Je croise virtuellement de plus en plus de gens qui s’identifient comme “non-binaires”, et qui veulent qu’en anglais, on parle d’eux à la troisième personne avec le pronom personnel they. Par exemple, Machin a fait ceci et cela, et they are known for je ne sais quoi. Dans des cas pareils, lorsque je parle d’une telle personne en anglais, j’utilise it.

Pourquoi?

Tout d’abord, « non-binaire » et « neutre » sont synonymes (ne uter = aucun des deux). Et pour le neutre, il y a déjà un pronom en anglais: it.

Le problème avec they est que ce mot, bien que faisant abstraction du genre et du sexe, a un nombre, et son nombre est pluriel. Autrement dit, je refuse de faire référence à un singulier par la pluriel, parce que je respecte la langue et les concepts de singularité/dualité/pluralité inhérents aux langues.

Au risque d’offenser l’ignare, quel que soit son genre, le respect dû aux langues est plus important que les humeurs de la personne.

Pendant mes études, l’un de mes profs nous a enseigné qu’il faut toujours utiliser pour les gens les qualificatifs qu’ils exigent. Il disait que seulement ainsi on pouvait avoir de l’entente. Puis j’ai réfléchi. Et si un illettré exigeait qu’on l’appelle « Mr le Professeur »? Et si un herboriste exigeait qu’on l’appelle « Docteur » sans qu’il ait fait de doctorat?

La base de la morale est que la liberté de l’un s’arrête là où commence la liberté de l’autre. Je ne permets pas au bigot d’appeler mon mariage un fake ou un simulacre, parce que mon mariage en tant que tel est beaucoup plus important que son bigotisme. Je ne peux pas appeler un voyou « professeur » ou « docteur », car si je le fais, j’insulte implicitement tous ceux qui ont fait des années d’études pour mériter ce qualificatif.

Je_suis_BorgDe même, une personne singulière, je ne peux pas l’appeler they, car je respecte ce qui est multiple. Des personnages qui ont du mal avec le singulier, on en a déjà rencontrés dans la fiction.

Quid du « vous » (anglais you) utilisé pour un singulier? Là, à la base, il s’agit d’un majestatif. C’est d’ailleurs pour ça qu’en anglais, je préfèrerais de dire thou à mes amis; j’ai essayé avec certains, mais comme ils ne provenaient pas des régions où l’on tutoie, ils n’ont pas capté. Mais ça, c’est un autre débat. En tout cas, le they n’est pas un majestatif de troisième personne singulier. Le majestatif à la troisième personne existe notamment en roumain (où l’on dit, littéralement: « Madame n’est pas à la maison. Sa seigneurie ne rentrera que demain » ou « Tonton m’aime bien; j’irai le voir, lui en personne »), mais dans le cas des humains sexuellement neutres il ne s’agit nullement d’un majestatif, mais d’une faute de langue.

Mais on jour viendra, et ce sera bientôt, où d’autres idiots auront la splendide idée de simplifier le verbe « être. » Ce sera: j’êt, tu êt… nous êtons, vous êtes, ils/elles êtent. Ou en anglais: I is, you is, they is, we is… Et peut-être qu’ils se débarrasseront également du « s » de la troisième personne du singulier. Pourquoi se déranger avec Gaby has, quand ça peut être plus “simple”, Gaby have?

Me voici au 700ème article sur ce blog. Et de quoi vais-je vous parler ce jourd’hui? Je vous parlerai du mariage. Pas dans l’abstrait, mais concrètement, de mon mariage avec Nicolas.

Sur la blogosphère, j’ai vu des articles qui disaient les choses suivantes:

  • Dans aucun mariage il n’y a de vérité à 100%;
  • Dans tous les mariages, il y a des secrets et mensonges délibérés;
  • Dans peu de mariages (entre 10% – 0,2%, selon les auteurs), il y a une vraie compatibilité; or – disent-ils – le Prince charmant n’existe pas, et quasi tout le monde projette la perfection sur son partenaire au début, mais doit vivre par la suite avec la triste réalité.
  • Il y a des couples où les deux sont d’accord de manger à tous les râteliers, et puis ils n’étonnent de ce qu’ils ne se désirent plus, et après il y a inévitablement la rupture.

