Je suis un témoin vivant de la persécution. – Joseph Fadelle.

Je suis un témoin vivant de la persécution. - Joseph Fadelle.Je viens de trouver sur internet l’histoire de Mohammed Moussaoui, alias Joseph Fadelle.

Lorsque Mohammed Moussaoui, jeune Irakien aîné d’une grande famille chiite, se retrouve contraint de partager la chambre d’un chrétien à l’occasion de son service militaire, sa vie bascule. Fasciné par la bienveillance de ce dernier, il découvre petit à petit le Christ et demande le baptême. Sa propre famille tente alors de l’éliminer. Ayant miraculeusement réchappé à la mort, et toujours sous le coup d’une fatwa, il a fui son pays et vit désormais en France … Suite ici.

Des Hommes et des dieux.

Des Hommes et des dieux.Nous avons vu le film Des Hommes et des dieux lors de sa sortie. D’une part, le film m’a impressionné pour la chose réelle dont il parle. Mais si ç’avait été une pure fiction, je ne l’aurais pas trop aimé.

J’ai lu plusieurs commentaires, mais le seul qui m’a touché est celui de Soufiane Zitouni:
http://oumma.com/Une-lecture-musulmane-du-Testament

Je pense qu’il y a eu un conflit de vision entre l’ex-moine Henry Quinson et l’acteur – croyant pratiquant – Michael Lonsdale, concernant la liturgie dans le film. La vision de Quinson a été adoptée, et je ne sais pas si c’est elle qui reflète la vérité historique. Si c’est le cas, alors je ne peux que déplorer la décadence des trappistes dans l’autolatrie. Si c’est Michael Lonsdale qui a raison, ça veut dire que Quinson a offert au public une vision conformiste et consumériste de la liturgie.

Un autre point: des moines trappistes rasés qui se promènent en ville sans l’habit monastique, ça ne correspond pas non plus à la réalité historique des moines de Tibhirine, mais plutôt à ceux de Tamié.

Chiné?

Chiné?Hier matin, j’ai assisté au dialogue suivant, dans la gare de Bruxelles-Luxembourg, entre une voyageuse sud-américaine et la guichetière:

– Bonjour, Madame; jé voudrais dé tickets pour Chiné.
– Chimay ou Ciney?
– Madame, né vous moquez pas dé mon accent.
– Mais je ne me moque de rien du tout! Ciney n’est pas Chimay, et Chimay n’est pas Ciney! Et puis, il y a une différence de prix…
– Madame, moi, jé paye, j’ai de l’argent. Jé vé seulment dé tickets pour Chiné, Chiné comme la biére…

Là, la guichetière pète un câble, les autres voyageurs s’agitent et essayent de médiatiser le dialogue. Il s’agissait bel et bien de Ciney. Et si la guichetière avait été un peu plus professionnelle, elle aurait dû se rendre compte qu’elle ne savait plus vendre de tickets pour Chimay, car cette gare-ci n’est plus desservie depuis 1998.

Nouvelles en vrac.

Nouvelles en vrac.J’ai eu beaucoup de sujets sur lesquels j’aurais eu envie d’écrire ces derniers temps. Cependant l’énergie me manque. En plus, j’ai de plus en plus mal aux yeux lorsque je reste trop longtemps devant l’ordi.J’ai fini mes examens; il me reste la défense de mon mémoire, le 22 octobre. D’ici là, je dois encore me préparer.Je voudrais écrire des réflexions sur le film Des hommes et des dieux, sur un resto végétalien qui fonctionne avec des bénévoles, sur le neveu de Vangheluwe, sur la presse francophone, mais le temps et l’envie me manquent.

Mais l’anniversaire de notre mariage approche à pas rapides. Vraisemblablement, nous fêterons ça à Paris. Je pense beaucoup à la Suède, où nous nous trouvions il y a deux ans. J’aimerais qu’on se promène på stranden en admirant la nature autumnale et le coucher du soleil.

