Je me demande toujours pourquoi, surtout dans les grandes gares de Bruxelles, Flandre et Namur, il y a toujours des gens qui arrivent en retard, après que j’ai donné le départ. Les pires sont Bruxelles-Central, Anvers-Central et Louvain, où, pendant la zone grise, il y a toujours des gens qui veulent monter à bord, alors que le départ a été donné, et qu’ils risquent de se faire faucher les jambes, à l’instar de l’accident de Dinant.
Et je pense avoir trouvé la réponse à ma question: l’industrie horlogère! Les voyageurs pensent être à temps sur le quai, pour prendre leur train, mais à cause des mauvaises montres, ils ne sont pas à l’heure.
Lorsque j’ai commencé à rouler, je me suis rendu compte que la montre à cadran, que j’avais reçue en cadeau, bien que précise, avait deux grands défauts. 1. Il m’était quasi impossible de lire les minutes avec précision: «Est-il dix heures vingt-et-une, ou plutôt dix heures vingt-trois?» 2. Le cadran était immense, sans raison aucune.
Je me suis acheté une montre Casio, sans cadran, avec affichage alphanumérique. L’utilité est évidente. Étant donné que je dois fermer les portes du train assez à l’avance pour que dix secondes avant l’heure de départ je tourne l’IOT, la précision est importante. Cependant, cette montre accumule tous les jours un retard d’une seconde. Une seconde de retard par jour, c’est énorme. Cela veut dire que je devrais la remettre à l’heure tous les jours, ce qui est une énorme perte de temps.
Pire encore, au-delà de l’utilité, cette montre Casio se moque un peu de l’usager. Sur l’écran il y a plein de messages inutiles: «alarm chrono», «Lithium», «water resist», «50M». Ces indications auraient dû figurer uniquement sur l’emballage et dans la vitrine du magasin, mais absolument pas sur la montre elle-même. D’ailleurs, je n’ai jamais compris ce que «50M» ou «5OM» pourrait signifier. L’utilité d’un produit ne réside pas en l’auto-louange de celui-ci. En conclusion, une telle montre Casio, pour afficher l’heure avec la même taille de caractères, aurait pu être plus petite, et donc plus pratique. En revanche, une plus haute précision aurait rendu cette montre utile. J’aurais pu tolérer un retard d’une seconde par semaine.
À une époque où nos autres outils, comme les GSM, se mettent tous seuls à l’heure tous les jours grâce à internet, je trouve inacceptable que les montres – dont la seule utilité est d’indiquer le temps – ne se mettent pas à l’heure tous les jours toutes seules.
Nicolas vient de m’acheter une montre radio-pilotée. Toujours Casio, car les autres marques soit ne connaissent pas le concept, soit leurs montres radio-pilotées sont immenses.
Alors si vous arrivez encore trop tard à la gare, et que le départ a déjà été donné, blâmez le fabricant de votre montre, et non plus le chef (la cheffe) de train. Une montre ne devrait pas être un bijou. Si vous voulez des bijoux, faites-vous percer les oreilles. Appelons un chat un chat. Les industriels horlogers fabriquent des bijoux – au lieu de fabriquer de vraies montres – parce que nous nous y complaisons. Nous devrions arrêter d’acheter de tels objets. Si tout le monde achetait uniquement des montres alphanumériques radio-pilotées, les horlogers se remettraient en question.
La bible anglicane francophone dont je parle, c’est la Bible de Londres, de 1862. On peut la
Mais dans tous les cas, on voudrait comme “rendre présent” le défunt, ne fut-ce que pour l’occasion. Dans le temps il n’y avait pas de photos, donc il fallait être inventif. Pour ce faire, en Occident on a inventé le catafalque:
Mais les Byzantins ont eu une autre idée, qui est peut-être moins macabre: dans les Balkans ils font un gâteau de blé, orné de croix, pour symboliser le corps du défunt. Dans les Carpathes, on fait de gros cougnous, et l’on met aussi une bouteille de vin. Après la litanie (pendant laquelle il y a encensement du cougnou et de la bouteille) et la première prière d’absoute, on chante l’hymne des funérailles, et pendant le chant, les gens élèvent le cougnou et la bouteille de vin. 







L’une des choses qui m’horrifie le plus dans la plupart des églises de rite byzantin, c’est l’iconostase. Il s’agit d’un “mur d’icônes” qui sépare le sanctuaire d’avec la nef. Dans la pratique, c’est l’un des moteurs de la désacralisation de la vie chrétienne dans les pays concernés: les fidèles sont tenus, à cause de l’iconostase, tellement à l’écart des sacrements, que la plupart d’entre eux ne savent même pas que lors la Messe il y a du pain et du vin qui sont consacrés. L’iconostase est la cause directe de la disparition de la conscience ecclésiale et eucharistique! Une petite visite dans les pays de l’Est et dans les Balkans vous donnera à voir des gens qui communient une seule fois par an, en carême, et cela même en dehors de la Messe.
Je trouve qu’en Occident, nous avons trois alternatives historiques, pratiques et pastorales à cela:
2. Le banc de communion. Là où il y a un jubé, le banc de communion se trouve entre l’autel et le jubé, ce qui démontre que le rôle du jubé n’est pas d’éloigner les fidèles. Là où il n’y a pas de jubé, le banc de communion tient la place de celui-là. Comme dans l’image ci-contre (cathédrale du Groenland), le banc de communion n’empêche nullement les fidèles de regarder l’autel; d’ailleurs, l’autel est plus élevé, comme son étymologie l’indique.