Je suis également gêné par l’expérience suivante: nous marchons dans la rue, main dans la main, et des gens nous demandent depuis combien de temps nous sommes ensemble, et puis nous déclarent leur étonnement devant la pérennité de notre couple. Toujours ensemble? Bah oui, toujours ensemble. Pourquoi en serait-il autrement?

Je suis également triste (ou, parfois, content) devant autant de mariages et couples en cohabitation légale qui se séparent. Statistiquement, pour 4 mariages, il y a 3 divorces chaque année. Dans certains cas, je vois les gens malheureux dans leur couple, et j’ai envie de leur dire de chercher leur bonheur, mais j’ai peur de les vexer. Dans d’autres cas, les gens cachent si bien leur malheur avec une façade impeccable, que je tombe des nues lorsque j’apprends la séparation.

Georges_et_NicolasMon expérience est tout le contraire. Dès le premier jour, Nicolas et moi avons décidé que nous nous dirions la vérité en tout temps, coûte que coûte. Et ça marche. Parfois la vérité fait mal, mais c’est une douleur momentanée, supportable. Les mensonges ne s’accumulent pas, et ne font pas boule de neige.

Nous gardons la fidélité absolue et exclusive. Monogamie à 100%. Les tricheries, les aventures – même avec l’accord du partenaire – et les soi-disant “polyamours” relèvent d’une immaturité de caractère. Si un tel n’aime plus son mec, il n’a qu’à plier bagage. Ça ne sert à rien de faire semblant.

Nous ne nous cachons pas, et grâce à cela, nous avons acquis le respect de ceux qui nous entourent.

Star Trek Discovery.

Lorsque la première série Star Trek est sortie, en 1966, c’est-à-dire pendant l’abolition de la ségrégation raciale aux États-Unis, elle présentait une femme noire, à savoir le personnage de la lieutenante Uhura, joué par Nichelle Nichols. Alors que les Américains n’étaient pas encore habitués à la convivence entre noirs et blancs, néanmoins, la série Star Trek les a aidés à s’y faire.

cruz_rappLa même chose arrive à présent. La dernière série, Star Trek Discovery, en cours de diffusion tous les lundis sur NetFlix, présente un couple gai, le médecin Hugh Culber avec le mycologue Paul Stamets, joués par Wilson Cruz et respectivement Anthony Rapp. Un couple gai, fictif ─ certes ─ mais réaliste. Il y a des fans des séries Star Trek, des trekkies, dans beaucoup de pays. Dans les pays homophobes, les gens verront que les gais sont des gens tout à fait normaux, et c’est l’un des facteurs-clef qui changeront les mentalités.

couple_gai_star_strekPour revenir à la série, on avait l’impression que les cinéastes de la série présente avaient mis un terme au personnage Dr Culber, ce qui était très décevant. D’après ce que j’apprends sur PinkNews, le personnage va revenir.

Épouse-moi, mon pote.

Il y a quelques mois, nous avons regardé au cinéma le film Épouse-moi, mon pote. Au début, je croyais qu’il s’agissait juste du motif récurrent (ex.: Chuck & Larry), où deux hommes hétéros font un mariage blanc, mais où finalement il n’y a pas de personnage gai. En réalité, dans le film français, l’un des deux protagonistes, Fred, est gai, et à la fin du film, il épouse un autre personnage, Daoud, ce qui en fait un mariage unisexe, mais biracial; l’autre protagoniste, Yassine, épouse sa collègue française dont il était secrètement amoureux, ce qui donne un autre mariage mixte.

