Client espion.

Qui n’a pas ris, en regardant Louis de Funès jouer le client espion?

Malheureusement, ce genre de personnage existe dans la vie réelle. «Mais pourquoi pas?», diraient certains; «après tout, le client espion agit pour le bien de tous les clients.»

En réalité, le client espion n’a pas les mêmes observations que les autres clients; le client espion ne poursuit que ce que demandent de lui ceux qui l’ont embauché.

Prenons un exemple. Supposons une pizzeria. Le client réel s’en fout complètement de l’ordre du couteau et de la fourchette, de la couleur de la serviette en papier. Lui, il veut que sa pizza soit vite prête, qu’elle soit délicieuse et pas chère. Au contraire, le faux client suivra les règles des patrons; il sera moins attentif aux qualités recherchées par le client, mais il sera exigeant quant aux petits détails insignifiants: serviette, position des couverts.

Pire encore, si la pizzeria appartient à une chaîne étrangère d’un peuple barbare, le client espion demandera des sanctions contre les serveurs, parce que ceux-ci n’ont pas été impolis comme le peuple barbare. Car si à la maison-mère on s’adresse en général aux clients en disant: «Hi, Jane! My name is Jacky, and I’ll be your support. Please try our Pizza Salami delicacy!», ce genre de remarque n’est pas adaptée chez nous. Pire, ce serait mal vu de dire à une dame: «Salut, Jeanne! Je suis Jaques, à ton service. Essaie, s’il te plaît, notre pizza salami!» Non. Chez nous, on est poli. On dit «Madame», on vouvoie, et on permet aux clients de choisir. On ne les prie par de prendre ce dont on veut se débarrasser. Tout au plus, si le client de sait pas choisir, on peut lui faire une suggestion. Chez nous, on est poli. Mais le client espion n’appréciera pas la politesse typique de chez nous; il la considérera comme un manque de soumission aux règles de la chaîne.

Donc voilà pourquoi le client espion ne peut être quelqu’un de bien ailleurs que dans les films.

Le pire, c’est quand la chaîne n’a pas assez de sous pour acheter de nouvelles assiettes à la place des abîmées, mais elle a des sous assez que pour payer un faux client. Un espion.

Pendant la crise après la seconde guerre, on a accusé les femmes. Et l’on a organisé des cours de ménage pour les femmes. Ça n’a pas remédié. Les femmes étaient juste des boucs-émissaires. Aujourd’hui, on tape sur les ouvrier, les employés et d’autres travailleurs: d’autres boucs-émissaires.

Il y a un certain temps, Nicolas et moi avons logé dans un établissement qui m’a vite donné un portrait de ses propriétaires. En y réfléchissant, je me suis rendu compte qu’il y en avait beaucoup comme eux. Il y a des hôteliers qui croient que leur établissement est l’endroit de destination de ceux qui y logent. Ils ne se rendent pas compte de ce que les gens voyagent pour de vrais objectifs, et que l’hôtel n’est autre chose que l’endroit où ils comptent tout simplement dormir.

Bien entendu, les gens viennent pour dormir (et aussi manger, utiliser internet…). Non pas comme but de leur voyage (puisqu’ils ont leurs propres maisons pour dormir, surfer et manger chez eux), mais pour faciliter leur voyage. L’hôtel n’est donc qu’un accessoire. Or, lorsque l’hôtelier croit être le but et l’objectif touristique, on est devant une grande méconnaissance du marché et de notre « industrie ».

* * *

Pendant la crise d’après la seconde guerre, les politiciens croyaient avoir trouvé le source de la crise: les femmes! S’il y avait une crise, c’était sans doute, d’après eux, à cause de l’incompétence des femmes. Par conséquent, on a dispensé, à tort et à travers, des cours de ménage aux jeunes femmes. Autrement dit, on s’est trouvé un bouc émissaire, qui a fait oublier les vrais problèmes.

Aujourd’hui, dans pas mal de pays, on pointe du doigt les LGBT, en les accusant de tous les maux du monde. Il faut bien un bouc émissaire, qui détourne l’attention.

