Condamner son prochain (I).

Condamner son prochain (I).Il n’y a pas longtemps, j’ai appris qu’en Roumanie, dans le Banate, un prêtre orthodoxe avait admis à la concélébration (d’une certaine manière) un prêtre catholique romain. Par conséquent, ce prêtre orthodoxe a été déposé.

Cette déposition repose sur une circulaire du « saint » synode de l’ÉOR qui stipule que le prêtre qui «concélèbre» ou qui «reçoit des sacrements ou sacramentaux d’un autre culte» sera déposé, tandis que le «mondain» sera excommunié.

Cette circulaire elle-même utilise un langage extrêmement dangereux. Le mot «mondain», dans le jargon de certains « orthodoxes » est le terme péjoratif qui désigne les laïcs. Par «autre culte», la circulaire met dans le même sac les baha’i et les catholiques romains. Même les sacramentaux y sont inclus. Autrement dit, si un prêtre ou un fidèle orthodoxe roumain reçoit une simple bénédiction (un sacramental) d’un prêtre catholique romain, il peut être déposé ou excommunié. Mais en réalité, cette circulaire n’est que la reprise du canon 45 pseudo-apostolique: «Si un évêque ou un prêtre ou un diacre prie avec les hérétiques, qu’il soit déposé» et du 65 pseudo-apostolique: «Si un clerc ou un laïc entre dans la synagogue des Juifs ou des hérétiques, pour prier avec eux, qu’ils soient déposés et excommuniés». Sauf que, délicatement, la notion d’hérétique a été remplacée par «autre culte». Et ça ressemble également avec un canon de l’impie concile in Trullo, qui dit: «Aucun clerc ou laïque ne peut manger les azymes offerts par les Juifs, ni fraterniser avec eux, ni faire appel à eux pour cause de maladie, ni recevoir leurs soins, ni se baigner avec eux dans les établissements de bains. Si quelqu’un ose faire une telle chose, s’il est clerc, qu’il soit destitué; s’il est laïque, qu’il soit excommunié.»

Mais la circulaire en question est encore plus maline. Attention, le fait même de recevoir des sacramentaux peut entraîner l’excommunication des braves gens. Autrement dit, il suffit qu’un prêtre ou laïc orthodoxe roumain ait prié avec des uniates, si à la fin de l’office on prononce la bénédiction, c’est un sacramental, et du coup, le « saint » synode peut le déposer ou l’excommunier!

Malheureusement, l’Église orthodoxe roumaine est dirigée par une remorque d’évêques pélagiens et monophysites pratiques… Si quelqu’un veut professeur la foi droite, il doit le faire en cachette, sinon la « divine » inquisition made in Athos lui tombera sur la tête.

Pour la petite histoire, le prêtre catholique romain n’a même pas communié à la messe orthodoxe à laquelle il a participé. Et cela, pour ne pas attirer des ennuis à son confrère. Mais apparemment il suffit de prendre une aube et une étole pour [s’] attirer des ennuis.

Épiphanies – théophanies.

Épiphanies - théophanies.À moins que Noël ait à voir avec la date présumée de la crucifixion, la seule raison de la date de Noël en hiver est le solstice et sa symbolique. La lumière recommence à croître, d’où la fête du Christ naissant. Pareillement, Pâques tombent au printemps, saison où la nature reprend vie.

Or l’Épiphanie, si elle est déconnectée de Noël, elle n’a aucune raison d’être placée en hiver. Pire encore, cela contrevient à la saison. Même en terre sainte, 17°C n’est pas la température idéale pour la baignade. Le Christ a dû être baptisé plus tard dans l’année, vraisemblablement en été. Si donc on fête le baptême du Christ en hiver, c’est pour le lier à la nativité.

Voilà donc pourquoi, dans le rite byzantin, la déconnexion de l’Épiphanie par rapport à Noël n’a pas de sens. D’ailleurs, dans la théophanie (ou mieux les théophanies) on doit inclure la nativité.