En ce moment, mon Nicolas et moi pensons à nos projets. Oui, il faut refaire la maison, il faut que je change de boulot, mais ça ne nous empêche pas de faire les premiers pas vers l’adoption. Et du coup, nous râlons: l’ « aquisition » d’un gosse coûte très cher: de 375 à 500 € pour la première prépa, l’agence d’adoption 2500 €, puis pour l’État de 1750 à 2500 €, plus le juge 50 €. En tout, ça fait entre 4675 et 5550 €. Malheureusement, l’État encourage seulement la procréation, fut-elle médicalement assistée (et totalement remboursée par la mutuelle), alors qu’il pénalise les parents qui adoptent. Nous devrons suivre des cours et ainsi acquérir un certificat de parentalité, puis un certificat d’aptitude… alors que pour procréer les gens n’ont besoin de rien. Quelle injustice, quelle discrimination!

Quel gosse voudrions-nous adopter? En principe, nous n’avons pas de préférences. C’est le bonheur de l’enfant qui compte. Nicolas a soulevé la question d’un enfant handicapé. Personnellement je ne me sens pas à l’aise avec un premier enfant handicapé (peut-être l’un des suivants, éventuelement). Cependant, ça ne me dérangerait pas qu’on adopte soit un enfant sourd (en même temps, on apprendrait le langage des signes), soit un adolescent qui a été rejeté par ses géniteurs en raison de son homosexualité

Mémoire rendu.

Mémoire rendu.J’ai rendu mon mémoire. Dans à peu près un mois je devrai le défendre.

Encore deux examens, dont un difficile, samedi prochain, puis je commencerai la préparation de la défense du mémoire.

Marathon études.

Marathon études.C’est hier soir que j’aurais dû rendre mon mémoire. Mais vu que certains occupent leur temps à chercher misère aux autres, j’ai été très déstabilisé pendant quelques jours (heureusement que mon Nicolas a été là, pour me remonter le moral!) et je n’ai pas pu écrire. Je restais là, devant l’écran de l’ordi, en pensant à d’autres choses, sans pouvoir sortir une phrase. Quelques jours plus tard, Dieu aidant, j’ai pu sortir partiellement de cet état lamentable, et c’est ainsi que j’ai avancé dans mes travaux. J’aurais pu finir tout juste. Mais la direction a été indulgente avec moi, en m’accordant quelques jours supplémentaires sans pénalisation.

Aujourd’hui et demain je dois finir le mémoire; vendredi je devrai l’imprimer. Samedi j’ai deux examens, et samedi soir je travaillerai. Toute la semaine prochaine je serai encore occupé à étudier pour les deux derniers examens, dont un difficile, que je devrai passer dans dix jours. Puis je devrai me préparer à défendre mon mémoire.

Autrement dit, j’aurai encore trois semaines dures, mais qui me donneront sans doute la satisfaction du travail accompli.

Mes yeux sont las devant l’ordinateur. Ordinateur au boulot, odinateur à la maison, ordinateur partout. Parfois j’écris à la main, dans le train, et Nicolas transcrit mon texte à l’ordi. Ça m’épargne un peu de lassitude.

Ce soir je ne compte pas travailler trop tard. Une promenande s’impose, sauf s’il pleut.

Limites du commonitorium.

La plupart des Églises traditionnelles font appel à la formule du Commonitoriumde saint Vincent de Lérins: «Id teneamus, quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est; hoc est etenim vere proprieque catholicum.» ( «Nous tenons ce qui a été cru partout, toujours et par tous; car ceci est vraiment et à proprement parler catholique.»)Avant de commencer, il faudrait préciser que saint Vincent de Lérins n’était pas très orthodoxe. Il était semi-pélagien et s’opposait à saint Augustin. Bien souvent, ceux qui crient à l’hérésie…

Au fait, bien souvent, lorsqu’une Église cite saint Vincent de Lérins, il s’avère qu’elle refuse d’avoir innové. Elle considère que son innovation n’est pas une innovation, ou que l’innovation n’est pas importante, mais ne veut pas pour autant se débarrasser de l’innovation, ce qui démontre qu’il s’agit réellement d’une innovation.

Mais revenons à saint Vincent de Lérins.

Au début, l’Église ne tenait pas partout et par tous la même opinion sur la conversion des païens. Certains voulaient imposer aux païens la Loi de Moïse, d’autres ne ne voulaient pas. Et finalement on ne l’a pas imposée (ou bien on a fait un compromis à l’éthiopienne).

Pendant à peut près 150 ans, on n’a baptisé que des adultes. Puis la question du baptême des enfants est venu petit à petit. L’Église a vu qu’il n’y avait aucun obstacle dogmatique, donc on a innové. On a commencé à croire ce qui n’avait pas été cru toujours et par tous et partout.

