La conférence de Lambeth de 1920 des évêques anglicans du monde entier (photo ci-contre) a lancé un appel à la chrétienté entière, en vue de l’unité de l’Église du Christ en une communion. Bien entendu, ces évêques anglicans considéraient que cette ré-union des chrétiens devait se faire autour des 4 points surnommés le “quadrilatère de Lambeth”: 1. les saintes écritures; 2. le credo de Nicée-Constantinople, 3. le baptême et l’Eucharistie; 4. l’épiscopat dans la succession apostolique.

L’histoire a donné raison à cette conférence de Lambeth de 1920, car, de nos jours, plusieurs Églises sont en pleine communion les unes avec les autres, sur base de ces 4 principes.

Le plus épineux, quand même, a été le 4ème. Comment convaincre des protestants d’adopter l’épiscopat catholique?

Toutefois, ces évêques anglicans ont été très prudents quant à des ministres protestants qui auraient été en-dehors de la succession apostolique. C’est pourquoi ils écrivirent:

We believe that for all, the truly equitable approach to union is by way of mutual deference to one another’s consciences. To this end, we who send forth this appeal would say that if the authorities of other Communions should so desire, we are persuaded that, terms of union having been otherwise satisfactorily adjusted, bishops and clergy of our Communion would willingly accept from these authorities a form of commission or recognition which would commend our ministry to their congregations, as having its place in the one family life. It is not in our power to know how far this suggestion may be acceptable to those to whom we offer it. We can only say that we offer it in all sincerity as a token of our longing that all ministries of grace, theirs and ours, shall be available for the service of our Lord in a united church.It is our hope that the same motive would lead ministers who have not received it to accept a commission through episcopal ordination, as obtaining for them a ministry throughout the whole fellowship.

In so acting no one of us could possibly be taken to repudiate his past ministry. God forbid that any man should repudiate a past experience rich in spiritual blessings for himself and others. Nor would any of us be dishonouring the Holy Spirit of God, whose call led us all to our several ministries, and whose power enabled us to perform them. We shall be publicly and formally seeking additional recognition of a new call to wider service in a reunited Church, and imploring for ourselves God’s grace and strength to fulfil the same.

Nous croyons que pour tous, l’approche qui serait la plus équitable pour tous, en vue de l’union, serait le respect mutuel des consciences. Pour ce faire, en lançant cet appel, nous dirions que, pour autant que les autorités des autres communions le désirent, nous sommes persuadés que, après ajustement des termes des accords de pleine communion, les évêques et le clergé de notre communion voudraient bien accepter de la part de ces autorités une forme de nomination ou de reconnaissance, par laquelle notre ministère serait recommandé à leurs communautés, comme faisant partie de la même famille. Il n’est pas en notre pouvoir de savoir jusqu’à quel point cette proposition serait acceptée par ceux à qui nous voulons l’offrir. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous la proposons en toute sincérité en signe de notre désir que tous les ministères de la grâce, les leurs comme les nôtres, soient au service du Seigneur dans une Église unifiée.

Ce faisant, aucun d’entre nous ne serait amené à répudier son ministère du passé. Que Dieu préserve qui que ce soit de répudier une expérience passée, riche de bénédictions spirituelles pour lui et pour les autres. Nous ne voudrions pas non plus déshonorer le Saint-Esprit de Dieu, dont l’appel nous a tous menés à nos divers ministères, et qui nous a donné la force de les exercer. Publiquement et officiellement, nous chercherons davantage que l’on reconnaisse que Dieu nous appelle à un service plus élargi dans une Église réunie, en lui demandant la grâce et la force pour pouvoir l’accomplir.

Lambeth-Conference-1920

Je trouve intéressant tout cela. D’une part, les évêques de la conférence de Lambeth de 1920 tenaient fort à la succession apostolique. Mais, au lieu de faire comme la papauté – qui, quant à elle, déclarait «nuls et non-avenus» les ministères de ceux qu’elle détestait – au contraire, ces évêques anglicans tâchaient à pouvoir reconnaître l’authenticité du ministère des autres, même en-dehors de la succession apostolique!

Ce que Rome a toujours fait des convertis, c’est qu’elle les a humiliés publiquement à travers des réordinations. Même des gars comme Newman. Par exemple, c’est grâce à son ministère de prêtre que Newman est arrivé à ses conclusions; et en l’agrégeant à son troupeau, la papauté réordonne Newman et comme diacre, et comme prêtre.

Mais ça, ce n’est pas la voie de l’orthodoxie, mais la voie de l’orgueil.

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