Mais comment lier ces deux fêtes, alors que les ménées semblent les avoir déliées irrémédiablement?

Dans les stichères de Noël, il y en a un – emprunté par le rite latin – qui dit: «Voici que Marie nous a enfanté le Sauveur, à la vue duquel Jean s’est écrié: Voici l’Agneau de Dieu; voici celui qui enlève les péchés du monde!». Il reste donc une relique. Toutefois, le 31 décembre, le ménée clôture la fête de la Nativité. D’ailleurs, le 5 janvier il y aura un jour de jeûne pour préparer la vigile de l’Épiphanie. Le jour de jeûne semble couper court toute vision d’une saison de Noël.

Or, pour Pâques nous avons quelque chose de similaire. La semaine pascale a un office très particulier, unique dans tout le rite, qui se clôture le samedi in albis. À partir du dimanche appelé deuxième de Pâques, on reprend un cursus plus ou moins semblable au temps ordinaire, avec seulement deux particularités: tout office est précédé du trope «Le Christ est ressuscité», et les dimanches du temps pascal auront des évangiles de la résurrection. Dans certains euchologes, on trouve même une vigile de la Pentecôte, précédée donc d’un jour de jeûne.

La conclusion, c’est que, tout en gardant le style actuel du rite byzantin, il y a moyen de rémédier les choses, sur le modèle de ce qui se passe à Pâques. Donc, si le samedi in albis on clôture la Pâque sans vraiment la clôturer (excusez le pléonasme), on peut également clôturer Noël le 31 décembre, sans vraiment le clôturer.

Le premier pas serait de garder ce stichère, «Voici que Marie…» et le glisser également parmi les stichères de l’Épiphanie. C’est simple. Au lieu de chanter 4 stichères répétés chacun, on peut en chanter 5 répétés (pour un total de 10), ou bien, au lieu de répéter le dernier des 4, ajouter celui dont je viens de parler. Ou encore (et peut-être mieux), chanter «Voici que Marie…» comme théotokion, tandis que le «Lorsque tu penchas ta tête…» (placé en guise de théotokion) pourrait être chanté comme doxastikon.

Le deuxième pas serait de chanter encore à l’Épiphanie (et à la circoncision) le tropaire de Noël, «Par ta nativité…» en troisième position. D’habitude, on chante le tropaire de la fête trois fois. Au lieu de chanter trois fois «Lorsque tu fus baptisé dans le Jourdain…», on pourrait le chanter seulement deux fois, en ajoutant, en troisième position celui de Noël.

Ou bien, alternativement, ajouter des éléments arméniens et latins, mais cela risquerait de déclencher une allérgie même chez les philo-latinistes.

Bonne Année 2011!

Bonne Année 2011!En cette fête de la circoncision de notre Seigneur, je voudrais vous partager deux réflexions.

Pour commencer, qui est le Père Noël? Un personnage inventé par Coca-Cola, pour remplacer saint Nicolas?

Tout d’abord, qui sont les personnages en bas de l’icône de la nativité? On dit souvent – à tort – que les icônes, contrairement aux tableaux, éliminent le superflu et gardent seulement ce qui est théologiquement l’essentiel. Or ici on a manifestement au moins deux personnes superflues: un homme qui papote avec Joseph et une femme qui baigne l’enfant Jésus. J’ai entendu toutes sortes d’explications: que le bain de l’enfant signifie le baptême qui est lié à Noël (voir la seconde partie de cet article), que l’homme en face de Joseph serait le diable ou la personnification du doute.

Or, il s’agit de deux personnage folkloriques. L’homme qui papote avec Joseph est, autant dans les noëls wallons que dans les Carpates, le propriétaire de la grotte-étable et du bétail. Les noëls wallons l’appellent Aernoud, les bethléems transylvaniens le désignent comme étant le Père Noël (plus exactement, pas le « père », mais le vieux, en roumain «mosu», latin «annosus»). Sa femme, Mère Noëlle ou Lisbete, est l’accoucheuse. C’est elle qui lave l’enfant. Ces deux personnages sont originaires des villages voisins aux chanteurs de Noël. Cela rappelle également les peintures des Primitifs Flamands, où la nativité se passe toujours dans un cadre typiquement belge contemporain aux peintres. Et je pense que cette mise en scène de la nativité dans notre espace-temps est une belle représentation de l’incarnation.