Il a été question de l’introduction de la fête de Noël. Tetullien témoigne à quel point il y avait une hostilité contre cette innovation. Eh oui, la plupart des fêtes n’ont pas été tenues toujours, partout et par tous.

Ensuite, aux 4ème et 5ème siècles, trois quarts des Églises locales étaient tombées dans l’hérésie arienne. Les Pères cappadociens étaient seulement une poignée. Pourtant, la foi orthodoxe n’a pas été crue par tous partout, car seule une partie de l’Occident était resté orthodoxe.

Les icônes ont été adoptées petit à petit, puisqu’il n’y avait pas de problème doctrinal pour les introduire. Mais certains rigoristes ont crié à l’idolâtrie. L’innovation, pourtant orthodoxe, n’avait pas été tenue toujours et par tous et partout. (L’Église arménienne, par exemple, n’a ni icônes, ni statues; mais en même temps elle ne s’y oppose pas à ce que d’autres en utilisent. Voilà un exemple de sagesse, si rare de nos jours!)

Il peut y avoir beaucoup d’autres exemples, positifs comme négatifs. L’hésychasme, les indulgences, les nouveaux dogmes mariaux, la prédestination, le Filioque, les styles liturgiques… et beaucoup d’autres choses, dogmatiques ou liturgiques, pastorales ou théoriques, ont été des innovations, bonnes ou mauvaises.

Innover ne veut pas dire rejeter pour remplacer. Innover veut dire compléter. Par exemple, baptiser des enfants est ok, si on ne s’oppose pas au baptême des adultes; utiliser des icônes est ok, si on n’oblige pas les autres à les utiliser, etc.

La règle de saint Vincent n’est pas applicable à la lettre, même au niveau doctrinal. Car sinon tous les chrétiens se trouvent dans le cas de croire et pratiquer des choses qui n’ont été crues, ni pratiqués, toujours, partout, par tous.

L’Église fait trop souvent abstraction du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit guide l’Église, dans la mesure où elle se laisse guider par lui. Le seul critère évangélique est le suivant: chaque arbre se connaît à son fruit. Chaque innovation, après un temps de mûrissement, montrera ses fruits.

Patrick Legacé: Pakistan.

Je me permets de transcrire ici un article, attribué à Patrick Lagacé, que j’ai reçu par e-mail. Voilà donc le copier-coller.

Avant de parler de la catastrophe au Pakistan, j’aimerais vous entretenir de cette merveilleuse machine à tuer qu’est le F-16. Vous savez ce qu’est un F-16? C’est un des avions de chasse les plus populaires du monde.
Combien coûte un F-16?

Autour de 40 millions l’unité.

Bien sûr, pendant sa vie utile, l’appareil coûtera une fois et demie le prix d’achat en entretien, en réparations (et en lave-glace, c’est fou le prix du bidon de lave-glace pour ces joujoux).

Donc, parlons de la catastrophe au Pakistan. Terrible. S’il ne s’agissait pas d’un pays musulman, on pourrait parler d’inondations de calibre biblique: 20 millions de sinistrés. Épouvantable.

Et, depuis deux ou trois jours, on entend des voix s’élever contre le manque de générosité de l’Occident envers le Pakistan éprouvé. Au Canada, en France, en Grande-Bretagne: le public se fait tirer l’oreille. Dans La Presse, hier, ma collègue Marie-Claude Malboeuf rapportait qu’à peine 200 000$ avaient été récoltés pour le Pakistan par une coalition humanitaire. Dans les mêmes délais, après le séisme haïtien, on avait récolté 18 fois plus.
Les ONG tapent du pied. S’impatientent. Crient à la catastrophe et au choléra. Le plus tragique, c’est qu’elles ont probablement raison.

À l’échelle internationale, l’ONU n’a récolté que 40% des 460 millions requis pour l’aide d’urgence. Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, a fustigé la communauté internationale pour sa pingrerie: «La réponse de la communauté internationale a été lamentable.»

Mais je m’éloigne. Je vous parlais de F-16. Tout récemment, un pays s’est doté d’une flotte toute neuve d’une vingtaine de ces merveilleux tueurs de l’air.

Quel pays, donc?

Eh oui, le Pakistan.