Les clichés gais sont là, car ils dénoncent ce que la société hétéro pense en général de nous. Mais il y a d’autres clichés, que j’ai simplement adorés, par rapport aux coutumes et bureaucraties du Maroc et de la France.

Ce film pourrait avoir une influence positive, notamment dans les milieux dits allochtones.

Homophobie américaine en Roumanie.

« Ce jour-là Hérode et Pilate devinrent amis, eux qui auparavant étaient ennemis. » (Luc 23:12)

Vous avez déjà peut-être déjà entendu parler de Scott Lovely, le « pasteur » de la soi-disant « American Family Association » (association reconnue comme groupe de haine par la loi), a exporté l’homophobie en Ouganda et Russie, où des lois homophobes ont été instituées grâce à sa pression.

Récemment, l’organisation roumaine Coaliția pentru Familie a lutté pour modifier la constitution roumaine, afin que dans son article 48, premier paragraphe, ne dise plus « les époux », mais « l’homme et la femme ». Ils ont peur que, devant l’expression « les époux », la mariage sexuellement neutre soit possible un jour en Roumanie, même si, de fait, il ne l’est pas. Coaliția pentru Familie a ramassé plus de 3 millions de signatures, et a organisé et organise encore des manifs répétitives, avec icônes, croix, drapeaux et pancartes d’homophobie très basse.

Ces 3 millions de signatures ont été ramassées par l’Église orthodoxe-roumaine. Le fils d’un prêtre témoigne de la façon dont cela s’est fait: si son père n’avait pas envoyé des « bénévoles » dans les maisons des gens pour ramasser des signatures, ce prêtre aurait risqué de se faire éjecter de la prêtrise, et de perdre son job.

Mais qui est derrière Coaliția pentru Familie? Sur leur site web, cela était précisé dans un document, aujourd’hui enlevé, car cité par la blogosphère roumaine. Mais dans le document en question, on pouvait lire: Alliance Defending Freedom, groupe néoprotestant américaine avec un chiffre d’affaires de 61,9 millions de dollars selon Vice.com; Liberty Counsel, autre groupe néoprotestant américain avec un revenu de 5,5 millions de dollars, selon la même source.

Or, en Roumanie, Coaliția pentru Familie a réussi de mettre ensemble l’Église orthodoxe-roumaine, la papauté, et les néoprotestants. Ces Églises se sont tellement chamaillées tout au long de l’histoire. L’homophobie s’est avérées plus œcuméniste que n’importe quel vrai débat théologique. Les trois institutions religieuses peuvent aujourd’hui marcher dans des manifs ensemble, peuvent signer des papiers communs ensemble, en sous-entendant qu’ils sont tous en train de prêcher le même évangile. La sotériologie, la culte des icônes, les sacrements… tout ça n’est plus un problème. On se tolère ensemble, on se reconnait enfin comme chrétiens frères dans la foi, et l’on se s’anathématise plus réciproquement. Car maintenant on a trouvé un ennemi commun: les gais et en particulier leurs familles.

Peu importe que battre sa femme est une monnaie courante dans les familles hétéroparentales roumaines; on ne va quand même pas essayer de résoudre ça. Peu importe qu’en Roumanie 60.000 enfants vivent dans des orphelinats; on a d’autres priorités.

 

 

 

Jeramy Townsley.

Je me rends compte que je n’ai jamais familiarisé les lecteurs de ce blog avec les écrits de Jeramy Townsley.

Il a beaucoup écrit au sujet des LGBT et le christianisme: www.jeramyt.org/gay.html

Adoption.

adoptionCertains d’entre vous savez que Nicolas et moi-même avons commencé, il y a un an et demi, la procédure d’adoption.

