Père Nicolas.

Tout d’abord, je commence cet article en souhaitant une bonne fête à mon Nicolas. Car saint Nicolas a bel et bien existé; c’est l’un des évêques signataires du Ier concile de Nicée.

La “vie” de saint Nicolas, écrite plusieurs siècles après le “transfert” de ses reliques à Bari, raconte que le saint aurait donné des cadeaux à trois filles pauvres, pour les empêcher de se prostituer. De là l’habitude des adultes de donner des cadeaux aux enfants au nom de saint Nicolas. Sauf que la coutume n’est pas présente de la même façon dans la chrétienté. Chez les Catalans, c’est à l’Épiphanie qu’on donne les cadeaux aux enfants, de la part des rois mages. Dans l’Europe centrale et de l’est, c’est pendant le soir de Noël que les enfants reçoivent les cadeaux, de la part de Père Noël. Ce personnage fictif, qui se trouve malheureusement même dans l’icône de la Nativité en train de causer à saint Joseph, est considéré propriétaire de l’étable où est né Jésus, pendant que sa femme, Mère Noëlle, sert de sage-femme, et donne un bain à l’enfant Jésus.

Cependant, dans ce dernier cas, il me semble que c’est le folklore préchrétien qui a été assimilé dans le cadre chrétien. Par exemple, les Islandais ont les 13 lutons de Noël, dont le père est le troisième mari d’une trollesse, et même un chat-luton.

Ce fut d’abord Luther qui trouva qu’on ne devait pas parler d’un personnage mythique comme le Père Noël; donc il offrit des cadeaux à ses filles en cachette, pour leur demander ensuite: «Qu’est-ce qu’il t’a apporté, le Seigneur Christ?» Les régimes de type stalinien, prétendant supprimer la superstition, introduisirent le Père Gélard.

Quant aux saints historiques comme Nicolas de Myre en Lycie et les mages ayant trouvé le Christ, je trouve qu’il est malsain que de leur attribuer les cadeaux du temps de Noël, car une telle croyance usurpe la doctrine chrétienne. En tant que chrétiens, nous croyons que les saints – Nicolas et les mages y compris – sont décédés, séparés de leurs corps, et que leurs âmes attendent consciemment la résurrection finale; même si nous trouvons en eux des exemples précieux, et même si nous sommes unis à eux dans la communion des saints, néanmoins, nous n’avons pas le droit moral de leur attribuer des choses surnaturelles fausses. Et le Christ n’a rien à voir là-dedans non plus. Lorsque j’étais petit, il y avait ces personnages surnaturels: Dieu, que les villageois adoraient à l’église, et le Père Noël/Gélard, qui apportait des cadeaux aux enfants. Quand j’ai découvert que le Père Gélard était la femme de ménage de l’école, déguisée avec une fausse barbe, tout mon univers surnaturel s’est effondré. Nous devons transmettre la foi aux enfants via des bases cohérentes.

pas_de_pere_noelUne autre blogueuse cite la même raison que moi, et en donne quatre autres. Bravo! Et un signe au bord de la route en rajoute une. Encore bravo!

Lorsque nous aurons des enfants, nous leur offrirons sans doute des cadeaux, et les encouragerons de faire de même (un enfant qui offre tel jouet à un autre devient moins matérialiste). Nous leur apprendrons également les vies de quelques saints post-bibliques, bien sûr.

osterkerzenMais, diraient certains, on ne peut pas remplacer quelque chose par du vide. C’est vrai. Cependant, nous ferons ni l’erreur de Luther, ni celle des régimes staliniens. Avant l’avent, nous passerons du temps à tresser une couronne d’avent; avant Noël nous cuisinerons ensemble, se cela les intéresse; avant Pâques, nous peindrons des cierges pascaux. Ils seront, sans doute, davantage fiers de ce genre de bricolage, qui aura une utilité liturgique et/ou culinaire, plutôt que des mochetés que leur institutrice leur demande de faire.

Football?