Avant d’aller plus loin, je vous préviens: c’est un naïf qui écrit cette chronique. Un naïf qui s’assume. Un naïf qui pose cette question: si le Pakistan avait tout récemment 1,4 milliard pour acheter des avions de chasse à Lockheed, pourquoi le Pakistan n’a-t-il pas 460 millions de dollars à consacrer à ses propres citoyens détrempés?

Je demande pardon à la Croix-Rouge, à CARE, à Oxfam et aux autres ONG, mais je ne donnerai pas une cenne pour les efforts humanitaires au Pakistan.

Je ne donnerai pas une cenne pour le Pakistan parce que le Pakistan n’a jamais de problème à acheter, ou à se faire financer, du matériel militaire.

Je veux bien donner pour Haïti, petit pays qui n’a rien (hormis des dirigeants corrompus). Je veux bien donner à l’Afrique, c’est la moindre des choses.

Je ne donnerai pas pour le Pakistan comme je ne donnerai pas pour les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans qui sont privés d’un gagne-pain depuis la fuite de pétrole causée par BP dans le golfe du Mexique.

Le chanteur Zachary Richard est sur le point d’enregistrer, avec plusieurs artistes québécois, un CD dont les profits seront distribués aux pêcheurs de La Nouvelle-Orléans. Il y aura ensuite un concert-bénéfice.

C’est très bien, les concerts-bénéfice. C’est très bien, la charité musicale. Et je sympathise avec les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans.

Mais, et c’est encore un naïf qui parle, je me demande pourquoi je devrais donner un sou aux habitants du pays le plus riche de l’histoire de l’humanité, dont le gagne-pain a été saccagé par une giga-multinationale jouissant d’une capitalisation boursière de 120 milliards US au sein d’une des industries – l’énergie – les plus lucratives de la planète.

Il me semble que les États-Unis d’Amérique, que BP, que l’industrie de l’énergie ont assez de fric pour dédommager les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans et leurs familles et les descendants de leurs familles jusqu’en 2060, au moins.

Mais revenons au Pakistan. Le 19 juillet, le New York Times a publié un papier absolument dévastateur sur la fiscalité dans ce pays. Une fiscalité de république de bananes, où les riches se sont arrangés pour ne pas payer d’impôts.

Je ne parle pas de payer peu d’impôts. Je parle de ne pas en payer. Je parle d’un pays où 10 millions de personnes devraient payer de l’impôt, mais où seulement 2,5 millions en paient.

Et tout cela est légal. Les riches se sont arrangés, dans ce pays, pour ne pas payer d’impôts. Le Times rapporte que la valeur moyenne – moyenne! – des parlementaires pakistanais est de… 900 000$. Le chef de l’opposition, Nawaz Sharif, un millionnaire, n’a par exemple pas payé d’impôts en 2005, 2006 et 2007.

«C’est un système pour élitistes, pour l’élite et par l’élite, dit Riyaz Hussein Naqvi, fonctionnaire pakistanais à la retraite, qui a travaillé comme percepteur d’impôts pendant 38 ans. C’est un système biaisé où le pauvre subventionne le riche.»

Ce qui n’était pas dans le Times, mais que vous saviez probablement déjà – je sais que vous dévorez les pages internationales des quotidiens -, c’est que le Pakistan possède l’arme nucléaire. En fait, des dizaines de missiles nucléaires.

Donc, si je résume…

Le Pakistan est une oligarchie qui permet aux riches de ne pas payer d’impôts. Le Pakistan a du fric pour acheter des F-16. Le Pakistan a du fric pour entretenir un arsenal atomique capable de détruire la moitié de la planète?

Je ne suis pas naïf à ce point-là: le Pakistan a les moyens d’aider son peuple.

Beau temps, Jesus Freaks et mémoire.

Ce matin, en descendant du train, j’ai attendu mon bus en cuisant sous le soleil. Tant mieux! Ma pensée m’a emmené loin, au strand d’Amée et à la carrière d’Hastimoulin. Mais non, dommage, je devais rester à la maison pour travailler et dormir! 

Ces derniers jours j’ai bien avancé dans mon mémoire. Cependant je dors peu, pour pouvoir travailler, et je rebois beaucoup de café.

La musique qui me stimule le plus en ce moment, pour travailler, c’est Bluflame Special, un groupe de punk’n’roll d’Adélaïde, que j’ai découvert il y a sept ans sur un site de sous-cultures chrétiennes. J’arrive à écouter en boucle la chanson «Calm After the Rain».