Et souvent, dans les hôtels, c’est pareille. Le client n’est-il pas content? Est-ce qu’il part en râlant? Eh bien, c’est sans doute parce que le réceptionniste avait la cravate mal mise, ou parce que la réceptionniste était mal coifée Bien sûr Ce n’est surtout pas parce que le lit était défectueux, le chauffage en panne, le WC bouché et internet qui ne marchait pas Non. Ça, ce sont des futilités Par contre, si le personnel n’a pas fait un sourire forcé et n’a pas dit au client « Parlez, Maître; votre serviteur écoute! », alors il n’y a pas eu de haute qualité

Je viens d’apprendre ceci: un homme et une femme, propriétaires de cet hôtel, au nom de leur foi chrétienne, ont discriminé tous les couples gais et les couples straights non-mariés. Après des mois de procès, la loi oblige les hôteliers à payer des dommages-intérêts aux discriminés. Mais eux, ils insistent dans leur folie.

Détails ici.

Après une longue pause sur la toile, due aux vacances et à l’été, je vous fais un résumé de nos vacances.

Avant les vacances, il y a eu un gros changement au boulot: ma cheffe R. est partie, et elle a été remplacée par F.

Puis, il y a eu l’anniversaire de 65 ans de Maman. Nicolas lui a préparé cette délicieuse princesstårta.

Avant de partir effectivement, nous avons fêté la fête nationale à Namur, avec Maman. Quoi faire par temps de drache nationale? Nous avons pris le bateau Meuse-Ardennes jusqu’à Wépion et retour.

Si vous êtes sur Namur, ne prenez surtout pas les taxis Burnoville! Ils n’arrivent pas à temps et vous font perdre votre train! En effet, la toute première fois qu’on a eu besoin d’eux, ils n’ont pas voulu venir; la deuxième fois ils nous ont surtaxés; et au début de nos vacances on n’a pas eu le train! Si vous êtes sur Namur et vous devez prendre un taxi, prenez plutôt les Économic’s (081-47.01.50). Ils sont pas chers et sympas.

Nous avons commencé nos vacances à la Panne. En train jusqu’à la gare d’Adinkerque, et de là à pied jusqu’à la plage de la Panne! Il a été très difficile de trouver un restaurant qui nous donne du végétalien, mais finalement une pizzéria a fait l’affaire. Nous avons longé à l’hôtel Mon Bijou. D’ailleurs, nous avons trouvé la Panne très francophone.

De là, nous sommes partis en tram vers Ostende. En effet, pendant toute la semaine, nous nous sommes déplacés en tram sur la côte. Il s’agit, si je ne me trompe pas, de la ligne de tram la plus longue de l’Europe.

Il n’a plus qu’un seul jour, précisément un samedi, et alors nous avons rendu visite à un ami à Bruges.

Nous nous sommes baignés un peu partout, et tous les jours (excepté ce samedi-là), notamment à la Panne, Mariakerque, Ostende, Bredene, Zeebruges, ainsi qu’aux thermes de Stene. On peut dire que le temps nous été très favorable, en dépit de nos craintes météo.

Pour la petite histoire, à 18h, les maîtres-nageurs et -nageuses quittaient la plage, en sonnant du cor, et parfois ils demandaient aux gens de sortir de l’eau, après quoi ils et elles mettaient le drapeau rouge signifiant « baignade interdite ». Nicolas me demande: « Est-ce qu’il n’y a pas une plage de nuit? ». Je lui réponds: « Si, si; je suis sûr d’avoir vu à Bredene un panneau disant nachtstrand. » Lorsque nous nous y sommes rendus, c’était plutôt naaktstrand. Donc, voilà, une petite erreur de paronymie change tout!

Nous avons visité, entre autres, l’église de Knocke. Quoi dire? Ils ont de l’iconographie néo-flamande. Entendez bien: le style des Primitifs Flamands, repris à la fin du vingtième siècle. Et un baptistère post-moderne, qui fait faux-ancien.

Au niveau des restaurants, nous avons pu bien manger végétalien dans 4 endroits:

1. Le restaurant Jin Yan Lou à Zeebruges;

2. Le restaurant chinois de Nieuport de la rue Cardijn;

3. Le restaurant Everest à Ostende;

4. Le restaurant chinois devant la gare d’Ostende.

Les soirs nous avons pris le plaisir de regarder des couchers de soleil depuis les jetées et les phares.

 

Nous avons profité de notre séjour à la côte belge, pour aller dire un petit bonjour à la Flandre française. Toutefois, Dunkerque m’a semblé très fade par rapport aux villes de la côte belge. Il y a un bus qui passe la frontière. Dommage que la ligne de chemin de fer n’est pas utilisée!