Quel avenir pour nos écoles? Quant à l’avenir de l’école belge, je suis tout aussi pessimiste ou optimiste qu’à l’égard de l’avenir de l’Église. Ni plus, ni moins.

Le collège Saint-Servais, qui est l’une des deux écoles qui se trouvent dans notre rue affichent, depuis plus d’un an, en très grand format, un panneau stipulant: «FOOTBALL ÉTUDES de la 1e à la 6e».

Plutôt que de d’attirer les jeunes vers les langues, les sciences etc., cette école se fait de la pub selon les règles du marketing. Quelle est la demande? Le foot. Ben, on va leur offrir du foot, quitte à en faire des barakîs.

Malgré que l’ASBL Ose la science a son siége social dans la même école, l’école elle-même n’a pas l’air de s’en vanter. L’école se barakise. Saint-Servais se barakise.

 

football_ecole

football_ecole_2

Oreilles VS corps.

Souvent, dans les bibles modernes en langues vernaculaires, lorsque le Nouveau Testament cite l’Ancien, les citations sont inexactes. Cela est dû au fait que, la plupart du temps, ceux qui ont écrit le Nouveau Testament – c’est-à-dire l’Église primitive – utilisaient l’Ancien Testament dans sa version grecque des Septante (LXX), alors que les bibles modernes ont l’Ancien Testament traduit sur le texte massorétique.

L’une des erreurs que la Bible inclusive aura soin de corriger, ce sont ces citations. Lorsque l’assemblée entendra à l’office une première lecture (de l’AT), puis une seconde lecture citant la première, ce sera le même texte, étant donné qu’en grec (LXX et NT), il s’agit d’une seul et même texte.

Cependant, il y a quelques cas très curieux. Par exemple, l’histoire du psaume 39 (40) cité par l’épître aux Hébreux. La voici. Pour le peuple hébreu, lorsqu’un esclave était libéré, et que celui-ci ne voulait pas quitter son maître, le maître lui perçait l(es) oreille(s) : de ce fait, l’ex-esclave faisait partie de la famille de son ex-maître (Exode 21, Deutéronome 15).

De là, dans le psaume 39 (40), le psalmiste dit à Dieu : « ὠτία δὲ κατηρτίσω μοι » (« mais tu m’as fait des oreilles », leçon donnée en français également par la traduction de Pierre Giguet). C’est la leçon de la LXX que nous trouvons chez les pères de l’Église et dans le texte reçu, et elle correspond même avec le texte massorétique (« mais tu m’as percé les oreilles »). L’auteur de l’épître aux Hébreux, dans le chapitre 10, dit : « σῶμα δὲ κατηρτίσω μοι » (« mais tu m’as fait un corps »). La discordance entre “percer” et “faire” résulte d’une paronymie du texte hébreu (kanita/karita). Ici, l’opposition n’est pas entre le texte massorétique et la LXX, mais entre la LXX et l’auteur de l’épître aux Hébreux, qui a fait une traduction erronée sur le texte hébreu qu’il avait à sa disposition.

Que faire ? Récemment, certains ont essayé de corriger Hébreux sur le texte du psaume. Sauf que, dans ce cas, ils ont détruit l’argumentation de l’auteur de l’épître aux Hébreux (dont le but était de parler de l’incarnation dans ce passage). À l’autre extrême, comme je disais tantôt, la plupart des bibles modernes se contentent de la dissonance. Ainsi :

– Grande Bible anglaise : « mine ears hast thou opened » VS « a body hast thou ordained me »
– Bible du Roi Jacques : « mine ears hast thou opened » VS « a body hast thou prepared me »
– Bible Martin : « tu m’as percé les oreilles » VS « tu m’as approprié un corps »
– Bible Osterwald : « tu m’as percé les oreilles » VS « tu m’as formé un corps »
– Bible de Port-Royal : « vous m’avez donné des oreilles parfaites » VS « vous m’avez formé un corps »

Comment faire alors dans la Bible inclusive ?