Pour la petite histoire, ces personnages secondaires des icônes byzantines se trouvent également en Occident.

* * *

J’ai toujours été mal à l’aise avec deux ruptures liturgiques dans le cycle de Noël.

Dans le temps, la fête de la manifestation du Christ était une seule fête, commémorant la nativité, le baptême et les noces de Cana (comme c’est toujours le cas dans le rite arménien seul). Cette coïncidence de la nativité et du baptême réside a à l’origine les controverses avec les adoptianistes, qui considéraient le baptême du Christ comme la fête de l’adoption de Jésus par Dieu le Père. Mais à la fin des controverses, on s’est retrouvé avec une seule fête de l’Épiphanie, qui était précédée des fêtes de plusieurs apôtres et prophètes, dont Pierre & Paul, Jean, Étienne le protomartyr.

Lorsque cette fête a été séparée en deux, l’Occident a conservé l’ancienne fête de l’Épiphanie, avec trois éléments, en remplaçant la nativité par la visite des mages. La visite des mages le 6 janvier est purement et simplement une relique de Noël qui doit se combiner avec le baptême et les noces de Cana. D’ailleurs, il serait plus logique que la fête des saints innocents (enfants tués par Hérode) suive l’Épiphanie, et pas le contraire.

Mais l’esprit moderne n’aime pas les coïncidences, alors qu’elles sont très belles! Par conséquent, les liturgistes d’après Vatican II ont encore morcelé l’Épiphanie, contre la volonté du peuple, comme je l’ai expliqué les années précédentes. Ça mène, en Hongrie et en Allemagne, à des aberrations liturgiques.

Mais revenons à nos ruptures. Voilà, à Noël on lit les récits de la nativité, avec lesquels on s’est accomodé pendant tout le temps de l’Avent. Et puis, brusquement, en la fête de saint Étienne, le 26 ou le 27 décembre, tout l’esprit de Noël est coupé: le décor est rouge et l’évangile du jour présente Jésus adulte.

La seconde ruptures, dans le rite byzantin, est l’élimination des éléments de Noël comme condition pour fêter l’Épiphanie (ou Théophanie). Cette dernière reste comme mémoire seulement du baptême du Christ.

Mais comment résoudre ces deux problèmes, dans un esprit tradi, sans faire d’autres ruptures? Pour ce qui est de la fête de saint Étienne, l’épître décrit très bien l’événement du martyre du saint. Donc la parabole des vignerons comme évangile de la messe n’apporte rien de plus que l’épître. Par conséquent, à la place de la parabole des vignerons, on pourrait lire tout simplement la fuite en Égypte: «En ce temps-là, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte…» (Matthieu 2:13-15). Ainsi la fête de saint Étienne n’enlèverait rien à l’esprit de Noël.

Ce genre de choses ne serait pas une première. Lorsque la fête de Noël a été introduite à Rome le 25 décembre, cette date était déjà occupée par la fête de sainte Anastasie, fête patronale de la basilique qui en porte le nom. Pour cela, la messe de l’aurore a été aménagée pour fêter à la fois le martyre de sainte Anastasie et la naissance du Christ.

Maintenant que faire pour réconcilier, dans le rite byzantin, l’esprit de Noël avec le baptême du Seigneur, tout en passant par la circoncision du Christ? La question est beaucoup plus difficile, mais j’essayerai de formuler ma réponse pour le 6 janvier.

Cindi Love VS Uganda.

Cindi Love VS Uganda.Je viens de lire l’article How to Stop the Perfect Storm of Hate in Uganda de Cindi Love et je pense qu’elle a raison: il faut agir. Une lettre, c’est cinq minutes et moins de 1 € pour le timbre.