Ça fait drôle de voir le drapeau flamand à côté du tricolore français!

Puis, le dernier jour de nos vacances, nous avons été à Liége avec mon collègue Krum et sa copine.


Là-bas, nous avons été également au Musée de la vie wallonne, qui m’a fort déçu. C’est devenu un club de rattachos qui se font de la propagande, en prétendant faire de la culture. L’histoire qu’ils présente est fortement tordue!

Et voilà, je pense que tout est dit!

Nous voici rentrés de Suède. Dans cet article, j’essayerai de résumer nos vacances. J’y ajouterai également des remarques que j’avais omises après notre voyage d’il y a trois ans.

Les dates de ce voyage ont été liées à une réunion de famille. D’ailleurs, par ce voyage, nous avons fêté, un peu à l’avance, 5 ans depuis que nous sommes ensemble.

Pour aller à l’aéroport, nous avons pris le train. En Belgique, le contribuable paie la redevance de la SNCB envers une société privée qui a fait un tunnel. Une fois que cette taxe sera payée, le tronçon (qui rapporte!) jusqu’à l’aéroport sera vendue à un particulier, qui pourra se faire des bénéfices, alors que la SNCB est dans la merde. Maintenant, en Belgique, un tiquet jusqu’à l’aéroport coûte seulement 5 € et 20 cents (redevance incluse). En Suède, où le tronçon est déjà exploité par la société privée, le tiquet jusqu’à l’aéroport coûte 420 couronnes ou 42 €, soit huit fois plus cher! Ça arrivera en Belgique aussi! Parce que le citoyen ordinaire ne sait râler que trop tard, après le fait accompli.

À l’aéroport belge, nous avons contemplé des diverses chapelles. À mon goût, la chrétienne orthodoxe et l’islamique sont très bien décorées. Elles invitent, en esthétique et en paroles écrites, à la prière. Les pires m’ont semblé la protestante et le cabinet athéiste. À l’entrée de la chapelle protestante, l’affiche nous invite à la méditation.

Dedans, un décor qui invite à l’ennui.

Arrivés à Sthm, nous avons pris le métro 14, ligne à laquelle nous sommes habitués, car elle passe également par l’univ, sauf que maintenant nous devions la prendre dans le sens contraire.

À l’hôtel, Emmanuel nous dit que la carte de crédit avait déjà été débitée par l’hôtel. Ça me semble une grosse connerie et un manque de professionnalisme (étant donné que nous n’y allions pas à travers un voyagiste), mais soit! On a reçu une belle chambre, vraiment double, au quatrième (et dernier) étage, loin de l’ascenseur, sans bruit.

Arrivés à l’hôtel après minuit, il ne faisait pas tout à fait noir. En été, le crépuscule dure jusqu’à l’aube, ou bien l’aube commence déjà après le coucher du soleil. Bref, toute la nuit, vous avez un horizon rouge-orange, et la visibilité est bonne. Nous sommes allés acheter des friandises végétaliennes en pleine nuit et nous sommes couchés seulement à trois heures du matin, lorsque la lumière était plus forte qu’à notre arrivée.

Au fait, en Suède la nature est à un mois et demie en arrière par rapport à la Belgique. Nous avons pu profiter des lilas en fleur, des acacias en fleur, le raifort en fleur…

Le matin, nous avons déjeuné sur la terrasse de l’hôtel. Elle avait l’air bien! Il a fallu faire des pieds et des mains pour obtenir une brique de lait de soja. Une dame sud-américaine et une autre algérienne nous ont très bien servis. Avec l’une on a pu causer en espagnol, avec l’autre en français.

Après ça, nous sommes allés en ville, à Sthm, où nous avons acheté des bondieuseries près de la cathédrale. Il faut savoir que l’hôtel se trouvait à Haegersten, à vingt minutes en métro. Si vous devez aller à Sthm, ne vous éloignez jamais de votre point d’intérêt. Par exemple, de Haegersten à l’univ, vous devriez faire plus d’une demi-heure.

La journée a été torride. D’après la météo, il devait faire 28°C. Nous avons pris le métro jusqu’à l’université. Là, ça nous faisait bizarre de tout voir en décor estival, alors que nous ne connaissions le campus que par temps d’automne. Nous sommes passés à côté des endroits connus et avons savouré la nostalgie. Enfin nous sommes arrivés à la plage de Lappis. C’est là que j’avais demandé la main de Nicolas il y a trois ans.