Plutôt que de détruire l’argumentation de l’auteur de l’épître aux Hébreux, et plutôt que de donner deux leçons différentes en déshonorant l’auteur de l’épître aux Hébreux, je pense qu’il faudrait trouver une façon francophone de réconcilier les deux positions. Tout compte fait, l’auteur de l’épître aux Hébreux a dû faire face à une confusion. L’ambiguïté me semble la meilleure option.
Mais que mettre alors dans les deux passages ? Plusieurs idées me viennent en tête, mais aucune ne me semble tout à fait satisfaisante :

– « tu m’as creusé les membres »
– « tu m’as creusé la chair »
– « tu m’as creusé la conque » etc.

Hier soir, arrivés en gare de Hal, un voyageur, en descendant du train, est tombé entre le rail et le quai, sous le train. J’ai tout de suite fait trois choses simultanément: immobilisé le train, pris ma trousse de secours, fait l’annonce dans le train. On a tout de suite appelé les secours. Grâce à mon annonce, des voyageurs sont descendus du train pour donner un coup de main.

Il semble qu’il n’y pas eût de médecin dans le train; cependant, jusqu’à ce que l’ambulance arrivât, on a retiré le blessé d’entre le rail et le quai, cinq voyageuses ont pris les choses qu’il y avait dans la trousse de secours, et ont bandagé le voyageur. Quelques minutes plus tard, l’ambulance est arrivée.

Imaginez que le train ait roulé sans accompagnateur. Le conducteur n’aurait pas vu l’homme tombé. Il aurait fermé ses portes, et roulé sur le blessé.

taalwetenMa seconde réflexion est la suivante. La loi inique du 18 juillet 1966 m’a obligé à faire l’annonce exclusivement en néerlandais. Dieu merci, les voyageurs (et surtout voyageuses d’origine africaine) qui sont venus aider ont compris la langue d’Henri Conscience, alors que la très grande majorité des voyageurs était faite de Wallons. Si l’accident avait été plus tragique, un blessé aurait pu mourir à cause d’une loi stupide imposée par des politiciens fanatiques déconnectés de la réalité.

Beste landgenoot, stel bijvoorbeeld dat gij den trein neemt tussen Halle en Kortrijk; te Opzullik, zijn branden uitgebroken; de treinwachter heeft het alleen in het Frans aangekondigt, maar, dankzij den onrechtvaardigen taalwet, verstaat gij er niets van. Zou het niet beter zijn als wat de veiligheid betreft zou in beide talen aangekondigd zijn over gans het land?

Je viens de découvrir un site très intéressant, CivitasDei.eu, un site expert en liturgie. Bravo!

Rapport minoritaire?

Dans la commune de mes grands-parents, les femmes avaient l’habitude de copier (et traduire si nécessaire) des recettes de cuisine. Chaque ménagère avait ses cahiers de cuisine.

Supposons que, dans l’un de ces cahiers, peut-être le plus ancien du village, on ait trouvé cette phrase: «Prenez une boîte de margarine, trois poignées de farine, cinq tasses d’eau, de la cannelle, de la vanille, de la mélasse, de la poudre à lever et mélangez-les tous ensemble.» N’importe qui remarquerait que le pronom tous est au masculin, alors que tous les ingrédients sont au féminin. Logiquement, il faudrait qu’il y ait au moins un ingrédient masculin, pour que le groupe tout entier puisse être désigné au masculin. De même, les trois petits points suggèrent qu’effectivement il y manque quelque chose. Maintenant imaginez que dans tout le village, seuls 5 cahiers – dont celui réputé le plus ancien, dont la maîtresse serait décédée en 1950 – auraient cette anomalie, et que les 195 autres cahiers du village, compilés entre 1955 et 2015, auraient «un demi-kilo de sucre». Avec cet “ajout”, la phrase a du sens. Mais il y a mieux: certaines vieilles du dix-neuvième siècle, qui n’ont laissé aucun cahier culinaire, mais qui ont écrit des souvenirs de leur enfance, citent toutes cette recette avec “l’ajout” «un demi-kilo de sucre». Alors comment se fait-il que les cahiers minoritaires n’ont pas cet ajout? Ben, il est tout à fait possible que les cahiers majoritaires aient été copiés sur des cahiers encore plus anciens, du début du vingtième siècle, alors que le cahier de 1950 ait été copié sur un cahier corrompu.