L’année 2016 commence mal pour nous, car cette agence d’adoption, catholique-romaine jusqu’à la moëlle, vient de nous déclarer inaptes. Pour la petite histoire, lors de notre premier rendez-vous chez eux, le directeur de l’agence nous a bien fait comprendre que, dit-il, «nous sommes des chrétiens». Nous lui avons répondu que nous étions aussi des chrétiens; puis il nous a dit leur leur «conviction catholique» les rendait réticents à l’adoption par un couple de deux hommes. Ensuite, lors d’un rendez-vous ultérieur, nous avons trouvé, parmi les livres de leur parloir, une brochure de «La Manif pour tous». Lors de notre dernière entrevue, la femme du directeur nous a dit que les enfants regardent leurs parents comme des objets sexués…

Aujourd’hui, nous avons reçu de l’agence d’adoption une lettre nous disant qu’ils rejetaient notre candidature. Ils invoquent toutes sortes d’arguments bidon: soi-disant nous ne laissons pas de place à la différence, soi-disant nous sommes trop intellectuels pour des enfants avec des problèmes mentaux, ils me reprochent d’avoir eu une enfance difficile.

Nicolas&GeorgesMon Nicolas et moi fêtons aujourd’hui 6 ans de mariage. Ad multos annos!

Aujourd’hui, c’est aussi la fête des saints Serge & Bacchus.

Quæsumus, omnipotens Deus: ut nos geminata lætitia hodiernæ festivitatis excipiat, quæ de beatorum Sergii et Bacchi glorificatione procedit; quos eadem fides et passio vere fecit esse germanos. Per Dominum nostrum Iesum Christum…

s-bNous te prions, Dieu tout-puissant, que nous puisions une joie double de la fête d’aujourd’hui, qui procède de la gloire obtenue par les bienheureux Serge et Bacchus; eux qui ont été affrairés davantage par les mêmes foi et passion. Par notre Seigneur Jésus Christ…

Wij bidden U, Here: laat de tegenwoordige feestdag voor ons zijn een voorwerp van dubbele vreugde, voortkomende uit de verheerlijking der heiligen Sergius en Bacchus, welke hetzelfde geloof en lijden rechtgeaarde broeders heeft doen worden. Door…

Mariage-pour-tous dans l’Église épiscopale.

Jusque peu, dans l’Église épiscopale (anglicane) des États-Unis, la possibilité de célébrer et/ou bénir un mariage entre des personne d’un même sexe ou un partenariat civil était laissée à la latitude des évêques.

Entre le 25 juin et le 3 juillet passés, il y a eu la convention générale de cette Église, réunie au Grand-Lac-Salé, pour débattre du mariage-pour-tous.

Le mariage pour tous a été approuvé par les deux chambres: la chambre des évêques (82 % pour, 13 % contre, 5 % abstentions) et la chambre des députés (87 % pour, 11 % contre, 2% abstentions).

De ce fait, il n’est plus au gré des diocèses et des évêques, mais c’est pour tous les diocèses de cette Église. Là où les évêques sont opposés en conscience, ils ne pourront pas non plus s’opposer dans la pratique. Tout au plus, les évêques conservateurs pourront s’opposer à l’utilisation des liturgies approuvées, et dans ce cas, c’est au couple et à la communauté locale de fournir d’autres textes liturgiques; lorsqu’un curé de paroisse ne voudra pas célébrer et bénir un mariage, cela pourra être fait par un autre prêtre.

Pour plus de détails, voici comment les canons ont été modifiés: A036 et A054.

 

Deux victoires américaines.

Deux victoires états-uniennes.

Tout d’abord, le mariage est sexuellement-neutre dans l’ensemble des États-Unis d’Amérique, depuis vendredi.

Deuxièmement, l’Église épiscopale des États-Unis (anglicane) vient d’élire son nouveau primat (archevêque): Michael Curry, qui est l’actuel évêque de Caroline-de-Nord. Michael Curry est noir, et en même temps il a toujours été favorable aux LGBT. En effet, l’histoire de Michael Curry est intéressante: ses parents étaient devenus épiscopaliens (anglicans) à une époque où cette Église était la seule qui ne pratiquait pas la ségrégation raciale.