Nous nous sommes baignés, puis nous sommes allés chercher le château du cèdre grec à Danderyd. Las de la marche, nous avons laissé tomber l’affaire et sommes rentrés à Sthm en prenant un train d’écartement réduit.

Nous avons acheté nos tiquets pour le lendemain, pour aller à Laxå. Un vrai cauchemar! En Suède le système est trop compliqué.

Samedi matin donc, nous avons pris notre train. Nous avons été témoins à un truc désagréable: certains voyageurs demandaient à d’autres de leur céder la place, parce que les places réservées ne sont pas marquées et que tu ne sais jamais sur le siège de qui tu t’assieds.

À Laxå, nos släkterna nous ont attendus à la gare et nous ont emmenés dans la forêt du Tived, où vit une grand’tante, et où la fête de famille avait lieu.

Là, nous avons rencontré nos bryllingarna, makorna et hustrurna, et toutes sortes de petits neveux pour lesquels il n’y a pas de mots en français. Il était intéressant de comparer les gens à leurs photos anciennes. Une grand’tante nous a mis en évidence devant tout le monde et a lu une lettre que j’avais envoyée il y a trois ans, dans laquelle je demandais si une certaine petite-cousine était toujours grosse. J’ai également appris que dans le temps nos släkterna ont été aidés par l’évêque Sven Danell de Skara.

Tout s’est très bien passé, sauf pour la bouffe. On n’a mangé que du pain aux fruits. Ils ont tous été très gentils avec nous, mais la mentalité n’est pas la même que dans la capitale. La nuit, nous avons dormi dans l’une des maisonnettes de la cour de la grand’tante. En regardant la métier à tisser et les tapis faits à la main par elle, je me suis souvenu de ces mêmes choses chez ma grand’mère.

Dimanche matin, le jour de la Pentecôte, nous devions rentrer. On aurait pu avoir plusieurs options. 1. Aller à onze heures à la messe dans l’église du village, c’est-à-dire à six kilomètres de là (le village est composé de plein de maisons éparpillées dans la forêt, avec une église au bord du lac Unden), ce qui aurait posé problème de plusieurs point de vue. 2. Rester avec la famille jusqu’au soir, puis aller à la messe à dix-huit heures près de la gare, mais alors ont serait rentrés à Sthm après minuit. 3. Prendre le train de onze heures vers Sthm; on serait arrivés à Sthm pour treize heures et demie, pour aller à la messe à quinze heures. C’est la troisième option que nous avons choisie. Avant de prendre le train, nous avons visité tout de même l’église de Tived.

Notre train est arrivé à l’heure. Nous avons attendu la correspondance à Hallsberg. Sauf que ce train est arrivé avec un retard d’une heure et demie.

Vous vous demandez peut-être pourquoi nous n’avons pas pris un autre train, genre le suivant. Eh ben, SJ n’est pas la société de chemin de fer des jésuites, mais ce qui reste encore de la compagnie nationale suédoise. Quand tu achètes un tiquet valable pour un train de la SJ, c’est ton train que tu dois attendre, même s’il a vingt-quatre heures de retard. D’autres trains, appartenant à d’autres compagnies privées, peuvent partir avant le tien: tu n’as pas le droit de les prendre. Voilà l’époque d’or du libéralisme! Bientôt, en Belgique, on arrivera à la même chose! Alors, au moins les grèves pourront freiner la machine libérale avant qu’il ne soit trop tard. En Suède, c’est déjà trop tard!

À Sthm, à l’église Saint-Jacques, les dimanches il y a une messe en suédois à quinze heures (assurée par les Suédois), et une en anglais à dix-huit heures (assurée par les épiscopaliens). À cause du train, qui est arrivé trop tard à Sthm, nous avons dû aller à la messe de dix-huit heures. J’aurais préféré d’emblée, quand même, une messe en suédois. mais bon, l’eucharistie, c’est l’eucharistie, quelle que soit la langue.

L’église Saint-Jacques est l’un des signes du pèlerinage à Compostelle, qui est très populaire à Sthm. On trouve partout la coquille, des livrets du pèlerin. L’église elle-même est dédié à la fois à saint Jacques le Majeur et au patriarche Jacob.