Maintenant, imaginez-vous que des maisons d’édition publient un livre appelé «Recettes de cuisine de chez nous», et qu’ils basent cette recette-ci sur le cahier de 1950, sous prétexte que c’est le cahier le plus ancien. Imaginez-vous aussi qu’il y ait une dizaine d’autres recettes où dans la cahier de 1950 les doses de sucre soient plus basses, et que l’éditeur ait choisi, pour l’argument de l’ancienneté, le cahier de 1950, et qu’il se fout complètement du fait que sur beaucoup de pages ce cahier a d’autres lacunes, mais aussi du témoignage des femmes du dix-neuvième siècle. Ne trouveriez-vous pas cela troublant? Pensez-vous que l’éditeur aurait eu tort?

Cependant, c’est la méthodologie adoptée par toutes les éditions bibliques francophones modernes, qui, pour le Nouveau Testament, prennent les leçons corrompues des codices sinaïtique et vatican, considérés plus anciens, mais provenant de la même région (Haute-Égypte), mais en ignorant volontairement les leçons données par tous les autres codices, malgré que ceux-ci proviennent géographiquement du monde entier, et que toutes les citations bibliques des pères apostoliques et pères de l’Église sont conformes à ceux-ci. N’est-ce pas là une aberration?

Voici mon histoire personnelle avec deux des passages les plus importants:

I Timothée 3:16

Au séminaire, ce verset nous était présenté parmi les textes le plus forts en faveur de la divinité de Jésus Christ, et nous chantions (version ici) souvent ce verset comme antienne: «Il est grand, le mystère de la religion: Dieu s’est manifesté en chair, justifié en Esprit, a été vu des anges, prêché parmi les Gentils, cru dans le monde, s’est élevé dans la gloire.» Cette antienne se chante à la communion dans le rite byzantin, à certaines occasions, et avec le Magnificat ou avec le Benedictus le mercredi après l’Épiphanie dans certains usages occidentaux. Personnellement, j’y ai vu non seulement une preuve de la divinité du Christ, mais un texte trinitaire par excellence. Car c’est Dieu de Fils qui s’est manifesté en chair et élevé dans la gloire, mais plusieurs autres choses de ce verset font référence au Saint-Esprit et au Père.

Tout cela, jusqu’à ce que je tombe sur ce passage dans la BJ: «Oui, c’est incontestablement un grand mystère que celui de la piété : Il a été manifesté dans la chair, justifié dans l’Esprit, vu des anges, proclamé chez les païens, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.» Le mot «Dieu» n’y est pas, mais il est remplacé par «il». Mais la note en bas de page nous rassure, en expliquant que le «il» se réfère à Dieu, car masculin, et non à «mystère» qui est un neutre.

À partir de ce moment, je croyais que dans notre antienne, «Dieu» fût une apposition absente du grec original, mais tout à fait justifié, étant donné que la plupart des langues modernes ne font pas de différence entre le neutre et le masculin, et que le lecteur devait être empêché de croire que «il» se réfère au «mystère». Mon Nouveau Testament bilingue, qui se trouve sur ma table de nuit, et dont je lis tous les soir avant de m’endormir, semblait confirmer ma supposition:

1_timothee_3_16

Comme vous voyez, le texte grec (mais basé sur le codex sinaïtique, chose que j’ignorais) parle du Dieu vivant au verset 15, qui est au masculin. Puis in début du verset 16 on a mystêrion au neutre, et enfin le pronom relatif hòs au masculin. Mais cela me satisfaisait déjà. Je me disais, cependant, qu’il fallait trouver en français une autre traduction, qui tînt compte de la phraséologie grecque; ainsi, le mot neutre mystêrion serait traduit par un féminin, et le tout donnerait quelque chose du genre: «… colonne et fondement de la vérité, l’Église du Dieu vivant (elle est grande, la mystérieusité de la foi): celui-ci s’est manifesté en chair…»

En réalité, je cherchais midi à quatorze heures!

