrecht.

Je pense que la chose qui m’a marqué le plus, c’était le fait de rencontrer des gens. Bien entendu, j’ai pu revoir des amis catholiques-chrétiens (vieux-catholiques) de Belgique, Suisse, France et Pays-Bas et des connaissances d’Angleterre et des États-Unis, mais également rencontrer pour la première fois des gens de partout, et tisser des liens avec des vieux-catholiques de Pologne, Croatie et Belgique!

Il est important, me semble-t-il, de constater qu’une paroisse n’est pas une île. Les deux premiers jours du congrès, nous avons été ± 400 personnes; hier soir à la grand’messe ± 900 personnes. Si j’ai un petit regret, c’est de ne pas avoir pu le temps d’échanges plus longs et plus profonds. Mais comme on a gardé les adresses, cela pourra continuer. Comme quoi, le congrès n’est, tout compte fait, qu’un début.

Les photos: 1. l’ouverture du congrès; 2. vêpres à Sainte-Gertrude; 3. présentation thématique.

congres-Utrecht

congres-Utrecht2

congres-Utrecht3

Tony Flannery.

Je suis toujours écœuré lorsque j’entends autour de moi des affirmations du genre: «Avec le pape François tout va changer» (sous-entendu: «dans l’Église catho-romaine»).

Je viens d’apprendre que le Vatican ne veut toujours pas changer de position vis à vis de Tony Flannery. Ledit prêtre a écrit dans son livre A Question of Conscience qu’il souhaitait que Rome accepte le mariage des prêtres, ainsi que l’ordination des femmes. Suite à cela, il y a moins de deux ans, il a été suspendu de la prêtrise et, il y a un an, il a été déclaré hérétique.

Alors, est-ce qu’il y a quelque chose qui ait changé en bien avec cet évêque de Rome? Non, rien.

Saint Aubain.

En cette fête de saint Aubain, dans la ville de Saint-Aubain (St Albans) en Angleterre, il y a eu une immense procession, et à la messe, c’est Katharine Jefferts Schori – l’évêque-présidente américaine – qui a prêché. Son sermon est en ligne, et je peux dire qu’il m’a plu.

Seamless Faith.

On se demande souvent, Nicolas et moi, comment nous organiserons notre vie quotidienne lorsque nous aurons des enfants. Que serons-nous devenus d’ici là? Comment trouverons-nous un rapport équilibré entre la vie professionnelle et la vie de famille?

Mais aussi: comment transmettrons-nous la foi à nos enfants? J’en donne deux exemples:

1. À présent, nous prions les vêpres tous les soirs ou quasiment. Mais que ferons-nous avec les enfants, étant donné qu’ils devront aller tôt au lit? Combien de temps durera la prière du soir, et comment la faire, comment l’organiser?

2. Que ferons-nous les week-ends? J’espère être prêtre d’ici là, et que nous ayons les Messes dominicales les dimanches soir. Ainsi, nous – et les autres personnes venant à la Messe chez nous – pourrons organiser le week-end ailleurs. J’aimerais aller visiter le pays avec nos enfants. Mais sera-ce possible? Et si nous enfants veulent s’inscrire dans un club de foot ou à quelque connerie hebdomadaire se passant tous les samedis, que ferons-nous? Dieu nous en préserve, mais si jamais ça arrivait? Bien sûr, j’aimerais que nos gosses puissent partir en week-end, assez souvent, avec des copains à eux; mais s’ils demandaient à être scotchés à un horaire hebdomadaire qui nous obligerait de rester à la maison tous les week-ends?

Je viens de lire cet article par Traci Smith, auteure du livre Seamless Faith. Simple Practices for Daily Family Life, que l’on pourrait traduire par: «La Foi sans interruption. Des gestes simples pour la vie de famille au quotidien». Traci Smith me donne de l’espoir.

J’ai connu une tonne de fils de curé, et la grande et très grande et pesante majorité d’entre eux – même ceux qui sont devenus prêtres – sont athées. Deux en font certainement exception. Et l’un de ces deux-là, prénommé Darius, est devenu chanteur d’opéra. Mais lorsqu’il parlait des bonheurs de son enfance, il me racontait comment, depuis tout petit, il assistait son père à la Messe: au début comme acolyte, puis, à partir de l’âge scolaire, en tant que chantre. Je me rappelle encore une homélie de feu son père sur l’Eucharistie et la célébration de celle-ci.

Bientôt, Nicolas et moi-même suivrons des cours au bout desquels nous aurons des certificats d’aptitude parentale. Mais cela ne suffira pas. Je sais que les agence d’adoption soi-disant chrétienne nous discriminera en tant que couple gai, alors que les autres regarderont d’un mauvais œil notre foi chrétienne. Mais je n’ai presque pas peur. Si j’avais agi guidé par la peur, je n’aurais jamais quitté mon pays, je me serais mis à genoux devant mes parents homophobes, je n’aurais pas osé quitter le système, je ne serais pas parti à la recherche de Nicolas. Si j’ai accompli tout ça, c’est parce que j’ai écouté l’Esprit Saint plutôt que la “raison” de la peur.

N’empêche, il est important pour un(e) prêtre de savoir transmettre la foi dans sa propre famille. «Car si quelqu’un ne sait pas conduire sa propre maison, comment pourra-t-il gouverner l’Église de Dieu?» (I Timothée 3:5) Et ça ne s’apprend ni au séminaire, ni au cours de parentalité.