La messe de dix-huit heures a été présidée par une prêtresse, qui a fait un one-woman-show. J’ai été très déçu. Elle a lu toutes les lectures, elle n’a même pas parlé de l’Esprit Saint, elle a parlé de l’amour et de sa quadruple maternité… plein de choses qui n’ont rien à voir avec la fête du jour. Les prières ont toutes été inventées par elle. Si elle n’avait pas donné la bénédiction trinitaire, j’aurais cru qu’on était à une réunion arienne et pneumatomaque. Petit dièse: la communion a été donnée sous le deux espèces, et devant les communiants elle a dit: «This is the body/blood of Christ», et je crois que la correctitude de l’administration de la communion l’emporte sur l’incorrectitude des formules.

Parlons maintenant de la bouffe. Pendant tout notre séjour, nous avons eu le plaisir de manger dans le restaurant végétarien Hermitage du centre-ville (Stora Nygatan 11). Aram, sa femme et leurs collaborateurs nous ont toujours bien servis.

Lundi matin, nous avons été dans le centre commercial de Mörby, pour faire des achats. Que pensez-vous qu’on a trouvé au milieu des boutiques du centre commercial?

Oui, une chapelle de la paroisse de Danderyd!

Après cela, nous nous sommes baignés de nouveau à Lappis et sommes rentrés à l’hôtel, pour nous changer, avant d’aller dîner. Sauf que la clef magnétique de la chambre ne marchait pas. Il a fallu 32 minutes à 6 personnes, pour ouvrir une porte. Ce qui m’a énervé le plus, c’est que je savais ce qu’il fallait faire, mais il ne m’ont ni écouté, ni laissé faire. «Donnez-moi la petite machine de déblocage, deux piles de rechange et un tourne-vice, et je résoudrai le problème!», leur disais-je. Mais non! La femme et l’homme de chambre n’ont pas l’autorisation de la cheffe de réception, qui n’a pas l’autorisation du directeur, qui ne peut pas autoriser les réceptionnistes… Nous avons profité de leur politique, et avons obtenu le remboursement d’une nuitée.

Lundi soir nous avons fêté nos cinq ans d’amour réciproque, dans un resto chinois où l’on avait déjà été trois ans plus tôt. Le souper a été excellent (tofou aux légumes et au riz), le serveur agréable. On a même pris la même table que la fois passée.

Le restaurant se trouvait en face de l’église Saint-Anschaire (Oscar). Du coup, on a regardé pour voir s’il n’y avait pas une messe le lendemain. Si, une messe était prévue. Si en Belgique on ne fête même plus le lundi de la Pentecôte, en Suède ils ont encore le mardi de la Pentecôte. On s’est dit qu’on irait le lendemain, avant notre départ.

Le lendemain, notre dernier jour, nous avons fait nos valises, nous avons quitté l’hôtel, nous avons fait un dernier tour au centre-ville. C’est ainsi que dans nos bagages on a accumulé plusieurs livres en suédois, un Nils Holgersson en français, ainsi que trois films suédois en DVD.

Nous voilà à l’église pour la messe. Le prêtre était introuvable. Après plusieurs minutes d’attente, un autre prêtre, de l’assistance, propose de faire une liturgie de la parole. À la fin de celle-ci, voilà que le curé arrive, en ornements liturgiques, et continue la messe à partir de l’offertoire. C’était très beau, même si c’était bref.

Après, nous avons dîné dans le resto chinois, nous avons pris nos bagages et nous sommes partis à l’aéroport. Tout a été plus que ponctuel: nous sommes partis à l’heure et sommes arrivés à destination à l’avance. Nous avons eu le train tout juste! Rentrés à la maison, nous avons trouvé sur la table quelques petits cadeaux laissés par notre voisine Martine, qui était passée arroser les fleurs.

Vivement une autre fois, d’autres vacances, pour retourner en Suède, si Dieu le veut!

Puisque nous préparons nos vacances (minivacances) en Suède, nous nous sommes renseignés sur plusieurs points. Nous passerons deux jours à Stockholm, puis deux jours en Néricie, puis retour à Sthm pour encore deux jours.