J’ai par la suite appris que la plupart des manuscrits, pour dire «Dieu», n’écrivent pas θεός en toutes lettres, mais en abrégé ΘϚ, avec une barre au-dessus. La très pesante majorité des manuscrits ont bel et bien ΘϚ surligné ou θεός en cet endroit, alors qu’il n’y a que très peu qui ont ΟϚ.

Alors, il reste deux possibilités: soit l’original avait ΟϚ, et des scribes ont ajouté deux barres (une au-dessus, plus une au milieu du O, pour en faire un Θ); soit les deux barres ont disparu avec le temps. Je pense que la réponse se trouve dans le codex alexandrin: des témoins anciens (Adam Clarke, Charles-Godfrey Woide en 1737, John Berriman en 1741) attestent que le codex alexandrin avait les deux barres dans le passage en question, à leur époque. John Berriman a même écrit un livre, Θεὸς ἐφανερώθη ἐν σαρκὶ. Or, a Critical Dissertation upon I Tim. iii. 16, dans lequel il prédisait qu’avec le temps les deux barres disparaîtraient. Ce qui est le plus révoltant, c’est que, de nos jours, des traducteurs modernes citent le codex alexandrin en faveur de la leçon ΟϚ, alors même qu’on a la preuve du contraire.

Et puis, non seulement la liturgie – quels que soient les rites – mais aussi les Pères de l’Église citent I Timothée 3:16 avec la leçon θεός.

Et malgré cela, toutes les traductions modernes omettent la référence trinitaire de ce passage! La seule “preuve” en faveur de la leçon ΟϚ est la Vulgate latine de saint Jérôme, qui met tout le reste au neutre, pour dire que c’est «le sacrement de la foi» qui «s’est manifesté en chair». Ce n’est pas la première fois qu’une bêtise de la Vulgate est prise pour argent comptant!

I Jean 5:7

Au séminaire, on nous citait I Jean 5:7-8 comme preuve de la Trinité: «Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un.  Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre: l’Esprit, l’eau, et le sang, et ces trois-là sont un.» Puis, dans ma BJ, j’ai trouvé le texte suivant: «Il y en a ainsi trois à témoigner : l’Esprit, l’eau, le sang, et ces trois tendent au même but.» Mon prof de NT me dit qu’aucun manuscrit grec n’avait la leçon trinitaire, et que cela provenait d’une note marginale de la Vulgate. Il finit par me dire que, si la leçon trinitaire dans ce verset avaient été authentique, les Pères de l’Église l’aurait citée, alors que, d’après mon prof, les Pères ne citent pas ce verset.

Une fois que j’ai découvert la fraude moderniste sur I Timothée 3:16, j’ai remis en question ce que je savais sur I Jean 5:7. D’ailleurs, mon NT de chevet avait la leçon trinitaire entre parenthèses en grec, ce qui démontre que ce texte-là ne vient pas du néant:

1_jean_5_7

Mais ce qui est le plus flagrant dans le texte grec, c’est que, si l’on omet la “parenthèse”, le texte est grammaticalement incorrect. Car l’article/pronom relatif hoi est un masculin pluriel, qui doit être utilisé si dans le groupe il y a au moins un élément masculin. (Comme en français, s’il y a un mec et nonante-neuf femmes dans un groupe, on dira quand même «ils» et non «elles».) Puis, étant donné que hoi a été utilisé une première fois pour le premier groupe, il est grammaticalement correct de l’utiliser pour le groupe suivant. Cependant, si l’on omet la “parenthèse”, les trois éléments qui restent, à savoir l’esprit (tò pneũma), l’eau (tò hýdôr) et le sang (tò haĩma) sont tous les trois au neutre. Dans ce cas l’auteur aurait dû utiliser non pas hoi, et hoi treĩs, mais plutôt et tà tría.

