Nord – sud.

Nord - sud.Janne Håland-Matláry idéalise les pays de l’Europe de sud-est. Pour elle, les pays les plus chrétiens sont la Hongrie et l’Arménie; les gens y sont hospitaliers et généreux, pauvres et éduqués; le climat favorable. Au contraire, elle parle de sa Norvège comme d’un pays déchristianisé et païen, sans valeurs, consumériste et pas très éduqué, avec un climat rude.Quand je pense à moi, je vois le contraire. J’ai toujours été fasciné par les pays européens nordiques. Ce n’est pas pour rien que je suis tombé amoureux d’un blond-roux aux yeux bleus. Et je me dis toujours que je ne pourrais jamais vivre ailleurs qu’au Benelux ou en Suède. Oui, j’idéalise encore la Suède. Leur Église nationale est ouverte, tout en gardant un esprit liturgiquement haut. Là on peut être végétalien, sans être vu comme un extraterrestre. Leur conscience éthique me semble bien plus développée que chez nous, et à des années-lumière des Balkans.

Mais quand on idéalise, on ne voit pas toujours les défauts, et même les défauts sont vécus plus sereinement (par exemple, la politicienne norvégienne s’est heurtée au train hongrois, tout comme nous nous sommes heurtés au train suédois, mais sans trop râler).

Il faut faire la part des choses. Étant habitués avec les éléments positifs dans notre milieu de vie, nous finissons par les ignorer (nous n’accordons pas beaucoup d’importance à notre confort, pendant que 90% des gens de la planète vivent sans confort), mais nous gardons en tête tous les éléments négatifs de notre milieu. Lorsque nous sommes en vacances ailleurs, parfois l’absence temporaire d’éléments négatifs du quotidien nous fait rêver.

N’empêche, contrairement à tous les autres pays visités (hors du Benelux), en Suède je ne me suis pas senti étranger… tout comme la Norvégienne ne se sent pas étrangère aux Balkans.

Comme quoi, l’herbe est toujours plus verte ailleurs, et la poule du voisin est toujours comme une oie.

Photo: vue de Tranholmen (l’Île de la Grue), en Suède, vers minuit.

Nouvelles en vrac.

Nouvelles en vrac.J’ai eu beaucoup de sujets sur lesquels j’aurais eu envie d’écrire ces derniers temps. Cependant l’énergie me manque. En plus, j’ai de plus en plus mal aux yeux lorsque je reste trop longtemps devant l’ordi.J’ai fini mes examens; il me reste la défense de mon mémoire, le 22 octobre. D’ici là, je dois encore me préparer.Je voudrais écrire des réflexions sur le film Des hommes et des dieux, sur un resto végétalien qui fonctionne avec des bénévoles, sur le neveu de Vangheluwe, sur la presse francophone, mais le temps et l’envie me manquent.

Mais l’anniversaire de notre mariage approche à pas rapides. Vraisemblablement, nous fêterons ça à Paris. Je pense beaucoup à la Suède, où nous nous trouvions il y a deux ans. J’aimerais qu’on se promène på stranden en admirant la nature autumnale et le coucher du soleil.

En ce moment, mon Nicolas et moi pensons à nos projets. Oui, il faut refaire la maison, il faut que je change de boulot, mais ça ne nous empêche pas de faire les premiers pas vers l’adoption. Et du coup, nous râlons: l’ « aquisition » d’un gosse coûte très cher: de 375 à 500 € pour la première prépa, l’agence d’adoption 2500 €, puis pour l’État de 1750 à 2500 €, plus le juge 50 €. En tout, ça fait entre 4675 et 5550 €. Malheureusement, l’État encourage seulement la procréation, fut-elle médicalement assistée (et totalement remboursée par la mutuelle), alors qu’il pénalise les parents qui adoptent. Nous devrons suivre des cours et ainsi acquérir un certificat de parentalité, puis un certificat d’aptitude… alors que pour procréer les gens n’ont besoin de rien. Quelle injustice, quelle discrimination!

Quel gosse voudrions-nous adopter? En principe, nous n’avons pas de préférences. C’est le bonheur de l’enfant qui compte. Nicolas a soulevé la question d’un enfant handicapé. Personnellement je ne me sens pas à l’aise avec un premier enfant handicapé (peut-être l’un des suivants, éventuelement). Cependant, ça ne me dérangerait pas qu’on adopte soit un enfant sourd (en même temps, on apprendrait le langage des signes), soit un adolescent qui a été rejeté par ses géniteurs en raison de son homosexualité