Après avoir réservé l’hôtel pour les deux périodes de deux jours chacune, j’ai envoyé un fax, depuis l’hôtel où je travaille, à l’hôtel où nous allons loger, à Haersten. J’ai écrit le fax en suédois, il y a quelques jours déjà. Pas de réponse. J’ai envoyé également un e-mail plus détaillé. Toujours pas de réponse. Ce matin j’ai sonné. Ça a donné à peu près ceci:

(En suédois)
– Bonjour! Je suis GS, le réceptionniste de l’hôtel CF, sur Bxl, en Belgique. Mon mari et moi avons avons deux réservations dans votre hôtel pour le week-end de la Pentecôte. À ce propos, je vous ai envoyé un fax et un e-mail avec quelques questions et souhaits, mais nous n’avons toujours pas de réponse. Puisque mon suédois est précaire, est-ce qu’on pourrait parler en français ou en anglais?
– En anglais.

(En anglais)
– Je suis GS, le réceptionniste de l’hôtel CF, à Bxl, en Belgique. Mon mari et moi avons avons deux réservations dans votre hôtel pour le week-end suivant. À ce propos, je vous ai envoyé un fax et un e-mail avec quelques questions et souhaits, mais nous n’avons toujours pas de réponse. Les réservations ont été faites à travers Hotel.de.
– Donc vous voulez faire une réservation, c’est ça?
– Non. J’ai dit que nous avions fait deux réservations. Puis-je vous donner les dates de check-in et check-out, pour que vous me trouviez dans votre système?
– Pour quels jours voulez-vous réserver?
– Comme je viens de le dire (si vous m’aviez écouté!), nous avons réservé… (Je raconte les jours d’arrivée et départ).
– D’accord. Vous êtes Nicolas S?
– Non. Je suis son mari, Georges S.
– J’ai pas de Georges, moi, ici.
– Si. Sur la résa, nous avons écrit «Nicolas och Georges». Enfin, il s’agit d’une chambre double.
– C’est ça. Et quels sont vos souhaits?
– Il y a un souhait et une question. Le souhait, c’est d’avoir un lit double, puisque nous sommes mariés.
– D’accord, vous aurez deux lits jumeaux.
– Mais non! Je veux juste le contraire!
– Mais vous êtes deux hommes!
– On s’en fiche! Nous sommes mari et mari. Tu ne piges pas?
– D’accord. Lit matrimonial. Et la question?
– Nous n’avons pas réservé le déjeuner, puisque nous ne savions pas s’il y avait moyen de manger quelque chose de végétalien. Mais si jamais il y a moyen, nous le prendrons peut-être. Y a-t-il des choses végétaliennes pour le déjeuner?
– C’est quoi, végétalien? (What’s vegan?)
– Ce qui ne contient aucun produit d’origine animale. Ni chair, ni laitages, ni œufs.
– Ben… vous pouvez prendre des céréales au lait.
– Lait de soja?
– Aucune idée.
– Ben, c’était quand même ma question.
– Moi, je travaille à la réception, pas aux déjeuners.
– Moi, c’est pareil! Mais n’empêche, je mange aussi dans mon hôtel, donc je sais ce qu’il y a. Quoi? Tu ne manges pas dans ton hôtel?
– Je ne sais pas.
– ?!? … J’imagine que tu es pressé de finir ton shift. Voilà, je te laisse mon adresse de mail, et que ta/ton collègue qui prendra la relève pourra me répondre par mail.
– Attends. Je vais demander aux collègues du déjeuner. (Pause) Ils ont du sojamjölk. J’imagine que c’est ça.
– C’est ça. Merci beaucoup! Et juste pour te dire… que nous arriverons tard. Je m’appelle Georges.
– Je m’appelle Emmanuël.
– Bonne fin de shift!
– Toi aussi!

Manque d’intérêt, parce qu’il avait envie de partir? Anglais très faible? Ou fatigue chronique? Je crois que toutes les trois. Mais surtout la fatigue! J’espère qu’une fois sur place on trouvera ce qu’on a cherché. Et que le phénomène Reykjavík ne se répétera pas. Enfin, je crois qu’on n’est quand même pas tous des crétins dans mon métier…

Pour la petite histoire des préparatifs, nous ne savons pas encore où nous irons à la messe. Néanmoins, je regrette un peu qu’on ne puisse pas assister à la messe LGBT (queermässa), qui a lieu tous les mardis soir. Mais pour dimanche, nous avons trois options.

J’aime bien les Canadiens, mais parfois qu’est-ce qu’ils sont « intelligents »! Regardez ce qu’ils me demandent dans la résa.

Et avant-hier soir, ces deux vieilles, Françaises cette fois-ci! Il m’a fallu presque un quart d’heure pour leur tirer les vers du nez, afin que je sache combien de nuitées elles voulaient rester.