Donc le texte éclopé démontre par sa forme même qu’il est éclopé.

Il n’y a que six codices grecs qui ont la “parenthèse”. Cependant, le codex vatican contient ces trois petits points. De même, les Pères apostoliques et les Pères de l’Église, ainsi que toute l’hymnologie du rite byzantin, rendent témoignage de l’intégralité du passage avec la leçon trinitaire.

Cependant, le reste du chapitre est différent d’un manuscrit à l’autre (exemples ici).

Pour moi, l’erreur grammaticale du texte sans la “parenthèse” est une preuve suffisante et irréfutable de fait que le texte a été éclopé, et que la “parenthèse” fait partie de l’original. Mais alors, si la leçon trinitaire fait partie du texte d’origine, comment se fait-il que la plupart des manuscrits ne l’ont pas?

Méthode des hérétiques

heresie_jehovahIl suffit de taper un œil sur le site des soi-disant “témoins” de Jéhovah pour contempler la méthodologie des hérétiques: ils modifient sans vergogne un texte qui les gêne. Il n’est pas étonnant que tout le chapitre 5 de la première épître de saint Jean ait été chamboulé dans certains manuscrits, car dérangeant. Tout comme la succession apostolique que nous avons aujourd’hui est passée par des évêques ariens, de même, les manuscrits qui omettent la leçon trinitaire doivent dépendre du passage par l’époque arienne. À une certaine époque, les catholiques étaient très minoritaires, et les Ariens se trouvaient partout.

La Liturgie

Pour conclure, je réaffirme ceci: le juge suprême en matière d’Écritures saintes réside dans la liturgie. Si on a dans nos bibles autant de livres, avec autant de chapitres chacun, tout n’est qu’une question de réception des écritures par l’Église dans la liturgie. La Bible est un document de l’Église pour l’Église. Et comme l’Église se produit lors de l’Eucharistie, c’est l’endroit de prédilection de la réception des Écritures. I Timothée 3:16 trinitaire et I Jean 5:7 trinitaire font partie du bagage des Écritures reçues et transmises. Tout comme l’Église n’a ni reçu ni transmis l’évangile apocryphe selon Thomas, de même, l’Église n’a ni reçu ni transmis les codices sinaïtique et vatican.

Si la plupart des Églises, dès le début, utilisaient des traductions du Nouveau Testament, néanmoins, ce sont les Églises grecques de rite byzantin qui ont transmis, depuis les apôtres et jusqu’à nos jours, le Nouveau Testament en langue d’origine, grecque. Voilà pourquoi seuls les codices de la famille byzantine constituent le dépôt du texte reçu.

Lorsque l’on a publié de nouveaux Nouveaux Testaments grecs, basés sur les codices vatican et sinaïtique, on a proposé au monde un texte non-reçu, non-transmis. Voilà pourquoi toute traduction en d’autres langues devrait se faire à partir du Nouveau Testament de type byzantin.

Montres.

zone griseJe me demande toujours pourquoi, surtout dans les grandes gares de Bruxelles, Flandre et Namur, il y a toujours des gens qui arrivent en retard, après que j’ai donné le départ. Les pires sont Bruxelles-Central, Anvers-Central et Louvain, où, pendant la zone grise, il y a toujours des gens qui veulent monter à bord, alors que le départ a été donné, et qu’ils risquent de se faire faucher les jambes, à l’instar de l’accident de Dinant.

Et je pense avoir trouvé la réponse à ma question: l’industrie horlogère! Les voyageurs pensent être à temps sur le quai, pour prendre leur train, mais à cause des mauvaises montres, ils ne sont pas à l’heure.

