Évêque de Copenhague à la marche des fiertés.

copenhague_marche_fiertesGrâce à notre ami Mark L, je viens de découvrir que Mgr Peter Skov-Jakobsen, évêque de Copenhague, accompagné de deux de ses prêtres, a participé à la marche des fiertés de Copenhague.

Détails ici.

Nos évêques feraient bien de suivre son exemple.

Pride 2014.

Hier à eu la pride à Bruxelles. Nous n’avons pas été à la parade.

J’apprends qu’il y avait cinq Africains gais qui ont demandé asile politique dans notre pays. Trois d’entre eux ont été arrêtés avant-hier, et expulsés hier. Dans quel pays vit-on?

Le thème de cette année-ci a été «les familles arc-en-ciel».

Beaucoup pensent que ça, c’est une invention moderne ou post-moderne.

En réalité, contrairement à la caricature de sainte famille qu’on nous a présentée à partir des temps modernes, la première famille arc-en-ciel de l’histoire chrétienne a été la famille dans laquelle Jésus a grandi. L’opposition entre, d’une part, la théorie romaine et orientale (de la virginité perpétuelle de Marie), et, d’autre part, la théorie néo-protestante (qui prétend que les frères et sœurs de Jésus seraient des enfants de Marie) réside en une image erronée du concept de famille, des deux côtés. Autrement dit, les deux camps ont exclu le concept de famille recomposée, parce que ça ne correspondait à leur agenda (commune) concernant ce que devrait être la famille chrétienne.

Qu’est-ce, donc, la sainte famille? Une famille recomposée, à partir du vieillard Joseph le veuf et ses enfants, de l’adolescente Marie ayant un nouveau-né par parthénogenèse, et de la convivence de ceux-ci.

Fiertés 2013.

Le thème de la marche de cette année-ci, c’est Familles arc-en-ciel.

Malheureusement, le temps est moche; mais cela ne nous empêchera pas d’y aller, malgré tout.

Je crois qu’il est impératif, plus que jamais auparavant, de mettre nos familles à égalité avec les autres.

Je pense à une affirmation de Sven-Erik Brodd: I kraft av kärleken får äktenskapet en sakramental karaktär. «La puissance de l’amour donne au mariage un caractère sacramentel.»

Pourquoi? Parce que, même 10 ans après la loi sur le mariage, certains continuent à le dénigrer.

 


Aeyir, c’ esteut li gay pride a Brussele. Nozôtes, ons î a stî eto, comme di djusse.

Totafwait a-st ataké avou l’ ofice al gléxhe del Boune Aidance. Ça n’ nos a nén ahåyî. C’ esteut todi l’ minme rime-rame ki les anêyes di dvant, mins nén come gn a cénk ans, metans. Divins l’ timp, on djheut ki l’ priyesse ére li djin k’ est metowe d’ assene po rpaxhî les « mezåjhes spirituwels » del masse. Asteure, i m’ shonne ki c’ est todi l’ minme, mins ene miete ôtmint: asteure vos avoz ene soce (ou ene soce di djins) k’ ont prins l’ plaece do curé, et s’ mete d’ astampé por zels ripaxhî les mezåjhes spirituwels del masse. Mins l’ masse, c’ est todi l’ masse, ki n’ a k’ a schoûter et rhagnî so s’ tchike.

Gn a-st avou cisse soce la (ki nos aveut espaitchî al dilongue di l’ anêye) k’ a totafwait metou so pits. Pont d’ messe, vozôtes! Vêyanmint k’ ça displait ås « noerès creujhes », sapinse zelzôtes! Ça m’ shonne måhonteus (oyi, « måhonteus, c’ est li droet mot po l’ dire!) ki, d’ on costé, les LGBT fouxhnuxhe tapés evoye ezès pårotches å lzî disfindant d’ comunyî. Gn a waire di timp, on ôte cas. Mins nou dandjî d’ aler disk’ e l’ Amerike; minme a Sint-Serwai, e li gléxhe do Sacrekeur, les LGBT on lzî disfind d’ comunyî. Et co des priyesses afrikins d’ Nameur…

Li pus måhonteus, c’ est ki, minme po l’ gay pride, on s’ disfind d’ awè l’ sinte comunion. Les swè-dijhant avanceus k’ ont apresté l’ ofice sont, po dire li vraiy, tot si wårdiveus ki les ceas k’ i s’ dijhnut disconte. Et al plaece, cwè ç’ k’ ons a metou? Des muroes! Gn a des djins k’ ont passé padvant nozôtes avou des muroes, por nozôtes si rloukî et s’ permurer. Come si ç’ ni sereut nén assez tot ç’ k’ ons amete ås gaiys d’ esse des narcissikes, on nos dene co des muroes. Måhonteus!