Et du coup, je suis nostalgique après le festival Freakstock. Cette année-ci, le festival n’a duré que quatre jours et a eu lieu à Burbach. L’évêque copte Damien d’Allemagne a aussi tenu un discours, car les vêpres du monastère copte de Hoexter-Brankhausen ont fait partie intégrante du festival. Malheureusement, cette année-ci, les ateliers du festival ont été dispersés en cinq endroits différents. Je ne sais pas pourquoi; j’imagine qu’il y a dû y avoir un problème financier.

900ème article: Qoudouss.

Me voici au 900ème article de ce blogue. À cette occasion, je voudrais expliquer le titre du blogue. Pourquoi «qoudouss»?

C’est mon Nicolas qui m’a donné l’idée de créer un blogue. Mais je en savais pas quel tire je lui donnerais. Nicolas m’a fait remarquer que son blogue portait le nom d’une chanson: «Oops I Did It Again», sa chanson préférée. Mais quelle était ma chanson préférée, ou plutôt mon chant préféré? Le Sanctus de la messe.

Le Sanctus est le seul morceau de l’anaphore (ou canon eucharistique, ou prière eucharistique) réservé aux fidèles laïcs. Et l’anaphore est la prière d’action de grâce de l’Église. Pourquoi donc, dans tous les rites de toutes les traditions d’Occident et d’Orient, les fidèles laïcs chantent la même hymne? D’ailleurs non seulement eux, mais même le clergé, puisque dans la plupart des anaphores, le post-sanctus commence aussi avec ces mots: «saint… es-tu…».

C’est parce que, je crois, la meilleure façon d’acclamer Dieu, c’est de lui dire qu’il est saint. Et notre vocation est aussi d’être saints, mis à part pour Dieu, mis à part du monde, mis à part pour son service. C’est également la vocation des anges, qui glorifient Dieu de la même manière: le Sanctus a d’abord été chanté par les anges.

Donc mon chant préféré, que j’allais donner comme titre au blogue, est le chant eucharistique par excellence: le Sanctus.

Peu avant de commencer le blogue, j’avais une discussion avec un ami musicien suisse d’origine juive. Nous parlions de la sainteté. Et il me montrait que la plupart des langues, en traduisant la notion sémitique de sainteté, ont utilisé des termes qui expriment d’autres choses. Dans les langues sémitiques, QDS signifie «mis à part», tandis que le latin sanctus, qui a donné des mots similaires dans toutes les langues romanes et slaves, renvoie plutôt à la notion de sacrifice sanglant. Sanctus est le participe passé du verbe sancire, dérivé de sanguis «sang».

Les langues sémitique, par contre, n’ont que la notion de «mettre à part». En hébreu qadoš (קדוש), en syrien/araméen qadiša, en arabe qoudouss (قديس), en guèze et amharic qidouss, en maltais qaddisa.

Et pourquoi, de toutes les langues sémitiques, ai-je choisi le terme arabe? Pour plusieurs raisons. D’abord, le quartier où j’habitais à l’époque, à Etterbeek, était peuplé de beaucoup de chrétiens arabophones, qui, quels que fussent leurs rites d’origine et leurs juridictions d’origine, eucharistiaient ensemble à la paroisse de Saint Jean-Chrysostome. Beaucoup d’entre eux avaient souffert des persécutions à cause de leur foi, dans leurs pays d’origine. À l’époque, lorsque j’étais libre les dimanches matin, c’est là que j’allais à la messe. (D’ailleurs, c’est ainsi que j’ai appris un peu d’arabe classique.) Et les seules fois que j’ai chanté le Sanctus en une langue sémitique, ce fut là-bas, en arabe.

Mon blogue ne s’appelle pas Al-Qoudouss, mais tout simplement qoudouss. Le Saint par excellence, Al-Qoudouss, est Dieu seul. Mais il communique sa sainteté à son Église, son corps, dont nous sommes les membres. Dieu est mis à part de toute sa création. Il ne fait pas partie de la création, et sa création n’est pas engendrée, mais bien créée. Il n’y a que les trois religions monothéistes ou révélées qui témoignent de cela. Mais par l’adoption filiale, il permet à l’homme d’être mis à part avec lui, par la grâce.