Lorsque j’ai commencé à rouler, je me suis rendu compte que la montre à cadran, que j’avais reçue en cadeau, bien que précise, avait deux grands défauts. 1. Il m’était quasi impossible de lire les minutes avec précision: «Est-il dix heures vingt-et-une, ou plutôt dix heures vingt-trois?» 2. Le cadran était immense, sans raison aucune.

casioJe me suis acheté une montre Casio, sans cadran, avec affichage alphanumérique. L’utilité est évidente. Étant donné que je dois fermer les portes du train assez à l’avance pour que dix secondes avant l’heure de départ je tourne l’IOT, la précision est importante. Cependant, cette montre accumule tous les jours un retard d’une seconde. Une seconde de retard par jour, c’est énorme. Cela veut dire que je devrais la remettre à l’heure tous les jours, ce qui est une énorme perte de temps.

Pire encore, au-delà de l’utilité, cette montre Casio se moque un peu de l’usager. Sur l’écran il y a plein de messages inutiles: «alarm chrono», «Lithium», «water resist», «50M». Ces indications auraient dû figurer uniquement sur l’emballage et dans la vitrine du magasin, mais absolument pas sur la montre elle-même. D’ailleurs, je n’ai jamais compris ce que «50M» ou «5OM» pourrait signifier. L’utilité d’un produit ne réside pas en l’auto-louange de celui-ci. En conclusion, une telle montre Casio, pour afficher l’heure avec la même taille de caractères, aurait pu être plus petite, et donc plus pratique. En revanche, une plus haute précision aurait rendu cette montre utile. J’aurais pu tolérer un retard d’une seconde par semaine.

À une époque où nos autres outils, comme les GSM, se mettent tous seuls à l’heure tous les jours grâce à internet, je trouve inacceptable que les montres – dont la seule utilité est d’indiquer le temps – ne se mettent pas à l’heure tous les jours toutes seules.

Nicolas vient de m’acheter une montre radio-pilotée. Toujours Casio, car les autres marques soit ne connaissent pas le concept, soit leurs montres radio-pilotées sont immenses.

Alors si vous arrivez encore trop tard à la gare, et que le départ a déjà été donné, blâmez le fabricant de votre montre, et non plus le chef (la cheffe) de train. Une montre ne devrait pas être un bijou. Si vous voulez des bijoux, faites-vous percer les oreilles. Appelons un chat un chat. Les industriels horlogers fabriquent des bijoux – au lieu de fabriquer de vraies montres – parce que nous nous y complaisons. Nous devrions arrêter d’acheter de tels objets. Si tout le monde achetait uniquement des montres alphanumériques radio-pilotées, les horlogers se remettraient en question.

Bible anglicane en français.

On parle souvent de bibles “catholiques” et “protestantes” en français. On connaît très bien la bible anglicane dite «du roi Jacques» (King James) ou «autorisée», de 1611. Mais peu de gens se demandent quelle version utilisent les anglicans francophones.

À vrai dire, les anglicans francophones de nos jours vivent dans beaucoup de pays très éloignés de l’Angleterre, et utilisent des bibles, “catholiques” et/ou “protestantes”, selon les cas.

Cependant, il existe une bible francophone éminemment anglicane, et il ne s’agit nullement de la soi-disant “King James française”, qui n’est qu’une traduction, par une seule personne, depuis l’anglais vers le français. Non.

bible_de_londresLa bible anglicane francophone dont je parle, c’est la Bible de Londres, de 1862. On peut la télécharger ici.

Les traducteurs – anglais et alsaciens – ont réussi à produire un texte qui semble être une révision des versions protestantes de David Martin et Frédéric Osterwald, mais en parfait accord avec la Bible anglophone du roi Jacques. Voici ses points positifs:

  • Pour le Nouveau Testament, elle utilise – à l’instar de la bible du roi Jacques – comme source le texte reçu. Ainsi, c’est un vrai plaisir d’y retrouver les leçons orthodoxes «Dieu a été manifesté en chair» (I Timothée 3:16), la clause johannique de I Jean 5:7 etc.
  • Le tétragramme est rendu ainsi: «Le SEIGNEUR», comme en grec et comme dans la plupart des langues, contrairement aux bibles protestantes (qui ont «l’Éternel») et contrairement à la BJ (qui a «Yahvé»).
  • À l’instar de la bible de roi Jacques, et à un degré beaucoup plus élevé que les bibles dites “catholiques”, la Bible de Londres contient «évêque», «diacre» et quasi toute la terminologie théologique catholique.