Si gn a deus ou troes djins ki n’ volnut nén comunyî, k’ i n’ vegnrént nén. Mins did la a cdåner tos les crustins et totes les crustinnes a n’ nén comunyî, djusse po fé plaijhî a deus malahessîs…

Gn a-st avou, cwand minme, ene sacwè d’ bén: on curé del Eglijhe Walone di Misterdame a stî la et pretchî. Et s’ pretchmint a stî bén fwait.

Po l’ restant, nos avans roté avå les voyes, avou les ôtes. Mins nén bråmint. La k’ dj’ esteu fén nåjhî.

Quand j’ai appris l’assassinat d’Ihsane Jarfi en lisant Le Soir, je me suis fait les réflexions suivantes.

Tout d’abord, les assassins l’attendent devant le bar gai, le font monter dans la voiture, donc ils se prennent pour des gais. C’est le scénario classique de ceux qui « cassent du pédé ».

Ensuite, il a fallu que le 4ème assassin reconnaisse les faits. Autrement, le meurtre n’aurait jamais été reconnu comme homophobe, malgré l’évidence. Combien d’ LGBT ont été tués, insultés, discriminés, sans que la circonstance d’homophobie soit retenue?

Il est triste qu’il faille toujours avoir des martyrs, pour que les causes avancent. Si Matthiew Shepard n’avait pas été assassiné, les lois contre l’homophobie n’auraient jamais progressé aux États-Unis.

L’impacte sur la communauté musulmane sera double. D’une part, ça les fera réfléchir. Ils auront davantage de compassion pour les gais de leurs familles. Mais ça ne veut pas nécessairement dire qu’ils seront davantage tolérants dans les faits; au contraire, certains pourraient réagir d’une manière encore plus dure: « Si tu n’épouses pas une femme, il t’arrivera comme à Ihsane! »

Mais j’espère que, malgré tout et contre tout, des jeunes LGBT musulmans sortiront maintenant plus facilement du placard. D’autant plus que ces événements se passent à la veille des Fiertés Namuroises et, surtout, de la Gay Pride belge. Malgré qu’on a cassé du pédé à Stonewall, ça a fait tout éclater en faveur des droits des LGBT.

Les quatre assassins: Mutlu Kızılaslan, Jonathan Lekeu, Jérémy Wintgens et Éric Carpentier et leurs avocats nient le caractère homophobe du crime. Pour l’instant, ils sont incarcérés uniquement pour « violence, séquestration et coups et blessures volontaires », alors qu’il y a eu mort d’homme, et alors qu’ils se sont passés pour des gais quand ils l’ont pris dans la voiture! Quels cœur doivent avoir ces avocats? Si leurs propres enfants avaient été tués de la sorte, défendraient-ils encore des assassins?

Heureusement que le pays s’émeut, et les politiciens avec.

Ce mois-ci j’avais déjà demandé congé un week-end, donc je ne pouvais pas en demander un deuxième. Du coup, pour la gay pride, on comptait faire ainsi: aller au travail la nuit de vendredi à samedi, puis à la célébration religieuse samedi matin, puis rentrer à la maison pour dormir. Finalement, à cause de la grève, je n’ai même pas su aller travailler vendredi soir. Du coup, nous sommes allés samedi matin à Bruxelles pour la célébration religieuse, et après la célébration nous sommes rentrés à la maison. Autrement dit, notre participation cette année-ci s’est résumée à la célébration et nous n’avons pas été au cortège.

Le plaisir de la célébration, c’était d’avoir rencontré des amis et des connaissances. Mais quant à la célébration, ça m’a de nouveau laissé un goût pas très frais. Il n’y a pas eu d’eucharistie. Ensuite, les prêtres ne portaient même pas d’étole. (Genre: on n’est pas là officiellement.) Déroulement chaotique, juste par plaisir pour faire « plus protestant ». À la fin, beaucoup de bla bla autour de la pompe électrique qui agitait les fonts baptismaux. Le point positif: des chants bilingues.

Pour l’année prochaine, les participants sont invités à la préparation. Du coup, on y sera.