Nous qui avons des droits, qui vivons dans un pays où l’on peut se marier et fonder des familles, nous devrions penser également et agir un petit peu pour les autres.

Plusieurs choses en vrac. Tout d’abord, le soir du 24 décembre, à la messe, nous avons entendu (et chanté avec la moitié chantante de l’assemblée) une version francophone de God Rest Ye Merry, Gentlemen, qui est: Merveille que les anges.

* * *

Puis, je viens de lire dans Dimanche des nouvelles à propos de l’église de Jambes-Centre. Elle sera enfin démolie. Il y a quelques années, lors de la visite du Roi et de la Reine, j’ai entendu une discussion: quelqu’un disait que la ville devrait investir des sous pour restaurer ce bâtiment; un employé de la région a rétorqué mi-sérieux mi-plaisantant: «Dans vingt ans il n’y aura plus de pratiquants, alors je ne vois pas pourquoi investir.» Personnellement, je la trouve archi-moche, sauf les fonts baptismaux. Au contraire, les chiffres de 450 pratiquants sont royalement gonflés.

* * *

Et puis, j’apprends que Mgr Léonard arrive à son apogée, en déclarant que potentiellement les enfants des gais et lesbiennes ont des traumatismes et potentiellement demanderont réparation un jour. Là, il a perdu encore le peu d’estime qu’il avait encore à mes yeux. Je n’oublierait jamais le bien qu’il m’a fait (plutôt inconsciemment), mais ça ne sert à rien de bâtir avec une main pour ensuite démolir avec l’autre.

* * *

Et puis, j’arrête de prendre du tétrazépam (prescrit par mon médecin pour mes muscles qui me font toujours mal après la chute): ça me fait rire aux anges et dormir même quand il ne faut pas.

Obéissance.

Obéissance.Je viens de trouver un article fort intéressant sur le blogue de Gaël:

L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience vise à estimer à quel niveau d’obéissance peut aller un individu dirigé par une autorité qu’il juge légitime et à étudier le processus qui mène à un maintien de cette obéissance ; notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. Cette expérience a permis d’estimer à quel point un individu peut se plier aux ordres d’une autorité qu’il accepte, même quand cela entre en contradiction avec son système de valeurs morales et éthiques. C’est une expérience passionnante qui prouve que face à une autorité, le flic, le pompier, l’élu, le médecin, etc., la plupart des gens abandonnent tout sens critique et toute morale pour se plier aux ordres… Lire plus loin…

Puisque Noël approche, tout le monde m’envoie des cartes virtuelles de Noël, en pps.

En revanche, je voudrais vous faire écouter une belle version de Mary, did you know?, par Kutless.

Et voici également Les Anges dans nos campagnes en version un peu baracresse.

Bonne écoute!

DADT aboli.

Qu’est-ce que ça change? Pour ou contre?

Personnellement, j’aurais préféré que la communauté LGBT n’y soit pas impliquer. Mais quand je vois qu’il y a des couples séparés et sans droits, DADT aboli.qui souffrent à cause du DADT, alors mieux vaut son abrogation.

Dj’ a tchaiyou…

Dj' a tchaiyou...Ce matin, en rentrant à la maison, j’ai vu que nos voisines de droite avaient dégagé la neige sur le trottoir. J’ai pris la pelle et le balais et j’ai fait la même chose. Puis une autre voisine a pelleté aussi. Devant certaines maisons il y avait une couche très épaisse, avec du verglas. Je me suis dit: «Pourvu que personne ne tombe!».

Or tantôt, comme je n’ai pas eu de bus pour aller à la gare, j’ai dû me mettre en route sur notre rue en pente. Et je suis tombé. (J’étais déjà tombé avant-hier deux fois, mais sans conséquences.)

Je ne peux presque plus bouger. Si la douleur ne s’arrête pas le matin, il faut que j’aille à l’hosto, faire des radios…

Comme quoi, le manque de bus, tout comme la paresse des riverains qui ne nettoient pas devant chez eux peut avoir des conséquences.

De Wever et le capitalisme. SNCB.