3. Le retable. Avant le début de la Messe, on ouvre le retable, qui est une sorte de triptyque d’icônes. Le panneau central repose sur l’autel, alors que les deux panneaux latéraux y sont réunis par des charnières. Ainsi, pendant la Messe, tout le peuple – clergé et laïcs – sont orientés à la fois vers l’autel et vers les icônes. Le retable nous fait entrer dans le mystère de Dieu et de l’eschaton, sans obstruer la vue.
Car ces panneaux latéraux ont également deux icônes sur le verso. Il s’agit de l’Annonciation. Dans les églises byzantines aussi, c’est l’Annonciation qui est peinte sur les “portes royales”. Cela veut dire qu’en dehors de célébration eucharistique, nous voyons seulement la “couverture”, la scène de début, du livre de l’incarnation. Avec l’apparition de crucifix, bougeoirs géants et tabernacles immenses sur l’autel, on a du mal à fermer le retable après la Messe; du coup, malheureusement, dans la pratique, les retables restent ouverts tout le temps, et l’Annonciation n’est jamais visible.
Cela ne fait qu’amoindrir le caractère eschatologique de la Messe.
Joyeuses noces de lin, mon amour!
Dans cet article, je voudrais parler de l’ecclésiologie eucharistique. Comme je le dis souvent, c’est dans la liturgie qu’il faut chercher la doctrine de l’Église. Donc, si l’on veut savoir ce que l’Église croit à propos d’elle-même, on doit interroger la liturgie.
J’entends des voix qui s’élèvent dans le christianisme occidental pour demander l’instauration d’une « saison de la création », sous prétexte que le patriarche œcuménique de Constantinople ait fait la même chose pour son Église. Qu’en est-il ?
2. Il existe déjà en Occident une “saison de la création” : c’est le temps de la septuagésime. Autant dans les bréviaires romains anciens que dans le Book of Common Prayer de 1662, le dimanche de la Septuagésime on entame la lecture du livre de la Genèse. Plusieurs rites orientaux ont ça aussi, et le rite byzantin, avant de subir une monasticisation du carême, avait cela aussi. Donc, on n’a qu’à observer tant qu’on veut la saison de la septuagésime. Et le rite byzantin ferait bien de revenir à ses propres sources.
4. On ne peut pas avoir une “saison de l’environnement”, de la même façon que l’on ne peut pas avoir une fête du “sacré-cœur” de Jésus, ni de “fête de l’amour”. Les fêtes liturgiques sont toutes – et doivent être – des commémoraisons de quelque chose qui s’est passé dans le passé.
6. Une fête de l’environnement n’est qu’un prétexte pour se donner bonne conscience. Un peu comme quand quelqu’un met cinq euros dans une collecte de carême pour l’Afrique, pour ne plus rien faire d’autre le reste de l’année. J’ai déjà été présent à un week-end chrétien pour l’environnement, et à part les diaporamas et le blabla, ça n’avait rien à voir avec l’environnement : la nourriture servie était totalement anti-écologique, la gestion des déchets de l’événement aussi. Ce n’est pas une « saison de la création » qui va nous sauver du réchauffement climatique.
Une “saison de la création” dans le calendrier chrétien, c’est un doigt que l’on se fout dans l’œil. La toute première chose qu’un humain simple peut faire pour agir pour la préservation de l’environnement, c’est de devenir végétalien. Une “saison de la création” dans le calendrier chrétien, c’est de la grâce à bon marché. Pour citer Bonhœffer, «Dans cette Église le monde trouve, à bon marché, un voile pour couvrir ses péchés, péchés dont il ne se repent pas et dont, à plus forte raison, il ne désire pas se libérer. De ce fait, la grâce à bon marché est la négation de la Parole vivante de Dieu, la négation de l’incarnation de la Parole de Dieu. La grâce à bon marché, c’est la justification du péché et non point du pécheur. Puisque la grâce fait tout toute seule, tout n’a qu’à rester comme avant.»
« Que ton règne vienne. » L’Église est déjà, d’une certaine manière, l’avénement du royaume de Dieu. Mais c’est par le baptême que nous devenons membres de l’Église. Même si, de façon dynamique, c’est dans l’Eucharistie que l’Église se constitue, néanmoins, de manière statique, c’est par le baptême que l’Église se multiplie sur la terre. Le règne de Dieu se manifeste, pour la première fois, à chaque humain, lors de son baptême.
« Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien/essentiel. » Comme les Pères de l’Église l’ont vu et expliqué, il s’agit de l’Eucharistie.
« Remets-nous nos dettes », ou « pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » C’est dans le sacrement de la pénitence que nous recevons l’absolution. Avant de recevoir l’absolution, il nous est demandé d’avoir pardonné aux autres, et de ne pas être querellés avec les autres.
« Et ne nous soumets pas à la tentation. » C’est le sacrement de la chrismation/confirmation qui nous est conféré pour nous aider dans le combat spirituel. L’Esprit-Saint nous est donné de façon particulière dans la confirmation, et c’est lui « la force d’en haut ». Comme dit la séquence à l’Esprit-Saint : « Sans ton aide et ta bonté / De vrais biens l’homme est privé, / Et demeure en son péché. // […] Fais fléchir notre raideur, / Oh, réchauffe nos froideurs, / Et redresse les erreurs. »
« Mais délivre-nous du mal. » L’onction des malades non seulement remet au souffrant ses péchés véniels, mais elle le soulage dans tout mal, physique et spirituel, dans lequel il se trouve. Le mal peut être également la maladie, et dans de nombreux cas, c’est par le sacrement de l’onction des malades que Dieu a guéri les gens.