Par contre, elle a quelques points négatifs:

  • Les livres deutéro-canoniques n’y sont pas, à cause du financement protestant de l’édition. Le lectionnaire du Book of Common Prayer, par contre, exige la lecture des livres deutéro-canoniques juste avant le temps de l’Avent, ce qui a rendu la Bible de Londres inutilisable voire indésirable dans les églises.
  • L’Ancien Testament est traduit sur le texte massorétique, non pas sur la Septante.

Malgré ses inconvénients, je recommande vivement cette version. J’ai eu le plaisir de comparer, verset par verset, l’Évangile selon Jean, le livre d’Isaïe, et les psaumes, dans cette version de Londres, avec les versions Martin, Osterwald, et Port-Royal. Ma conclusion est qu’elle a davantage en commun avec Port-Royal qu’avec les deux autres.

Et puis, le Book of Common Prayer anglican francophone, publié à Londres sous le nom «Le Livre des prières publiques», tire tous ces textes scripturaires de la bible de Londres.

Défunts.

Je vois quelque chose d’intéressant, en Occident et dans le monde byzantin, à propos des défunts. En Orient et en Occident, on célèbre encore des Messes commémoratives pour les défunts après l’enterrement, avec, à la fin, une absoute. Les Grecs appellent cette absoute «parastase»; dans les Carpathes il y a une forme plus courte, que l’on appelle paus.

catafalqueMais dans tous les cas, on voudrait comme “rendre présent” le défunt, ne fut-ce que pour l’occasion. Dans le temps il n’y avait pas de photos, donc il fallait être inventif. Pour ce faire, en Occident on a inventé le catafalque:

Ça imite bien le cercueil, sans en être un.

 

pausMais les Byzantins ont eu une autre idée, qui est peut-être moins macabre: dans les Balkans ils font un gâteau de blé, orné de croix, pour symboliser le corps du défunt. Dans les Carpathes, on fait de gros cougnous, et l’on met aussi une bouteille de vin. Après la litanie (pendant laquelle il y a encensement du cougnou et de la bouteille) et la première prière d’absoute, on chante l’hymne des funérailles, et pendant le chant, les gens élèvent le cougnou et la bouteille de vin. Démonstration ici.

Automotrice 843.

Les automotrices quadruples de la série 800 sont en cours de modernisation. Pour l’instant, seule la 843 roule. Dans cet article, je voudrais vous la présenter.

am843

L’accouplement se fait comme avant la modernisation, avec un attelage Henricot. La 843 ne peut être accouplée qu’avec deux city rails.

am843_b

Les portes d’accès sont maintenant munies d’un signal sonore et de bords sensibles. Le contacteur est au même endroit, mais modernisé.

am843_b

Le PC n’a, apparemment, pas beaucoup changé. L’accès au PC1 a l’air plus koel.

am843_pc am843_d
Il y a des toilettes classiques, très propres, et une toilette PMR. Malheureusement, il y a un réservoir de rétention, donc il faut passer souvent avec le crotte-avale.

am843_wc am843_wc_pmr
Les siéges sont confortables, comme dans les breaks, et il y a 8 prises à 220V dans chaque voiture. Les tablettes ne manquent pas non plus.

am843_e am843_f am843_g
Il y a aussi des compartiments pour les PMR et les vélos.

am843_h am843_i

Le SIV est le même que dans les breaks. De même, plusieurs postes d’interphonie. Le local des accompagnateurs de train est modernisé aussi, à l’image des breaks.

am843_m am843_k am840_n